Corrélation des problèmes de santé mentale chez les vétérans des Forces armées canadiennes – Enquête sur la vie après le service militaire de 2013

Conclusions en matière de santé mentale découlant de l’Enquête sur la vie après le service militaire 2013

Sommaire

Citation: Thompson JM, Sweet J, VanTil L, Poirier A, MacKinnon K. Correlates of Mental Health Problems in Canadian Armed Forces Veterans – 2013 Life After Service Survey. Charlottetown PE: Research Directorate, Veterans Affairs Canada. Research Directorate Technical Report. Charlottetown. 14 September 2016.

Ce document est le troisième et le dernier d’une série entamée en 2014 pour analyser en profondeur les conclusions en matière de santé mentale tirées de l’Enquête sur la vie après le service militaire (EVASM 2013). Les enquêtes menées dans le cadre de l’EVASM 2010 et 2013 constituaient les premières études poussées sur le bien-être des vétérans des FAC (anciens membres des FAC) vivant dans la population canadienne. Les enquêtes faisaient appel à de grands échantillons de vétérans libérés du service militaire depuis 1998 et recensés à l’aide de la base de données des Ressources humaines de la Défense nationale. L’enquête menée dans le cadre de l’EVASM 2010 visait les vétérans de la Force régulière libérés de 1998 à 2007, et celle de l’EVASM 2013 visait les vétérans de la Force régulière libérés de 1998 à 2012 et ceux de la Première réserve libérés de 2003 à 2012. L’ensemble de ces travaux a pour but de fournir des données probantes qui serviront à l’établissement de politiques, de programmes et de services destinés à améliorer et à maintenir le bien-être des vétérans des FAC.

Le premier des trois rapports de ce projet portait sur les conclusions des analyses descriptives sur la santé mentale. Ce document se voulait une analyse en profondeur de la prévalence des indicateurs de problèmes de santé mentale et de la détermination des caractéristiques propres à des sous-groupes parmi lesquels les probabilités non ajustées d’avoir des problèmes de santé mentale diagnostiqués déclarés volontairement s’étaient révélées supérieures (Thompson et coll. 2015).

Le deuxième rapport faisait état de la méthode utilisée pour combiner trois brèves mesures de la santé mentale utilisées dans l’EVASM 2013 à une mesure composite des « problèmes de santé mentale » (PSM) : les affections diagnostiquées déclarées volontairement par le vétéran, les niveaux de détresse psychologique selon le mesure K10 et le test de dépistage du trouble de stress post-traumatique (TSPT) en soins primaires (Thompson et coll. manuscrit à soumettre).

Le troisième et dernier rapport vient compléter le plan d’analyse des données de 2014 sur la santé mentale de l’EVASM 2013 dans un rapport d’analyse de régression multivariable des conclusions de l’EVASM 2013 effectuée à l’aide de la nouvelle mesure composite des problèmes de santé mentale (PSM). Les objectifs étaient : 1) d’évaluer les facteurs d’importance relative associés aux PSM chez les vétérans de notre ère, à l’aide d’un modèle de régression à plusieurs variables; 2) d’évaluer l’association des PSM à la difficulté d’adaptation à la vie civile au moment de l’enquête, grâce à un modèle de régression à plusieurs variables; 3) de cerner les répercussions sur les politiques, les programmes, les services et d’autres projets de recherche.

Le cadre conceptuel de ce projet repose sur les domaines du bien-être global (Thompson et coll. 2013). Le bien-être global est mesuré de manière subjective et objective dans les sept domaines clés de l’emploi ou d’une autre activité importante, des finances, de la santé, des compétences de vie et d’état de préparation, de l’intégration sociale, du logement et de l’environnement physique, et du milieu social et culturel. Le bien-être global dans chacun des domaines peut fluctuer au cours de la vie en fonction de déterminants propres à ces domaines, notamment les programmes, les politiques et les services. La théorie nous dit que le bien-être est tributaire d’influences « multidimensionnelles ». À titre d’exemple, le bien être sur le plan de la santé est influencé par l’occupation d’un emploi, les finances, le soutien social, les compétences de vie, l’environnement physique et le milieu social. De la même façon, ce bien-être sur les plans de l’emploi et d’autres activités importantes est influencé par la santé et d’autres domaines du bien-être.

Principales conclusions et répercussions

Le tableau qui suit résume les principales conclusions et les répercussions connexes dans deux secteurs : les politiques, les programmes et les services d’une part et, d’autre part, la poursuite des travaux de recherche. Ces conclusions ont des répercussions sur la santé de la population et la prestation de soins. Les conclusions du présent rapport contribuent à une autre analyse des données de l’enquête de l’EVASM 2013 afin de donner une meilleure idée de la santé mentale et du bien-être des vétérans des FAC et d’informer les chercheurs qui prévoient de nouvelles études visant à combler le manque de connaissances sur la santé mentale des vétérans.

Les conclusions sont regroupées par thèmes :

  • L’aspect multidimensionnel du bien-être. Les analyses à variable unique et à plusieurs variables confirment que les problèmes de santé mentale et la difficulté d’adaptation à la vie civile sont associés à de multiples domaines du bien-être reliés entre eux. La principale répercussion sur les politiques, les programmes et les services est que l’attention à porter aux multiples domaines s’avère nécessaire plutôt que de se limiter à un domaine à la fois.
  • Éviter les cloisonnements. Cette observation découle des associations découvertes entre les déterminants du bien-être, assorties de deux répercussions clés : 1) traiter la santé physique et la santé mentale ensemble plutôt que séparément; 2) axer l’élaboration de politiques et de programmes sur une démarche globale, plutôt que de tenir compte d’un seul domaine de bien être, les interactions avec d’autres domaines n’étant pas prises en considération.
  • Dépistage. Les analyses définissent des indicateurs de risque signalant les sous-groupes ayant en commun des problèmes de santé mentale ou des difficultés d’adaptation à la vie civile. Ces conclusions peuvent servir à peaufiner les systèmes de dépistage.
  • Cibler les ressources limitées. Les indicateurs de risque peuvent servir à cibler les ressources limitées en santé mentale pour les sous-groupes ayant les besoins les plus criants.
  • Comprendre les problèmes de santé mentale chez les vétérans des FAC. Les conclusions seront utiles aux concepteurs de politiques et de programmes, ainsi qu’aux fournisseurs de services, car elles leur permettront de comprendre les problèmes de santé mentale chez les vétérans des FAC qui sont libérés depuis 1998.
  • Changement de paradigme de la libération pour raisons médicales à tout type de libération. Les difficultés d’adaptation à la vie civile déclarées volontairement étaient fortement associées aux problèmes de santé mentale, tout type de libération confondu. Cette conclusion importante a recentré l’attention qui était portée uniquement sur la libération pour raisons médicales vers une approche englobant tous les problèmes de santé mentale, quel que soit le type de libération.
Répercussions des conclusions en matière de santé mentale découlant de l’EVASM 2013 sur les vétérans de la Force régulière et les vétérans déployés de la Force de réserve libérés depuis 1998.
Conclusions Répercussions sur les politiques, les programmes et les services Répercussions sur la recherche
Si la majorité de ces vétérans ne présentaient pas de problèmes de santé mentale (PSM) importants (symptômes ou affections diagnostiqués), 39 % avaient des problèmes de santé mentale. Environ un cinquième (22 %) présentait des PSM légers ou modérés, et environ un huitième (16 %) avait de graves PSM. Assurer la prestation d’une gamme de services visant à répondre à des besoins de divers degrés de gravité associés aux problèmes de santé mentale chez les vétérans. Des recherches doivent être effectuées sur l’histoire naturelle longitudinale des problèmes de santé mentale pendant la transition à la vie après le service.
Chez les 39 %, la prévalence des problèmes de santé mentale est supérieure à celle rapportée antérieurement (24 %), avec affections de santé mentale diagnostiquées. Assurer et appuyer l’élaboration continue en matière de services de santé mentale et de mesures de soutien du bien-être pour les vétérans des FAC. L’utilisation de brèves mesures de symptômes combinées à des mesures des affections diagnostiquées nous donne une meilleure idée des problèmes de santé mentale.
Les problèmes de santé mentale étaient associés à diverses caractéristiques socioéconomiques, militaires, de la santé et de l’invalidité. Assurer la prestation de services multidimensionnelle et appuyer les domaines d’ACC liés à une approche en matière de bien-être. Nécessité de faire d’autres recherches sur les déterminants de la santé mentale pendant l’adaptation à la vie civile.
Les problèmes de santé mentale (affections diagnostiqués et symptômes sousliminaires ou non diagnostiqués) n’étaient pas associés aux hommes ou aux femmes; mais, dans les études antérieures, les probabilités liées à des affections de santé mentale diagnostiquées déclarées volontairement étaient de 55 % plus élevées chez les femmes que chez les hommes (Thompson et coll. 2015). De concert avec les recherches sur les populations civiles, il est possible que les vétérans de sexe masculin soient moins portés que les femmes à obtenir un diagnostic et des traitements pour leurs symptômes de problèmes de santé mentale. D’autres travaux doivent être effectués sur les différences entre les hommes et les femmes relativement aux déterminants des problèmes de santé mentale et l’obtention de traitements.
Les problèmes de santé mentale étaient le plus susceptibles de survenir chez les groupes de 40 à 49 ans dans tous les modèles de régression, tout comme dans les analyses d’autres indicateurs de bien-être d’EVASM, notamment la difficulté d’adaptation à la vie civile, les invalidités et les idées suicidaires. Les données indiquent la nécessité d’élaborer des programmes visant la santé mentale des vétérans de 40 à 49 ans. À cet âge, les vétérans libérés à la mi-carrière doivent composer avec de multiples facteurs de stress dans de nombreux domaines liés au bien-être : emploi, finances, élever une famille et apparition de problèmes de santé physique chroniques. D’autres travaux doivent être effectués sur les déterminants des problèmes de santé mentale chez ces vétérans en âge de travailler pendant la période d’adaptation à la vie civile, ainsi que sur les répercussions des PSM dans d’autres domaines liés au bien être.
Les problèmes de santé physique chroniques et la douleur chronique étaient constamment associés aux problèmes de santé mentale. De plus, 84 % de ceux qui avaient des problèmes de santé mentale et 90 % de ceux qui avaient des affections de santé mentale diagnostiquées avaient également des affections de santé physique chroniques. Vient renforcer (encore une fois) l’importance d’abattre les cloisons entre les soins de santé physique et les soins de santé mentale et de s’occuper des deux types de problèmes lorsqu’ils se manifestent. Il y a un manque de connaissances notable au sujet des liens complexes de cause à effet dans le cas des problèmes de santé mentale et de santé physique concomitants. Des études longitudinales s’imposent si l’on veut suivre les membres des FAC plus tard dans leur vie.
La douleur chronique était associée à des problèmes de santé mentale indépendamment des affections physiques chroniques, bien que la pertinence de cette association se soit atténuée lors de l’ajustement des facteurs socioéconomiques et des affections physiques. La douleur chronique chez ces vétérans comporte des associations complexes, accompagnée de facteurs dans de multiples domaines du bien-être, y compris des problèmes de santé mentale et de santé physique. Nécessite des traitements et des mesures de rétablissement provenant de multiples domaines. Il existe des facteurs de cause à effet complexes et mal compris à l’égard de la douleur chronique; d’autres travaux doivent être effectués pour trouver des traitements sécuritaires et efficaces.
La plupart des membres libérés des FAC sont en âge de travailler et de rechercher un emploi. On constate une forte association non ajustée entre ne pas avoir d’emploi et avoir des problèmes de santé mentale. Les problèmes chroniques de santé physique et de santé mentale et les déficiences connexes ont des répercussions sur le chômage et les emplois précaires; ils doivent être pris en considération lors de l’élaboration de programmes visant à assurer le bien-être dans le domaine de l’emploi. Les liens de cause à effet peuvent être bidirectionnels : le fait d’avoir des PSM peut rendre difficile la recherche d’emploi pour une personne; à l’inverse, la difficulté de se chercher un emploi et de le conserver peut aggraver ou déclencher des PSM.
L’association entre le faible revenu et les PSM persistait dans les modèles jusqu’à ce que les variables du stress de la vie, du degré de satisfaction face à la vie, du rôle de la prise en charge et du soutien social aient été ajoutées. Hypothèse : Les vétérans sont davantage en mesure de composer avec un faible revenu s’ils n’éprouvent pas de détresse ou si leur situation n’a pas de répercussion sur d’autres domaines du bien-être, à moins que de vivre avec un faible revenu ne devienne persistant et s’avère un déterminant d’un bien-être amoindri dans d’autres domaines. Les conclusions viennent étayer l’importance d’un bien-être subjectif (détresse) chez ceux qui ont un faible revenu. Elles donnent à penser qu’il est important d’aborder les déterminants de la santé mentale dans les multiples domaines du bien être, afin de réduire le stress et d’améliorer le sentiment de prise en charge de sa vie. Les liens entre le faible revenu, les problèmes de santé mentale et les facteurs dans d’autres domaines du bien-être sont nébuleux. Il faudrait vérifier l’hypothèse selon laquelle la réduction des facteurs de stress dans d’autres domaines du bien être et le sentiment de prise en charge de sa vie améliorent la santé mentale.
Le fait d’ajouter le grade éliminait l’association entre le faible niveau de scolarité et les PSM. Toutefois, le grade et le niveau de scolarité ont été mis en corrélation : la plupart des militaires de rang (MR) comptaient un niveau d’études inférieur au niveau universitaire, tandis que la plupart des officiers commissionnés détenaient un diplôme universitaire. Dans les études sur les civils, il est reconnu qu’un faible statut socioéconomique est associé à des problèmes de santé, et qu’il existe des différences socioéconomiques entre les grades inférieurs et les grades supérieurs. Ces conclusions donnent davantage de détails sur le dépistage et l’adaptation des services pour les différents sous-groupes de vétérans. L’on sait qu’il existe des gradients socioéconomiques en matière de santé au sein des grades militaires d’autres pays; toutefois, cette question n’a pas fait l’objet d’études poussées au Canada.
Les analyses antérieures de l’EVASM ont démontré qu’il existait une association entre les grades des MR et les affections de santé physique chroniques. Dans cette étude, le grade des MR à la libération était associé à des probabilités non ajustées élevées de PSM; cependant, l’association aux grades avait disparu lors de l’ajustement des affections physiques, de la douleur chronique et des facteurs socioéconomiques. Cette conclusion donne à penser que le fait d’avoir des problèmes de santé physique +/- de la douleur chronique et des désavantages socioéconomiques expliquerait l’association entre les grades et les PSM. Cette conclusion appuie la nécessité d’élaborer des programmes visant à répondre à de multiples déterminants du bien-être. Les rôles complexes et interreliés de la santé mentale, de la santé physique et des facteurs socioéconomiques du bien-être nécessitent d’autres études sur les vétérans des FAC. Ces études devraient viser à comprendre comment l’on peut mieux assurer le bien-être de cette population.
Dans l’armée, les probabilités en matière de PSM étaient supérieures à celles recensées dans la marine ou les forces aériennes. Cette information est utile dans la détermination des mesures de soutien. Une analyse des études publiées sur le bien-être des membres des FAC et des études longitudinales pendant la transition pourraient nous permettre de cerner les facteurs du parcours de vie associés à la santé mentale propres aux trois éléments de service.
Un niveau de stress élevé dans la vie, un faible taux de satisfaction face à la vie, de prise en charge et de soutien social ont été associés aux PSM; ajoutés aux modèles, ils diminuaient la force de l’association avec d’autres facteurs. D’après cette conclusion, le dépistage visant à identifier ceux qui sont en détresse contribuerait à cibler les ressources limitées. Le lien de cause à effet bidirectionnel entre la santé mentale et ces facteurs est nébuleux, en particulier quant à l’efficacité des interventions telles l’amélioration de la prise en charge.
La difficulté d’adaptation à la vie civile déclarée volontairement était fortement associée aux PSM, peu importe le type de libération. L’accent mis sur les libérations pour raisons médicales devrait être élargi aux libérations pour d’autres raisons. Contribue à peaufiner les entrevues de transition et les procédures d’évaluation des risques. Il est difficile de comprendre pourquoi la difficulté d’adaptation à la vie civile déclarée volontairement a été si fortement associée aux PSM.
La difficulté d’adaptation à la vie civile déclarée volontairement était associée aux indicateurs de risque dans de multiples domaines du bien être, y compris au moins la santé, l’emploi, les finances et l’intégration sociale. Contribue au dépistage et à cibler les programmes et les services destinés à ceux qui sont le plus susceptibles d’avoir des difficultés d’adaptation, y compris l’entrevue de transition. De concert avec d’autres sources d’information, cette conclusion donne à penser que l’attention accordée au bien être dans de multiples domaines, en particulier la santé mentale et ses déterminants, jouerait un rôle pour une transition réussie de la vie militaire à la vie civile. La question touchant la difficulté d’adaptation nécessite d’être mieux validée des points de vue quantitatif et qualitatif, et ce, pour comprendre ce dont tiennent compte les participants lorsqu’ils répondent aux questions.
La difficulté d’adaptation à la vie civile déclarée volontairement était associée à tous les groupes d’âge adulte inférieurs à 60 ans. Notre hypothèse est que les adultes de moins de 60 ans sont plus susceptibles que les personnes plus jeunes et les personnes plus âgées de connaître diverses formes de stress en même temps (par exemple, élever une famille, enjeux liés aux études et à la carrière, enjeux financiers et problèmes de santé physique chroniques). Contribue à l’élaboration de saines mesures de soutien à la transition et après la transition à l’intention des vétérans en âge de travailler qui sont plus susceptibles de connaître des difficultés d’adaptation à la vie civile. Les études longitudinales pourraient permettre de comprendre les facteurs qui contribuent à une transition facile ou difficile à la vie civile.

Guide d’interprétation

Les conclusions de ce rapport décrivent les facteurs associés aux problèmes de santé mentale chez les vétérans des FAC.

Forces de l’étude :

  • L’identification objective des anciens membres des FAC afin de constituer un cadre d’échantillonnage à l’aide de la base de données des Ressources humaines du MDN.
  • L’utilisation de mesures de déclaration volontaire communes aux études de la population canadienne.
  • L’utilisation de la nouvelle mesure composite des problèmes de santé mentale permet de mieux comprendre la santé mentale chez les vétérans, grâce à la détermination de sous groupes ayant des affections de santé mentale diagnostiquées déclarées volontairement dans un éventail de symptômes, ainsi que les symptômes de santé mentale au-delà de ceux qui ont signalé des affections diagnostiquées.
  • Les analyses de régression à variables multiples tiennent compte des effets conjoints de plusieurs facteurs lors de l’évaluation des associations avec les problèmes de santé mentale (facteurs de confusion).
  • L’utilisation d’un modèle de régression ordinal permet de mieux comprendre les associations à divers degrés de gravité de problèmes de santé mentale et les degrés de difficulté d’adaptation à la vie civile plutôt que d’en signaler uniquement la présence ou l’absence.
  • Les enquêtes de l’EVASM visent les vétérans qui vivent dans la population générale et qui ne reçoivent pas de services d’ACC, en plus de ceux qui en reçoivent.

Limites de l’étude :

  • Ces conclusions s’appliquent à l’ensemble de la population et pas nécessairement à des individus. L’établissement d’un facteur de faible prévalence et de faibles probabilités de problèmes de santé mentale pourrait être de haute importance pour certains individus.
  • La prudence est de mise lorsque l’on tire des conclusions sur la présence de facteurs de « risque » et de « protection ». L’EVASM 2013 se voulait une enquête transversale ponctuelle; par conséquent, l’on ne peut tirer de conclusions causales à partir de cette étude uniquement, notamment sur les effets du service militaire ou des programmes MDN/FAC/ACC sur le parcours de vie des vétérans. L’étude établit des « indicateurs de risque » (facteurs décrivant des sous groupes ayant des problèmes de santé mentale communs) mais pas nécessairement des « facteurs de risque » (facteurs causant des problèmes de santé mentale).
  • Les modèles de régression ajustés sont tributaires des données disponibles. Même s’ils permettent de cerner les facteurs de confusion possibles dans les associations effectuées entre les facteurs mesurés et les problèmes de santé mentale ou les difficultés d’adaptation à la vie civile, il est toujours possible que des facteurs importants n’aient pas été mesurés et, par conséquent, n’aient pas été inclus dans les modèles.
  • Les conclusions ne peuvent être généralisées à tous les vétérans, l’étude ne visant que ceux qui ont été libérés de 1998 à 2012 (Force régulière) et de 2003 à 2012 (vétérans déployés de la Force de réserve).
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