Frères d'armes

Deux fils du chef Alexander Smith joignirent les rangs du 20e Bataillon et devinrent officiers, mettant à profit leurs années d'expérience dans la milice. Nous voyons ici des membres du bataillon au cours d'exercices exécutés au camp de l'exposition, à Toronto, avant le départ pour le service outre-mer. (John Boyd / Bibliothèque et Archives Canada / PA-61412)

Deux fils du chef Cayuga des Six-Nations, Alexander George Smith, servirent outre-mer à titre d'officiers, et tous deux reçurent la Croix militaire (MC) pour bravoure.38 Alexander fils, et Charles Smith, s'enrôlèrent à Toronto trois mois après le déclenchement de la guerre. Jusque là, la milice avait été au centre de leur vie d'adulte. Avant la guerre, tous deux avaient été officiers dans les Haldimand Rifles et en raison de leur expérience, ils furent nommés officiers dès leur enrôlement dans les Forces régulières.

L'aîné, Alexander, avait servi dans la milice pendant 17 ans. Il gagna sa MC en France en septembre 1916 au cours de la seconde attaque des Alliés à la Somme. Lieutenant dans le 20e Bataillon, Smith dirigeait une unité spéciale chargée de repérer des endroits convenables pour entasser des munitions.39 Avec l'unité des éclaireurs, son groupe fut le premier du bataillon à avancer. Une fois son travail accompli, il se joignit à la bataille.

La citation de Smith explique que le deuxième jour de l'assaut « il avança avec un détachement de bombardiers, s'empara d'une tranchée ennemie et fit 50 prisonniers, faisant preuve d'un courage extraordinaire. Il reçut des avalanches d'obus à deux reprises, mais il resta à son poste. »

Au cours de ses trois semaines de combat sur la Somme, le 20e Bataillon subit 430 pertes dont 111 morts. Le lieutenant fut l'un des blessés. Il se remit de ses blessures et retourna à son unité.

En avril 1917, Smith tomba malade et rentra au Canada. Au mois d'octobre suivant, il fut affecté à un camp d'entraînement à Niagara-on-the-Lake, en Ontario. Nombre de soldats de la Pologne s'y entraînaient. Smith avait été promu capitaine et il servait à titre d'adjudant, l'adjoint du commandant. À la fin de la guerre, en raison de son service distingué au camp, le capitaine fut nommé officier de l'Ordre de l'Étoile noire, un ordre polonais. Il fut l'un des cinq Canadiens à recevoir cet honneur.40

En juillet 1918, le capitaine Smith retourna chez lui à Hagersville dans la réserve des
Six-Nations dont il devint chef plus tard.

Comme son frère aîné, Charles Denton Smith commença la guerre dans le 20e Bataillon bien qu'il se soit retrouvé par la suite dans le 18e. Dans l'intervalle de son service entre les deux bataillons, il fut officier de recrutement dans sa réserve. Ses 10 ans d'expérience dans la milice lui valurent rapidement d'être nommé capitaine. Smith gagna la MC en France, le 9 novembre 1918, deux jours avant la fin de la guerre.

Les Alliés avaient finalement réussi à percer les défenses ennemies le long du front occidental et avançaient résolument vers l'est. Le bataillon de Smith avançait vers Mons, en Belgique. D'après sa citation, « il dirigea l'avance de son peloton avec une telle rapidité qu'il surprit un groupe de sapeurs41 ennemis qui s'apprêtaient à faire sauter une mine sur la route. » Les sapeurs furent arrêtés au moment où ils allumaient la mèche. Plus tard au cours de la journée, Smith enleva une mitrailleuse à une équipe ennemie.

Le 18e Bataillon arriva à Mons le 11 novembre 1918; c'était la fin officielle de la guerre. Le capitaine Smith rentra sain et sauf au Canada six mois plus tard.

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