Le début de la guerre

Troupes en marche

Troupes en marche

La Seconde Guerre mondiale commence à l'aube 1er septembre 1939, alors que les armées allemandes déferlent sur la Pologne. Faisant porter toute la furie de la « blitzkrieg » - la guerre éclair - les divisions blindées allemandes détruisent les défenses polonaises à l'ouest. Les troupes soviétiques, conformément à un accord avec l'Allemagne, passent la frontière orientale. Prise entre deux feux, la résistance polonaise s'effondre et la Pologne capitule.

Respectant leurs engagements envers la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. Cette déclaration de guerre n'engage pas nécessairement le Canada, comme en 1914, mais il ne fait guère de doute que le Canada suivra rapidement l'exemple de la Grande-Bretagne. Le 7 septembre, le Parlement du Canada s'est réuni en session spéciale; le 9 septembre, il accorde son appui à la Grande-Bretagne et à la France et le 10 septembre, le roi George VI annonce que le Canada a déclaré la guerre.

Aussitôt, les défenses côtières du Canada sont mises en place, les régiments de milice, mobilisés même avant que la guerre n'éclate, intensifient leurs préparatifs et les volontaires s'engagent massivement sous les drapeaux. Au cours du seul mois de septembre, ils sont 58 337 hommes et femmes. En décembre, des unités de la 1re Division d'infanterie canadienne s'embarquent pour la Grande-Bretagne; ces soldats seront suivis de milliers d'autres au cours de la guerre.

Après l'effondrement de la Pologne, un calme étrange s'installe au front ouest. C'est la « drôle de guerre » ou « sitzkrieg », période d'inaction apparente qui va d'octobre 1939 à avril 1940. Les deux côtés mettent ce répit à profit. La Grande-Bretagne travaille à sa défense, prépare ses forces aériennes et envoie un corps expéditionnaire sur le continent. Les troupes françaises prennent leur position sur la ligne Maginot - ligne fortifiée qui s'étend le long de la frontière est. Les Allemands, eux aussi, occupent leurs grandes fortifications du Rhin - la ligne Siegfried - et se préparent activement à l'attaque.

Au Canada, le recrutement s'intensifie. La 2e Division d'infanterie commence à arriver en Angleterre à l'été de 1940 et constitue, avec la 1re Division, le 1er Corps canadien, sous la direction du lieutenant-général A.G.L. McNaughton.

La « drôle de guerre » se termine sans avertissement en avril 1940; les troupes allemandes s'emparent du Danemark et entreprennent l'invasion de la Norvège. Les troupes alliées volent en vain au secours de la petite armée norvégienne. Dans le grand Nord, près du port de Narvik, la marine britannique gagne des combats, mais ces victoires isolées ne suffisent pas et les troupes alliées, qui comprennent certains ingénieurs de l'Armée canadienne, sont obligées de battre en retraite. En moins de deux mois, les Allemands ont conquis le Danemark et la Norvège et isolé la Suède. À partir des profondeurs des fjords norvégiens, les sous-marins et les navires de guerre allemands peuvent détruire les navires marchands britanniques sur la route de Murmansk.

Le 10 mai, le jour où Winston Churchill devient Premier Ministre de Grande-Bretagne, l'Allemagne lance son blitzkrieg contre la Hollande, le Luxembourg, la Belgique et la France. L'armée allemande manifeste toute la précision d'un mouvement d'horlogerie. En quatre jours, la Hollande est presque entièrement envahie et en dix jours seulement, les Allemands ont traversé les Ardennes, contourné l'extrémité nord de la ligne Maginot et atteint les bords de la Manche. Le 27 mai, la Belgique capitule.

Pressées de toutes parts par les troupes allemandes, les troupes alliées sont refoulées sur la Manche; seule la mer peut leur permettre de s'échapper. C'est alors que se produit le « miracle de Dunkerque ». Entre le 27 mai et le 4 juin, près de 350 000 hommes, appartenant surtout au corps expéditionnaire britannique, sont évacués sur l'Angleterre par la Manche, à bord de tous les bateaux disponibles, depuis les cargos jusqu'aux bateaux de pêche. Une dernière tentative de la part des troupes canadiennes et britanniques pour conserver un « pied à terre » en France en établissant un secteur fortifié dans la péninsule de Bretagne doit également être abandonnée. Le repli forcé de Dunkerque, s'ajoutant aux pertes en armes et en matériel, est sans contredit une catastrophe; cependant, le sauvetage héroïque d'un si grand nombre d'hommes remonte le moral du peuple britannique, maintenant menacé à son tour.

Entretemps, les armées allemandes marchent sur Paris. Frappée de stupeur par la vitesse de l'avance allemande, la France est au bord de l'effondrement. C'est alors que l'Italie, sous Mussolini, attaque sur le front méditerranéen. La situation est considérée comme étant sans espoir; la France capitule le 22 juin 1940.

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