Pourquoi se souvenir?

Des Canadiens partant combattre en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, 1940. (Bibliothèque et Archives C-38723)

Nous devons nous souvenir. Si nous renions la mémoire, le sacrifice de cent mille vies canadiennes perd tout son sens. Ils sont morts pour nous, pour leurs foyers, leurs familles et leurs amis, pour un ensemble de traditions qu'ils chérissaient et pour un avenir en lequel ils croyaient. Ils sont morts pour le Canada. Le sens de leur sacrifice dépend de notre conscience nationale collective; notre avenir leur sert de monument.1

Un soldat canadien se recueille sur la tombe d'un camarade mort au combat, dans le cimetière des Nations Unies, en Corée, avril 1951. (Bibliothèque et Archives Canada PA 128813)

Ces guerres ont influencé les vies de Canadiens de tous les âges, de toutes les origines et de tous les milieux sociaux. Des pères, des fils, des filles, des amoureux et des amoureuses ont été tués au combat ou ont été blessés. Des milliers qui sont revenus ont dû vivre avec les séquelles physiques et mentales de la guerre. Ceux et celles qui sont restés au Canada ont également servi leur pays - dans les usines, au sein d'organisations bénévoles. Bref, partout où l'on avait besoin d'eux.

Pourtant, pour plusieurs d'entre nous, la guerre est un phénomène vu à travers la lentille d'une caméra de télévision ou raconté par des journalistes chargés de nous relater les combats se déroulant dans des régions éloignées du monde. Notre expérience physique et émotive la plus concrète de la guerre peut être la découverte de souvenirs de guerre dans le grenier de notre résidence familiale. Toutefois, même des articles comme des photographies, des insignes d'uniformes, des médailles et des journaux personnels peuvent nous sembler vagues et distants par rapport à la vie de leur propriétaire. Pour ceux d'entre nous qui sont nés en temps de paix, les guerres semblent être un phénomène très éloigné de notre réalité quotidienne.

Obsèques de Canadiens à Bramshott durant la Première Guerre mondiale.
(Bibliothèque et Archives Canada PA 4850)

En tant que Canadiens, nous tenons trop souvent pour acquis nos valeurs et nos institutions, notre liberté de participer à divers événements culturels et politiques et notre droit de choisir notre propre gouvernement. Les Canadiens qui sont allés à la guerre dans des régions éloignées avaient la conviction que les valeurs et les croyances partagées par les Canadiens étaient menacées. Ils croyaient fermement que : « Sans liberté, il ne peut y avoir de paix durable, et sans paix point de liberté durable. »2

Lorsque nous nous souvenons de leur service et de leur sacrifice, nous perpétuons l'importance de la tradition de liberté que ces hommes et ces femmes ont voulu préserver. Ils croyaient que leurs actions à ce moment feraient une différence dans le futur. Or, nous sommes responsables de voir à ce que leur rêve de paix se réalise. Nous soulignons, à l'occasion du jour du Souvenir, le courage et le sacrifice de ceux et de celles qui ont servi la patrie. Nous reconnaissons notre responsabilité à travailler à préserver la paix pour laquelle ils se sont battus.

En temps de guerre, de nombreuses personnes accomplissent des actes individuels d'héroïsme. Toutefois, seulement une infime partie de ces actes est consignée, et fait l'objet d'une reconnaissance officielle. Lorsque nous nous souvenons de tous ceux et celles qui ont servi en temps de guerre, nous témoignons notre reconnaissance envers les nombreuses personnes qui ont accepté d'affronter les rigueurs de la guerre et de vivre dans un état de crainte pour que nous puissions vivre en paix.

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