Les Canadiens au cours d'autres campagnes

Bien que le plus gros de l'effort de guerre canadien ait été concentré sur le Corps d'armée canadien posté sur le front ouest, des Canadiens ont aussi combattu dans d'autres campagnes et d'autres entreprises. Sur le nombre de 150 000 troupes canadiennes qui se trouvaient en France et en Belgique, au moment de l'Armistice, près de 40 000 ne relevaient pas de Currie. Elles comprenaient la brigade de cavalerie, qui faisait partie directement des formations anglaises, ainsi que les hommes qui ont participé aux opérations navales et aériennes.

Photographie d'infirmières

En Europe de l'Ouest, une petite armée de Canadiens est très active dans des unités spécialisées. Des brigadiers forestiers coupent dans des forêts d'Angleterre du bois dont on a un urgent besoin, et construisent des aéroports pour les avions des Forces alliées. Ceux qui pratiquent des tunnels travaillent dans des conditions très difficiles, où ils doivent creuser de vastes systèmes de tunnels, prendre part à une terrifiante guerre souterraine, placer et surveiller des explosifs. Les bataillons préposés à la construction de lignes de chemin de fer, souvent exposés à une pluie d'obus, aménagent la plupart du réseau de voies ferrées secondaires britanniques sur le front ouest et s'occupent de son entretien. L'un de ces bataillons est envoyé en Palestine afin de reconstruire les ponts de chemin de fer de la vallée Yarmuk, qui ont été détruits par les Turcs.

Des garnisons canadiennes de l'infanterie et de l'artillerie servirent aux Bermudes et à Sainte-Lucie; certaines unités hospitalières canadiennes postées en Méditerranée prirent soin des blessés de la campagne de Gallipoli; de petits groupes d'ingénieurs canadiens pilotèrent des barques sur le Tigre et l'Euphrate, en Mésopotamie, et des instructeurs canadiens formèrent des troupes aux États-Unis.

Environ six mille officiers et soldats de la future province de Terre-Neuve servirent dans les Forces anglaises, en Égypte et à Gallipoli, sur le front ouest, ainsi que dans la marine. Parmi les Terre-Neuviens qui servirent outre-mer, il y eut de nombreux morts, dont 1 305, pour tous les grades, dans le Royal Newfoundland Regiment, ou plus de 20 p. 100. De plus, 179 Terre-Neuviens furent perdus en mer.

Lorsque les troupes canadiennes étaient en train de fêter l'Armistice, à Mons, d'autres soldats canadiens combattaient contre les Forces communistes, sur la rivière Dvina, au sud d'Arkhangelsk, dans le nord de la Russie. Plus de cinq cent Canadiens furent envoyés occuper les ports de Mourmansk et d'Arkhangelsk afin d'empêcher les Allemands de s'en emparer et d'ouvrir un nouveau front.

Un autre contingent canadien, beaucoup plus considérable, celui-là, fut envoyé en Sibérie, sur le flanc est de la Russie. À peu près quatre mille hommes en tout s'embarquèrent pour Vladivostok, en octobre 1918. Grâce à l'Armistice, il ne fut plus nécessaire d'ouvrir un nouveau front, et ces troupes furent retirées au mois d'avril 1919.

Quarante autres Canadiens servirent sur un troisième théâtre de Russie. Durant l'été de 1918, ils se joignirent à une Mission britannique connue sous le nom de « Dunsterforce », qui occupa le port de Bakou, sur la mer Caspienne, afin de protéger les champs pétrolifères contre les Turcs.

Ici, au pays, la guerre exigeait des efforts qui allaient de pair avec les initiatives militaires d'outre-mer. La guerre de 1914-1918, contrairement aux guerres précédentes, a dû faire appel non seulement à des armes et à des hommes, mais aussi aux populations civiles tout entières. Bien que les Canadiens restés au pays n'aient pas eu à subir les ravages directs de la guerre, ils eurent quand même à porter certains fardeaux et à endurer certaines souffrances au cours de ce conflit. Que ce soit sur les fermes ou dans les usines, il y eut de nombreux sacrifices de la part des Canadiens pour l'effort de guerre.

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