
Fiche d'information du National Centre
Julia M. Whealin, Ph.D. et Laurie Slone, Ph.D.
Le diagnostic de l'état de stress post-traumatique (ESPT) décrit de façon précise les symptômes liés au traumatisme de courte durée qu'a vécu la personne. Par exemple, un accident de voiture, une catastrophe naturelle ou un viol sont considérés comme des événements traumatiques de durée limitée. Toutefois, les traumatismes chroniques durent des mois, voire des années. Les médecins et chercheurs ont découvert que le diagnostic actuel de l'ESPT reflète rarement la blessure psychologique profonde due à un traumatisme aussi long et répété. Le moi psychologique des personnes saines et ordinaires qui vivent un traumatisme chronique peut changer, tout comme leur façon de s'adapter à des événements stressants. La Dre Judith Herman, de Harvard, est d'avis qu'un nouveau diagnostic, appelé ESPT complexe, est nécessaire pour décrire les symptômes d'un traumatisme de longue durée. Un autre nom qui est quelquefois employé pour désigner ce groupe de symptômes est le trouble de stress extrême sans autre indication (TSESAI).
Puisque les résultats des essais pratiques pour le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) ont indiqué que 92 % des individus démontrant un ESPT complexe rencontraient aussi les critères de l’ESPT, l’ESPT n’a donc pas été ajouté en tant que diagnostic distinct. Il semblerait qu’un traitement spécial ou des considérations spéciales soient nécessaires en matière de l’ESPT complexe.
Voici quelques exemples de captivité :
Pour diagnostiquer un cas d'ESPT complexe, il faut d'abord que la personne ait vécu une longue période (mois ou années) d'assujettissement total à une autre personne. Les autres critères sont des symptômes qui résultent généralement de la victimisation chronique, comme les changements dans :
Les personnes ayant vécu un traumatisme peuvent éviter de penser à des sujets liés au traumatisme ou d'en parler, parce que les sentiments qui y sont associés sont souvent accablants.
Les personnes ayant vécu un traumatisme peuvent se tourner vers l'alcool et les drogues pour éviter certains sentiments et pensées liés au traumatisme, pour ne plus les ressentir.
Les personnes ayant vécu un traumatisme peuvent aussi pratiquer l'automutilation ou toute autre forme d'activité autodestructive.
L’ESPT complexe ou le TSETAI peut contribuer à un moins bon résultat suite à un traitement standard pour l’ESPT (thérapie d’exposition et restructuration cognitive).
On considère souvent les personnes victimes d'abus répétitifs comme ayant « peu de caractère. »
En raison de leur victimisation chronique, les personnes ayant vécu un traumatisme étaient auparavant mal diagnostiquées par les spécialistes en santé mentale, qui y voyaient un trouble de personnalité. C'est à tort qu'on attribue à ces personnes la responsabilité des symptômes découlant de leur victimisation.
Les chercheurs espèrent qu'un nouveau diagnostic permettra d'éviter aux médecins, à la population et à ceux qui souffrent d'un traumatisme de faire porter le blâme à la victime pour ses symptômes.
Le diagnostic actuel d'ESPT tient rarement compte de la blessure psychologique profonde qui résulte d'un traumatisme prolongé et répété. Par exemple, un traumatisme de longue durée peut avoir un fort impact sur la perception de soi et la capacité d'adaptation d'une personne saine. On confond souvent les symptômes d'un tel traumatisme et la faiblesse de caractère. On effectue actuellement des recherches afin d'établir si le diagnostic d'ESPT complexe constitue la meilleure façon de catégoriser les symptômes des malades qui ont vécu un traumatisme prolongé.
Trauma and Recovery: The Aftermath of Violence from Domestic Abuse to Political Terror, by Judith Herman, M.D. (1997). Basic Books; ISBN 0465087302
Ford, J. D. (1999). Disorders of extreme stress following war-zone military trauma: Associated features of Posttraumatic Stress Disorder or comorbid but distinct syndromes? Journal of Consulting and Clinical Psychology, 67, 3-12.
Herman, J. (1997). Trauma and recovery: The aftermath of violence from domestic abuse to political terror. New York: Basic Books.
Roth, S., Newman, E., Pelcovitz, D., van der Kolk, B., & Mandel, F. S. (1997). Complex PTSD in victims exposed to sexual and physical abuse: Results from the DSM-IV field trial for Posttraumatic Stress Disorder. Journal of Traumatic Stress, 10, 539-555.
Van der Kolk, B. (2002). The assessment and treatment of complex PTSD. In R. Yehuda (Ed) Treating Trauma Survivors with PTSD, (pp 127 – 156). Washington: American Psychiatric Publishing,