Une décennie de service

Les ancêtres de Ron Lowry ont servi durant la guerre de Sécession aux États-Unis et la guerre des Boers. Au cours de la guerre de Corée, Lowry a fait le guet sur le Nootka pour détecter des torpilles et des sous-marins ennemis. Il a aussi participé à des raids de démolition sur la côte. Après la guerre, il est resté dans la marine. On le voit ici en 1955. (Ron Lowry)

Des deux côtés de ma famille, on avait servi dans l'armée aussi loin que l'on puisse remonter, soit la guerre des Boers du côté de mon père, et la guerre entre le Nord et le Sud aux États-Unis, du côté de ma mère. ... C'était tout naturel que je me porte volontaire.

Ronald Lowry 95

De la bande mohawk de la baie de Quinte, près de Trenton, en Ontario, Ronald Lowry était âgé de 17 ans lorsqu'il présenta sa demande d'enrôlement dans la MRC en 1949, comme il le dit, « par un caprice du destin » :

J'avais un ami qui voulait s'enrôler dans la MRC pour apprendre un métier. Depuis deux ans, j'étais apprenti plombier à Oshawa, et je l'ai accompagné. ... Quand nous sommes arrivés, on m'a demandé si je voulais passer les examens. On m'a dit que je devrais attendre deux heures, alors j'ai tenté ma chance. ... J'ai réussi et tout s'est enchaîné.

Lowry fut d'abord affecté au NCSM Cornwallis, à Deep Brook, Nouvelle-Écosse, pour suivre l'instruction élémentaire des recrues. En août 1951, il fut muté au NCSM Nootka, où il reçut la formation nécessaire au métier qu'il avait choisi, le sonar. Six mois plus tard, il s'embarquait sur le Nootka pour son deuxième tour de service en Extrême-Orient. Il était le seul Autochtone à bord.

Lowry voulait aider les Sud-Coréens parce qu'il avait de l'empathie pour eux. Ses ancêtres avaient été chassés de leur patrie dans l'État de New York par suite de la Révolution américaine. Comme il l'explique, « J'avais le sentiment que ma patrie m'avait été enlevée et je voulais aider les autres à garder la leur. »

À bord du Nootka, Lowry travaillait dans la salle de contrôle pour repérer les sous-marins ennemis et les torpilles. Il servait également à terre. Avec son expérience du sonar, Lowry avait aussi reçu une formation en démolition, qui lui servit lorsqu'il fut détaché du navire pendant six mois pour travailler avec les marins sud-coréens et britanniques. Lors de raids de commandos sur les îles et la côte, ils détruisaient des ponts, des voies ferrées et d'autres installations stratégiques.

Le Nootka revint au Canada en novembre 1952. Lowry resta dans la marine après la guerre et obtint le grade de maître. Outre le Nootka, il a travaillé à bord de dragueurs de mines, de croiseurs et de patrouilleurs. Il a passé trois de ses quelque dix ans de service naval en Angleterre, affecté à un sous-marin de la Royal Navy. En tout, il « a fait le tour du monde deux fois et fit escale dans 62 pays - j'ai aimé chaque minute de cette période. » 96

Lorsqu'il quitta la Marine royale canadienne en 1960, Lowry reprit ses métiers de plombier et de soudeur. La tradition familiale semble forte. Son épouse, Joan, une Micmac de la Nouvelle-Écosse, avait fait partie du personnel féminin de la marine, les Wren, pendant trois ans au début des années 1950. Quatre de leurs cinq fils ont servi dans la marine - et deux y sont encore. L'un d'eux fut muté à un navire dans le golfe Persique au cours de la guerre du Golfe en 1991. La guerre prit fin avant qu'il n'y arrive.

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