Les réflexes du guerrier au retour de la guerre

La force francophone

Les réflexes du guerrier au retour de la guerre

Transcription
Les réflexes du guerrier au retour de la guerre La quatrième, cinquième journée que je suis revenu de la guerre, je reste à la maison. Je sors pas, je veux pas voir personne. Je veux savourer mon retour à la maison. Je veux boire ça jusqu’au fond de la bouteille. Je sors pas. Il y a pas de télévision, j’écoute la radio. Tout d’un coup, j’entends un fracas épouvantable en haut de la maison. En bon soldat, eh, je réagis vite, j’écoute, je bouge pas. J’ai pensé à une affaire. Ça se peut que ce soit mes chums à Matane, là, qui veulent me faire une peur. Ils ont dit : « il se pense ben bon, lui là, là, on va aller lui faire une peur. » Au cas ou, j’ai pas pris de chance, à côté du foyer, il y avait le sabre, un sabre allemand. J’ai pris le sabre, puis je suis parti en haut pour aller voir. J’ai vu les grands corridors avec les chambres. Pas une porte d’ouverte. Dans la chambre d’en avant, il y avait ma chambre, à moi, il y avait une porte ouverte. Je m’en va là avec mon épée dans les mains, puis là je cris. J’ai dit : « écoutez-moi, les gars, si vous êtes venus pour me faire peur, vous avez manqué votre coup. Me comprenez-vous? S’il y a quelqu’un en dedans, dans la chambre, qui est venu me jouer un tour… Parce que moi, je suis un joueur de tour aussi… J’ai dit, ils ont dit : « lui, laisse-le revenir de la guerre, tu vas voir, on va te le pogner! » Je rentre dans la chambre, puis je dis : « je suis armé puis je vais faucher quiconque tombe sous mon épée! » Puis là, je sacre un coup de pied dans porte, puis je rentre. La chatte me passe entre les jambes. Puis le comique de l’histoire, le comique de l’histoire, là je sais que c’est la chatte. Elle a rentré dans la chambre, puis elle a sacré, elle a sacré un pot de fleurs à terre. Bon, je va redescendre, puis je pars à rire. Méprise. Je descends l’escalier. Quand je descends l’escalier, je descends l’escalier le sabre à la main ma mère, ma tante, mon frère rentrent dans la maison. Ils ont dit : « où est-ce que tu vas avec ton épée? » (rire) Ils ont dit : « il est magané! » Mon frère a dit : « non, non, parlez y pas, faites y attention. Viens t’asseoir. » (rire) Ils me prenaient complètement crackpot! J’ai dit : « écoutez là, j’ai pas perdu le nord! » Mais, que voulez-vous. Ça, c’était des résultats de la guerre 14-18. Il y avait beaucoup de membres de la famille qui avaient servi en 14-18. Des cousins, des ci, des ça, des gars du village. Ils revenaient gazés! La, la mère me regardait, elle dit : « t’es-tu sur que t’es correct? » Ils ont dit : « le gars, il doit être gazé un peu, lui. »
Description

La guerre est terminée, M. Forbes est de retour à Matane dans la maison familiale. Il est seul à la maison et veut savourer la victoire, un bruit survient dans la maison et le fait réagir…

Jean Charles Bertrand Forbes

Né d'une famille d'industrialiste à Matane en mars 1921, Charles Forbes fait ses études chez les frères du Sacré-Cœur à Victoriaville. Il se découvre une vocation de soldat grâce au prêtre du village. Après un an au Collège Militaire Royal de Kingston en Ontario, il s'engage pour service actif en novembre 1941 et complète sa formation d'officier. Après divers stages comme instructeur, il s'embarque pour l'Angleterre en décembre 1942. Il est assignéé au Régiment de Maisonneuve qui débarque en Normandie le 6 juillet 1944. Il participe à plusieurs campagnes à la tête de son peloton jusqu'à son rapatriement vers l'Angleterre en décembre 1944 à la suite d’une blessure subie à Groesbeek, en Hollande près de la frontière allemande. À la suite d'un acte de bravoure exceptionnel lors de la capture du barrage reliant le Beveland du Sud à l'île de Walcheren en Hollande il est sacré Chevalier Militaire de l'Ordre de Guillaume par la reine Wilhelmine de la Hollande. C'est la plus haute décoration de bravoure accordée par les Pays-Bas. De retour au Canada au printemps de 1945, il est démobilisé en novembre 1945, mais se réengage pour participer à la guerre de Corée avec le 2e bataillon du Royal 22e Régiment. Il quittera définitivement l’armée en 1965.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada et Témoignages d'honneur
Durée :
2:59
Personne interviewée :
Jean Charles Bertrand Forbes
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Canada
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Régiment de Maisonneuve
Grade militaire :
Lieutenant
Occupation :
Commandant de peloton

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