Le Canada se souvient - Édition 2017 - Page 1

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La victoire à Vimy

Des soldats canadiens progressant sur la crête de Vimy.
Photo : Bibliothèque et Archives Canada PA-001086

La grande victoire du Canada sur la crête de Vimy pendant la Première Guerre mondiale est probablement la bataille la plus mémorable de la longue histoire militaire de notre pays. Après des mois de préparation minutieuse et d’entraînement, les quatre divisions canadiennes se sont lancées au combat pour la première fois ensemble, le 9 avril 1917, afin de prendre cette côte lourdement défendue du nord de la France.

La première vague, formée de 15 000 soldats canadiens, s’est lancée à l’assaut de la crête de Vimy, en direction des tirs nourris de l’ennemi. L’artillerie alliée a réussi à utiliser un barrage roulant, c’est-à-dire une ligne de tirs d’obus ciblés et rigoureusement planifiés qui avançait, ce qui forçait les Allemands à se mettre à couvert. Les soldats canadiens suivaient derrière aussi près que leur audace le leur permettait et, lorsque le barrage se déplaçait vers la cible suivante, nos soldats capturaient les positions ennemies avant que les forces de défense allemandes ne puissent réagir.

Les combats ont été durs, mais une grande partie de la crête était prise à midi ce jour-là. Le reste de la crête est tombé sous contrôle canadien dès le 12 avril. Nos soldats ont remporté une victoire remarquable, mais qui s’est faite à un prix élevé. Au total, près de 3 600 Canadiens ont perdu la vie et plus de 7 000 ont été blessés. Nombreux sont ceux à avoir dit que la bataille de la crête de Vimy, qui a vu des Canadiens d’un océan à l’autre unir leurs forces pour triompher, a été un chapitre déterminant dans l’édification du Canada en tant que pays indépendant.

Au cours du mois d’avril 2017, des événements commémoratifs de grande ampleur se sont tenus en France et dans des collectivités partout au Canada afin de souligner le 100e  anniversaire de cette victoire canadienne. De quelle façon votre école ou collectivité a-t-elle souligné cet événement?

Sur les plages de Dieppe

Le tableau « Dieppe Raid » du peintre de guerre Charles Comfort.
Image : MCG 19710261-2183 © Musée canadien de la guerre

De nos jours, le port français de Dieppe est une magnifique ville balnéaire, mais le 19 août 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, ses plages de galets étaient loin d’être paisibles.

Près de 5 000 soldats canadiens ont pris part au raid sur Dieppe. Plusieurs raisons ont mené à ces débarquements hardis à Dieppe, Puys et Pourville, sur ces plages de la France occupée. Les Alliés souhaitaient mettre les défenses ennemies à l’épreuve, recueillir des renseignements sur la technologie et les codes militaires secrets allemands, et s’entraîner aux techniques de débarquement côtier pour des opérations ultérieures. Ils espéraient également soulager un peu la pression pesant sur les alliés soviétiques qui se trouvaient coincés dans une lutte considérable avec les Allemands sur le front de l’Est.

Malheureusement, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Les puissantes défenses allemandes ont causé des pertes épouvantables parmi les assaillants canadiens. Dans ce raid funeste, 916 de nos militaires ont été tués et près de 2 000 ont été faits prisonniers. Cette journée fut la plus sanglante de toute la guerre pour le Canada.

Jacques Nadeau raconte… :

« Il y avait une embarcation sur notre gauche. Il y a une bombe de mortier, pas loin avant d’arriver à la plage, qui a tombé dedans, puis il y a des morceaux de corps qui sont venus tomber.... »

Des cérémonies ont été organisées au Canada et en France pour souligner le 75e anniversaire du raid sur Dieppe en août 2017. Les Français se souviennent que les soldats canadiens se sont battus pour la liberté. Nous nous souviendrons.

Un champ de bataille violent

Un char allié détruit sur le champ de bataille boueux de Passchendaele.
Photo : Bibliothèque et Archives Canada. PA-002195

Les soldats canadiens ont pris part à de nombreuses luttes âpres au cours de la Première Guerre mondiale, mais peu d’entre elles ont été aussi terribles que la troisième bataille d’Ypres, mieux connue sous le nom de bataille de Passchendaele. L’offensive des Alliés a été lancée par les forces britanniques, australiennes, et néo-zélandaises en Belgique à la fin du mois de juillet 1917. Alors que les combats s’éternisaient, de fortes pluies ont vite fait de transformer le champ de bataille en un champ de boue profonde. Les Canadiens ont été placés sur ce front à l’automne. Le 26 octobre, nos soldats ont lancé la première d’une série d’attaques pour repousser les Allemands.

Ce fut un cauchemar. Les Canadiens ont été contraints de progresser dans un terrain boueux et dévasté face au feu nourri des mitrailleuses et de l’artillerie allemandes. Il y avait peu de possibilités pour se mettre à couvert de la pluie de balles et d’artillerie qui s’abattait, alors que les hommes s’empressaient de passer les innombrables trous d’obus remplis d’eau froide et souillée, et trop souvent aussi, de restes de soldats tombés au combat.

Progressivement, les Canadiens ont été en mesure de prendre de nouvelles positions. Le 6 novembre, le village en ruines de Passchendaele a été pris. Le 10 novembre, le reste de la crête de Passchendaele était aux mains des Alliés. La bataille arrivait finalement à son terme, nos soldats ayant réussi face à des épreuves inimaginables. Cette victoire prodigieuse a été acquise au prix effroyable de près de 16 000 soldats canadiens tués, blessés ou faits prisonniers. L’automne 2017 marque le centième anniversaire de cette bataille cruciale. De quelle façon allez-vous la commémorer?

Se battre sur la cote 70

Des soldats canadiens dans une tranchée prise aux Allemands sur la cote 70 en août 1917.
Photo : Imperial War Museum CO 1782

L’une des victoires canadiennes les plus impressionnantes de la Première Guerre mondiale a été remportée lors de la bataille de la cote 70 en France au cours de l’été 1917. Le haut commandement allié  avait confié la mission à nos soldats de prendre la ville minière de Lens. Le lieutenant-général Arthur Currie, fraîchement nommé commandant du Corps canadien, proposa un plan astucieux.

Le 15 août 1917, après une planification et une formation poussées, ainsi que des manœuvres de diversion ailleurs, les Canadiens ont lancé une offensive soudaine sur les pentes de la cote 70 voisine. Sachant que les Allemands ne permettraient pas que cette cote dotée d’une importance stratégique demeure entre les mains des Alliés, le lieutenant-général Currie a donné l’ordre aux Canadiens d’établir sur-le-champ de puissantes défenses afin de limiter les contre-attaques de l’ennemi. Currie avait vu juste. Les Allemands ont déclenché 21 attaques au total dans les jours qui ont suivi et ont essuyé des pertes considérables face aux 250 mitrailleuses canadiennes et aux tirs d’artillerie punitifs.

Les Canadiens devaient repartir à l’offensive pour tenter de prendre la ville de Lens. Les 21 et 23 août, les Canadiens ont réussi à se frayer un chemin, en prenant des parties de la ville bombardée et en essuyant de fortes pertes dans leurs rangs, avant que la bataille ne prenne fin le 25 août. Bien qu’elle n’ait pas atteint tous ses objectifs, la bataille de la cote 70 a constitué un succès indéniable. La victoire a cependant été acquise à un prix élevé, celui de 9 200 de nos soldats qui y ont été tués ou blessés. Cent ans plus tard, le Canada se souvient toujours de la bravoure et du sacrifice de ceux qui s’y sont battus.

Le saviez-vous?

La ville de Léger’s Corner, située au sud-est du Nouveau-Brunswick, a été rebaptisée « Dieppe » en 1946, en l’honneur des soldats qui ont donné leur vie au cours du raid funeste sur la ville éponyme pendant la Seconde Guerre mondiale.

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