L'histoire - L'occupation des Pays-Bas

Le 10 mai 1940, les forces allemandes franchirent la frontière est du pays à plusieurs endroits. D'autres troupes débarquaient sur les plages au nord de La Haye et des parachutistes touchaient le sol près de Rotterdam et de La Haye pour s'emparer de ponts stratégiques et isoler la capitale. L'effectif de l'armée néerlandaise était relativement limité et la résistance difficile du fait que les points d'attaque allemands étaient disséminés. Le gouvernement lança immédiatement un appel à l'aide à la Grande-Bretagne et une force comprenant 200 fusiliers marins et un bataillon mixte (2e Bataillon des Irish Guards et 2e Bataillon des Welsh Guards) furent envoyés. Le 12 mai, les colonnes allemandes venant de l'est rejoignirent les parachutistes. Les forces britanniques arrivèrent le même jour. Elles avancèrent vers La Haye, mais se rendirent rapidement compte qu'elles devraient se replier si elles ne recevaient pas de renforts. Le 13 mai, Sa Majesté la reine Wilhelmine monta à bord d'un destroyer britannique à destination de l'Angleterre. Les membres du gouvernement néerlandais quittèrent le pays au cours de la nuit. Les troupes britanniques retournèrent à Douvres le 14 mai, à midi, soit le jour du bombardement de Rotterdam par quelque 50 avions allemands, qui causa la mort de nombreux civils et la destruction d'une bonne partie de la ville. L'ennemi menaça Utrecht du même sort, mais dans la soirée, les forces néerlandaises se rendirent.

Pendant l'occupation

  • 234 000 citoyens néerlandais perdirent la vie :
    • dans des camps de concentration
    • en captivité
    • furent exécutés
    • par des actes de guerre
    • à cause de travaux forcés
    • en conséquence de « l'hiver de la famine » en 1944-1945 (en avril 1945, la ration quotidienne par personne aux Pays-Bas n'était que de 320 calories)
    • à cause de la maladie et du dépérissement de la santé nationale par suite des circonstances de la guerre (le manque de nourriture et de combustible pour le chauffage, la cuisine et le transport)
  • En 1940, il y avait 86 000 Juifs à Amsterdam
  • En 1945, il n'y en avait plus que 10 000
  • Anne Frank fut l'une de celles qui périrent dans l'Holocauste
    • c'est dans une maison de la rue Prinsengracht à Amsterdam qu'Anne Frank et sa famille vécurent cachées dans une annexe
    • aujourd'hui, la maison est un musée que visitent chaque année des milliers de personnes

Apeldoorn

La ville d'Apeldoorn était l'un des premiers objectifs des Alliés dans la poussée vers la mer du Nord. La 1re Brigade canadienne d'infanterie devait porter un coup décisif contre la ville le 16 avril 1945. Le plan visait à isoler Apeldoorn et de faire ensuite entrer l'infanterie, sans artillerie. À l'approche des Canadiens, la garnison allemande abandonna la ville.

Le Royal Canadian Regiment put se rendre maître de l'extrémité est de la ville, le 17 avril, à 4 h 30. Le Hastings et le Prince Edward Regiment, et le 48th Highlanders suivirent à l'aube. Dès le milieu de la matinée, le Highlanders s'était emparé du secteur nord-ouest d'Apeldoorn tandis que le Hastings était dans les jardins du palais Het Loo* et le Royal Canadian Regiment s'installait sur la place centrale. Le West Nova Scotia Regiment de la 3e Brigade occupait le sud-ouest de la ville avant midi.

Entre le 11 et le 17 avril, la 1re Division canadienne subit 506 pertes. La ville avait subi peu de dégâts du fait que les Forces canadiennes savaient qu'elle était remplie de réfugiés. Après la libération de la ville, il y eut de grandes célébrations. Les drapeaux néerlandais flottaient sur toutes les maisons et les boutiques de la ville.

Le défilé des anciens combattants est l'un des faits saillants des activités organisées afin de commémorer la libération du pays. En 1995, à l'occasion du 50e anniversaire de la libération des Pays-Bas, plus de 1 000 anciens combattants canadiens y ont pris part, de même qu'un bon nombre d'anciens combattants alliés, sous les acclamations de quelque 150 000 Néerlandais - hommes, femmes et enfants.

*Het Loo, lieu de la résidence d'été de la famille royale des Pays-Bas, fut construit pour Guillaume, prince d'Orange, entre 1865 et 1702.

Groningen

Groningen est la ville néerlandaise la plus importante du nord des Pays-Bas. La ville fut libérée par la 2e Division canadienne d'infanterie après de vifs combats.

Le 13 avril 1945, des troupes du 4th Royal Hamilton Light Infantry entrèrent dans la ville par le sud-ouest et furent accueillies par une vive résistance des troupes S.S. allemandes. Ils durent affronter des tireurs isolés, et nettoyer les immeubles pièce par pièce. La 6e Brigade canadienne (comprenant la 11e et la 12e, les Fusiliers Mont-Royal, le South Saskatchewan Regiment, le Royal Regiment of Canada, et le Queen's Own Cameron Highlanders of Canada) entra dans la ville par le sud. Le 14 avril, la 5e Brigade canadienne (le Black Watch of Canada, le Régiment de Maisonneuve et le Calgary Highlanders) pénétra par l'ouest. Le commandant allemand et ses hommes se rendirent le 16 avril; la bataille de quatre jours occasionna 209 pertes parmi les soldats de la 2e Division, et il y eut 2 400 prisonniers ennemis. Voici un extrait d'une dépêche envoyée par le général Crerar après la reddition : « ... il ne reste plus que quelques zones de résistance le long de la côte, les plus coriaces - comme prévu - se trouvaient dans le secteur de Delfzijl et le long du rivage adjacent au Dollart Inlet qui fait face à Emden. »

Groningen compte l'une des plus importantes et des plus anciennes universités des Pays-Bas. L'Université de Groningen, dans laquelle se trouve un Centre d'études canadiennes, a célébré son 360e anniversaire en 1999.

Nijverdal

Nijverdal est situé à quelques kilomètres au nord du Cimetière de guerre de Holten et fut libéré par la 2e Division canadienne d'infanterie.

Des opérations du canal Twente, au sud de Holten, jusqu'à Ommen, et finalement jusqu'à Groningen aux confins nord du pays, la 2e Division d'infanterie y compris le Royal Hamilton Infantry, l'Essex Scottish Regiment, le Cameron Highlanders of Canada et le Royal Regiment of Canada affrontèrent une faible résistance.

Utrecht

Après la libération d'Arnhem, l'objectif du 1er Corps d'armée canadien était de déloger les Allemands de l'ouest des Pays-Bas. Selon le plan, la 49e Division britannique devait, à partir d'Arnhem, occuper la route nationale au sud d'Utrecht. La 5e Division blindée canadienne devait s'emparer des hauteurs situées à l'ouest d'Amersfoort, puis la 1re Division canadienne devait prendre possession d'Amersfoort, relever la 5e Division et s'emparer ensuite d'Utrecht. Les offensives ultérieures visaient Gouda, La Haye, Rotterdam et Amsterdam. Bien que les citoyens de la région étaient en proie à la famine, le plan fut annulé. On craignait que la libération par la force inciterait les Allemands à ouvrir les digues et à détruire ainsi les terres basses entre Utrecht et la mer.

Le 12 avril, le Corps d'armée reçut l'ordre de faire halte à une douzaine de milles à l'est d'Utrecht. Entre-temps, le ministère de l'Air britannique préparait un plan en vue de ravitailler les Pays-Bas par voie des airs. Les négociations avec les Allemands s'avérèrent fructueuses. Bien qu'ils refusèrent toute reddition et continuèrent d'occuper les provinces du nord et du sud des Pays-Bas et d'Utrecht, ils permirent l'importation de vivres et de charbon pour l'ouest des Pays-Bas - sous réserve que les Alliés s'arrêtent à l'est de la ligne Grebbe. Le 19 avril, les opérations offensives du 1er Corps avaient pratiquement cessé. Toutefois, l'économie néerlandaise fut très sérieusement atteinte du fait des inondations qui avaient commencé dans la région d'Utrecht.

Le 1er mai, les Allemands acceptèrent d'établir un corridor de trêve allant au sud du chemin de fer d'Arnhem à Utrecht jusqu'à la Waal, à Ochten, par lequel passerait le ravitaillement. L'opération de secours battit son plein en quelques jours. Les Allemands capitulèrent le 5 mai, et le 1er Corps d'armée canadien entra à l'ouest des Pays-Bas, le 7. La 49e Division prit en charge la région d'Utrecht, de Ijsselmeer jusqu'à Lek. La 1re Division canadienne prit le contrôle de reste du territoire à l'ouest. Les Canadiens traversèrent Amersfoort et Utrecht, afin de se rendre à Rotterdam. Le 8 mai, la Division fit le compte rendu suivant :

« Les villages, les rues et les maisons étaient décorés du drapeau rouge, blanc et bleu de la Hollande, ainsi que de banderoles orange qui jetaient une note vive dans ce jour ensoleillé. Les Hollandais avaient été prévenus de notre arrivée et bordaient les routes et les rues par milliers pour nous accorder une bienvenue tumultueuse. »*

Colonel C.P. Stacey, « Histoire officielle de l'Armée canadienne au cours de la Seconde Guerre mondiale », page 650.

Wageningen

Après s'être arrêtée à Arnhem pour se réorganiser, au début de la journée du 17 avril 1945, la 56e Brigade britannique se dirigea vers l'ouest, sur deux axes, contre Wageningen et Bennekom. Elle progressa rapidement le long de la rive droite du Rhin, ne rencontrant qu'une faible opposition. L'avance fut ralentie à quelque endroits par des mines et d'autres obstacles, mais les troupes britanniques trouvèrent d'autres voies que l'ennemi n'avait pas eu le temps de miner ou de bloquer. À la fin de la journée, la brigade avait capturé Wageningen et Bennekom.

C'est également à Wageningen, le 5 mai, dans un hôtel délabré, que la 25e Armée allemande se rendit officiellement. La reddition fut signée, à l'hôtel de Wereld, par le commandant des forces allemandes aux Pays-Bas, le colonel-général Johannes Blaskowitz, et acceptée par le lieutenant-général Charles Foulkes, commandant du 1er Corps d'armée canadien. (La rue porte aujourd'hui le nom de General Foulkesweg 1.) Le prince Bernhard des Pays-Bas était également présent lors de la cérémonie de reddition, tout comme le major-général George Kitching qui était à l'époque l'officier supérieur d'état-major du lieutenant-général Foulkes.

Il y avait plus de 117 000 soldats allemands dans le secteur ouest des Pays-Bas au moment de la reddition. Le 1er Corps d'armée canadien s'empara du secteur jusque-là sous contrôle allemand. Il pénétra dans la région le 7 mai, et reçut un accueil délirant des Néerlandais.

Le camp de transition de Westerbork

C'est à Westerbork que les Allemands établirent le plus important camp de transition. Plus de 100 000 Juifs, gitans et résistants furent envoyés à Westerbork. À partir du 12 juillet 1942, des trains quittèrent le camp à destination d'Auschwitz et d'autres camps de la mort.

Le camp comprenait un orphelinat, une école, des bâtiments industriels, des bâtiments de châtiment, des bâtiments de logement, un grand terrain de rassemblement et une voie ferrée. Bob Cahen fut interné au camp Westerbork en 1942. Voici un extrait d'une lettre dans laquelle il raconte ce qui s'y passait :

« Il y a de plus en plus de nouveaux arrivants au camp. Les bâtiments sont bondés, pleins à craquer. La forge ne cesse de fabriquer des lits. Il n'y a plus de matelas de paille, en fait plus de matelas du tout, depuis un bon bout de temps. Les gens sont obligés de s'étendre sur les lits de fer. Des gens sont couchés ou assis dehors. La nuit, ils dorment à l'intérieur, sous des brouettes ou à la belle étoile. Il n'y a pas assez de nourriture. »

Anne Frank était du nombre des milliers de Juifs qui furent internés à Westerbork, et une partie du mur de la hutte dans laquelle elle vécut à Westerbork est encore debout. Anne et sa soeur moururent à Bergen-Belsen en avril 1945, quelques semaines avant la fin de la guerre.

Le dernier train partit de Westerbork le 13 septembre 1944. Il transportait 77 jeunes enfants qui avaient été arrachés par les Nazis des endroits où ils se cachaient.

Westerbork fut libéré le 12 avril 1945 et 876 prisonniers furent remis en liberté lorsque les soldats canadiens entrèrent dans le camp. Après la libération, le camp resta ouvert et diverses activités s'y déroulèrent, mais les derniers bâtiments furent démolis en 1971.

Westerbork est devenu aujourd'hui un centre commémoratif. Il a été restauré tel qu'il était à l'époque de manière à ce que l'on puisse identifier les endroits où se trouvaient les bâtiments jadis. En guise de symbole, les voies ferrées qui menaient aux camps de concentration ont été soulevées, tordues en forme de cercles afin que jamais un train ne puisse un jour les emprunter de nouveau. On a reconstruit certaines routes et certains autres chemins. Sur le terrain de rassemblement, on a déposé 102 000 pierres qui témoignent du passage des déportés de Westerbork qui furent assassinés. Kamp Westerbork est devenu aujourd'hui un centre commémoratif.

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