Douglas Jung

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Douglas Jung est un Canadien, né Chinois. Il est passé de persona non grata à un poste de représentant du Canada au sein de l'Organisation des Nations Unies. « Transcription de la vidéo

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Wesley Lowe (Intervieweur)

Douglas Jung, né sans statut légal au Canada, est devenu le premier député sino-canadien du Parlement. La Seconde Guerre mondiale a marqué un tournant décisif dans l'histoire sino-canadienne et Douglas Jung nous raconte ce qu'a signifié cette période.

Douglas Jung (Interviewé)

Certains d'entre nous se sont rendu compte que nous devions nous porter volontaires pour servir le Canada pendant qu'il avait besoin de nous, si nous ne voulions pas nous retrouver dans une position très délicate après la fin de la guerre pour réclamer nos droits en tant que citoyens canadiens, car le gouvernement du Canada aurait pu nous dire, « Où étiez-vous pendant la guerre lorsque tous les autres étaient partis pour se battre au nom du Canada? Qu'avez-vous fait? » Ainsi, nous avons été quelques-uns à nous porter volontaires, et mon groupe a certainement été le premier à s'engager. Nous étions douze soldats sino-canadiens et nous avions tous déjà travaillé comme volontaires dans l'armée canadienne. Nous nous sommes portés volontaire pour effectuer une opération à laquelle on avait donné le nom d'Opération Oblivion (oubli). Il s'agissait d'une opération qui avait été montée par le ministère de la guerre britannique, sous l'égide du Special Operations Executive, qui est le même bureau qui s'est occupé de toutes les opérations clandestines derrière les lignes allemandes et en France - en parachutant des agents alliés pour faire du sabotage ou de l'espionnage, des choses de ce genre.

Notre opération avait été montée pour le Sud-Ouest Pacifique, et j'étais au Commandement du Pacifique, ici, à Vancouver pendant la guerre, où je travaillais pour les services du renseignement, sous les ordres du Major-général George Pearks. Lorsque cet officier britannique est arrivé d'Angleterre, il est venu à la section chargée des services du renseignement pour savoir si on connaissait des Sino-Canadiens. J'étais présent. Il m'a demandé ce que je pensais du fait de me porter volontaire, et lorsque vous avez 19 ans, vous ne réfléchissez pas vraiment à quoi vous vous engagez, mais nous nous sommes portés volontaires, et il m'a demandé si je connaissais d'autres anciens combattants sino-canadiens. Il s'est avéré que je les connaissais tous, car ils étaient vraiment très peu nombreux à l'époque. Et, c'est ainsi qu'en 24 heures, ils ont tous reçu l'ordre de se présenter au rapport à Vancouver. Nous avons effectué notre première formation secrète dans un camp secret situé près du lac Okanagan. L'endroit s'appelait Goose Bay.

Mais, vu que nous avons effectué notre entraînement là-bas, le gouvernement provincial, la British Columbia Historical Society, l'a depuis renommé officiellement, en lui conférant le statut de lieu historique, et il y a même une plaque avec nos noms inscrits dessus afin de perpétuer le souvenir de l'entraînement que nous avons suivi sur place.

Wesley

Les aspirations sur lesquelles reposait l'Opération Oblivion (oubli) étaient audacieuses et très ambitieuses. Toutefois, comme beaucoup de plans, les choses ont dû être modifiées au plus fort du combat.

Douglas

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Et le plan initial consistait à faire passer notre groupe en Chine pour armer et entraîner une armée de 300 000 soldats communistes parce que le gouvernement britannique considérait à l'époque qu'ils aideraient n'importe qui, pourvu qu'il combatte les Japonais. Et à l'époque, l'opposition la plus virulente à l'égard des Japonais était constituée par les Chinois communistes. Les armes et l'équipement qui nous étaient destinés étaient ceux qu'on avait confisqués au corps allemand-africain parce qu'ils utilisaient des munitions de neuf millimètres, qui étaient précisément les mêmes munitions qu'on utilisait en Orient. Et on avait donc prévu d'envoyer tout cet équipement en Chine pour équiper cette armée. Mais, avant que nous ayons pu nous lancer véritablement dans l'opération, le haut commandement allié a décidé que tout ce qui se trouvait au nord de la Nouvelle-Guinée relèverait du champ d'action placé sous les ordres du Général McArthur, ce qui en faisait alors une opération militaire « exclusivement américaine ». On nous a alors donné le choix de rentrer chez nous ou de rester en arrière des lignes ennemies pour travailler dans une autre région. Nous avons décidé de rester, car nous nous sommes dit que nous étions déjà là et que nous ne nous étions tout de même pas entraînés pour rien. Et c'est comme ça que nous avons été envoyés en Nouvelle-Guinée et à Bornéo.

Eh bien, il s'agissait d'opérations clandestines derrière les lignes ennemies, derrière les lignes japonaises, avec l'installation de réseaux de renseignements, d'observation et de communications pour l'armée australienne, au cours desquelles on se faisait en général décimer.

Wesley

Le fait de garder secrète l'Opération Oblivion (oubli) était primordial non seulement pour les Alliés, mais aussi pour les Forces canadiennes. Mais, finalement la véritable reconnaissance n'a pas touché que des individus isolés, mais tous les sino-canadiens.

Douglas

Seuls deux officiers de l'armée canadienne étaient au courant de notre opération. Il s'agissait du Général Pearks et de son colonel responsable de l'administration, le Colonel Hugh Alan. Nous avons si bien su garder le secret au cours de nos opérations que lorsque nous sommes revenus d'outre-mer, le dépôt militaire situé à Little Mountain a refusé de reconnaître que nous avions été envoyés outre-mer. Nous avons été obligés de contacter le Général Pearks pour qu'il confirme que nous avions bien été outre-mer, car sur nos dossiers militaires, lorsque nous sommes partis outre-mer, il avait été inscrit que nous avions été rayés des effectifs. Le Commandement du Pacifique ayant été portée à l'effectif du Quartier général de la Défense nationale, à Ottawa, il n'y a aucune mention de nos séjours outremer.

Il est également important de faire remarquer que sur les douze que nous étions à nous porter volontaires pour cette opération outre-mer, quatre ont reçu des médailles militaires pour acte de bravoure, ce qui représente la proportion la plus élevée de décorations jamais remises à une formation militaire canadienne que ce soit avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Nous en sommes donc très fiers, en gardant à l'esprit que tout cela s'est fait à une époque où personne ne nous obligeait à servir le Canada, mais où nous avons ressenti dans nos tripes la nécessité de faire quelque chose comme ça afin de prouver aux Canadiens et aux Canadiennes, ainsi qu'au gouvernement du Canada, que nous étions prêts à tout donner pour obtenir ce que nous souhaitions, c'est-à-dire ni plus ni moins le droit aux privilèges canadiens, soit les mêmes droits que ceux dont jouit n'importe quel autre Canadien.

Saviez-vous?

Saviez-vous que Douglas Jung a été le premier député sino-canadien à être élu au Parlement?

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Interviewé : Douglas Jung

Durée : 6:51

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