Mesure composite des problèmes de santé mentale chez les vétérans des Forces armées canadiennes – Enquête sur la vie après le service militaire (2013)

Résumé en langage clair

Citation: Thompson JM, VanTil L, Zamorski MA, Fikretoglu D, Dursun S, Sweet J, Garber B, Richardson JD, Sareen J, Courchesne CE, Pedlar D. Composite Measure of Mental Health Problems in Canadian Armed Forces Veterans – 2013 Life After Service Survey. Charlottetown PE: Research Directorate, Veterans Affairs Canada. Research Directorate Technical Report. 15 May 2017.

Dans le présent document, nous définissons une nouvelle façon d’utiliser les données d’enquête tirées des Études sur la vie après le service militaire (EVASM) afin de mieux décrire la santé mentale des vétérans des Forces armées canadiennes (FAC). Les enquêtes des EVASM ont permis de recueillir des données auprès d’anciens membres des FAC (vétérans) libérés du service militaire depuis 1998. Les enquêtes nous permettent de poser un premier regard lucide sur le bien-être de ces vétérans canadiens dans les domaines de la santé mentale et physique, de l’emploi, de l’éducation, des finances, des compétences de vie et des connaissances, de l’intégration sociale et de leur milieu social.

L’EVASM de 2013 a permis d’évaluer la santé mentale de cinq façons : 1) les problèmes de santé mentale chroniques diagnostiqués par un professionnel de la santé; 2) les symptômes de la détresse psychologique; 3) les symptômes de l’état de stress post-traumatique (ESPT); 4) l’auto évaluation de la santé mentale; et 5) la qualité de vie liée à la santé mentale. Jusqu’à maintenant, nos rapports sur la santé mentale de ces vétérans ont fait appel à ces mesures une par une, ce qui ne nous a pas donné suffisamment de renseignements sur l’étendue des problèmes de santé mentale chez les vétérans des FAC.

Dans cet article, nous faisons état d’une méthode que nous avons mise au point pour combiner les trois premières mesures de la santé mentale en une seule mesure composite. Cette méthode constitue une amélioration, parce qu’elle combine les mesures des problèmes diagnostiqués et des symptômes non encore diagnostiqués. Nous expliquons comment nous avons élaboré et mis à l’essai l’approche visant à décrire la santé mentale de ces vétérans à l’aide de cette mesure combinée.

Nous avons constaté que cette mesure composite donne une idée plus précise de la santé mentale chez les vétérans des FAC que les mesures seules et qu’elle présente des preuves de validité. La nouvelle mesure est utilisée dans les analyses de données recueillies dans les enquêtes des EVASM pour orienter les politiques, les programmes et les services qui soutiennent le bien-être des vétérans et de leur famille.

Résumé technique

Contexte. Les problèmes de santé mentale (PSM) sont répandus dans le monde entier, dans les populations civiles et chez les militaires en service et les ex-militaires (vétérans). La conception, l’exécution et la surveillance de politiques, de programmes et de services efficaces à l’intention des vétérans commencent par la compréhension de l’étendue des PSM dans l’ensemble du spectre de gravité. Des méthodes sont nécessaires pour déterminer les caractéristiques et les tailles des sous-groupes ayant des besoins plus ou moins importants pour à la fois cibler les ressources limitées en vue d’optimiser les efforts et assurer un suivi des résultats. La présente étude s’appuie sur des travaux d’analyse des enquêtes sur la santé mentale en explorant une méthode qui combine de simples mesures tirées de questionnaires d’autodéclaration administrés dans la population.

Méthodologie. Les données provenaient de l’Enquête sur la vie après le service militaire 2013 des vétérans des Forces armées canadiennes (FAC). La variable PSM ordinale à trois niveaux et composite a été obtenue en combinant les problèmes de santé mentale déclarés volontairement et diagnostiqués, l’échelle de détresse psychologique de Kessler (K10) et l’échelle de dépistage de l’état de stress post-traumatique en soins primaires (PC-PTSD). L’approche visant à combiner ces mesures a été mise au point grâce à des consultations auprès d’experts et à l’analyse exploratoire des données. Les estimations pondérées de la population, les tests statistiques et la régression logistique ont servi à évaluer l’étendue des PSM et les corrélations avec les résultats étudiés.

Résultats. La prévalence des PSM était de 38,7 %; un cinquième (22,3 %) des répondants avaient un PSM léger à modéré et un huitième (16,4 %) présentaient un PSM grave. La mesure composite était fortement corrélée avec la difficulté à s’adapter à la vie civile (rapport de cotes de 10,9) et corrélée de manière prévisible avec divers facteurs : une santé mentale autoévaluée comme étant mauvaise (225,3), un score faible au sommaire de la composante mentale du formulaire SF-12 (163,1), la présence d’au moins trois problèmes de santé physique concomitants (3,2), une douleur chronique (3,9), une restriction fréquente des activités (12,8), une vie stressante (5,8), un faible soutien social (7,4), des pensées suicidaires (52,4), des prestations d’invalidité des anciens combattants (4,8), la consultation d’un conseiller ou d’un travailleur social (8,7), la consultation d’un psychologue (10,7) et l’hospitalisation (3,1).

Conclusions. L’étude montre une méthode utilisée pour combiner chacune des brèves mesures de l’enquête sur la santé mentale menée auprès de la population afin de donner le premier tableau global de l’ensemble du spectre des problèmes de santé mentale chez les vétérans des FAC. L’étude a permis de démontrer la validité des mesures composites. Les conclusions font ressortir une approche progressive visant à offrir des services de ressourcement dans le but d’optimiser la santé mentale et le bien-être des vétérans.

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