Entrée en guerre du Canada

En 1914, il alla de soi pour les Canadiens que le pays était en guerre à partir du moment où la Grande-Bretagne l'était et l'on vit la nation offrir, avec une spontanéité à peine croyable, son soutien à la mère-patrie. Sir Wilfrid Laurier parlait au nom de la plupart des Canadiens quand il déclara: « Il est de notre devoir de faire savoir à la Grande-Bretagne ... que les Canadiens sont animés par un seul et même sentiment et font bloc derrière la mère-patrie. »

Demandant à la nation de donner le meilleur d'elle-même, le Premier ministre du Canada, Robert Borden, proposa l'aide de son pays à la Grande-Bretagne, qui accepta. On donna alors aussitôt l'ordre de mobiliser un corps expéditionnaire.

À l'époque, le Canada, dont l'armée régulière comptait seulement 3 110 hommes et la marine qui n'était qu'à ses débuts, était mal équipé pour se lancer dans une guerre mondiale. Cependant, les centres de recrutement virent bientôt affluer de tous les coins du pays des milliers de jeunes Canadiens. En l'espace de quelques semaines, plus de 32 000 hommes se trouvaient rassemblés au camp Valcartier situé près de Québec et, dans les deux mois, le premier contingent du corps expéditionnaire canadien s'embarquait pour l'Angleterre, formant le plus important convoi qui ait jamais traversé l'Atlantique. Fait également partie de ce convoi un contingent de Terre-Neuve, qui est toujours une colonie britannique indépendante. On avait déjà suggéré que le contingent terre-neuvien soit intégré au Corps expéditionnaire canadien, mais la proposition a été poliment mais fermement rejetée.

Une fois en Angleterre, les Canadiens passèrent un long et lugubre hiver à s'entraîner dans la boue et la bruine de la plaine de Salisbury. Au printemps 1915, on les jugea bons pour le front et eux-mêmes étaient pleins de mordant. Il ne peut rien y avoir de pire que Salisbury, pensaient-ils. Ils n'allaient pas tarder à réaliser à quel point ils se trompaient.

Le premier contingent canadien à arriver en France est le Princess Patricia's Canadian Light Infantry, qui a été formé au début de la guerre avec uniquement d'anciens soldats de l'armée régulière britannique. Le « Princess Pats » comme on l'appelait, débarque en France en décembre 1914 avec la 27e Division britannique et combat près de Saint-Eloi et au Bois du Polygone, sur le saillant d'Ypres. Aujourd'hui, le monument commémoratif de leur bataillon est érigé sur les hautes terres de la crête de Bellewaarde.

Au début de février 1915, la 1re Division canadienne passe en France et est initiée à la guerre de tranchées par des vétérans de l'armée britannique. Après un bref entraînement, elle prend en charge une section de la ligne dans la région d'Armentières, dans les Flandres françaises. Ses rêves de gloire militaire s'évanouissent rapidement au contact de la crasse, de la maladie et de la mort.

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