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« Les chars ennemis sautaient, les nôtres aussi »

La force francophone

« Les chars ennemis sautaient, les nôtres aussi »

Transcription
« Les chars ennemis sautaient, les nôtres aussi » Totalize va déployer cinquante mille hommes, deux divisions blindées, deux divisions… deux divisions d’infanterie, la troisième, la deuxième et l’objectif est Falaise. Le ciel va s’illuminer pour la première fois, Simmons a inventé les fameux « clair de lune artificiel ». On a pris des réflecteurs, on a pris des spotlights de l’aviation, on va éclairer les nuages, on va éclairer le ciel à la grandeur, on voit comme en plein jour. En avant de nos chars, il y aura des flail, des flail, ce sont des chars qui sont munis de battoirs, de battants, des fléaux qui battent et qui font sauter les mines. Alors, on suit ça. Ça va commencer vers minuit et demi, pendant que le barrage d’artillerie tombe. Alors, tout est arrivé à l’heure, tout a été fait à la seconde, à la minute. On a entendu les avions arriver, le bombardement a commencé, suivi du barrage d’artillerie. Le ciel s’illumine pour ouvrir le théâtre aux blindés qui vont s’avancer, pour pas se perdre. Le lendemain matin, on était en pleine, en pleine campagne, en plein champ de guerre, avec des trous d’obus partout. Il y a ça aussi, c’était important l’éclairage pour pas que les chars aillent plonger, parce qu’il y a des bombes de cinq cents livres, il y a des bombes de quatre cents livres, il y a peut-être des mille livres là-dedans. Le vacarme est énorme. En tout les cas! On est en plein champ et là va commencer la phase deux : la réplique. On est entrés, là. La réplique, c’est qu’il y a des chars qui commencent à sauter, de nos chars, qui brûlent. Nos chars sont des Sherman. Sherman qui sont alimentés avec du high octane gasoline. Ça, ça saute. Les Allemands, les gars appelaient ça le Ronson burner, hein, nos chars. Et c’est pas beau. C’est pas beau, puis il y a pas grand-chose à faire. Mais on continue d’avancer dans la plaine et là, je vais capturer mes premiers Allemands. Je vois des troupes allemandes, dans le foin, à côté du char et là je crains pour mon char. Ils peuvent avoir une arme anti-char portable, un rocket, ou quoi que ce soit. Donc, je lance une grenade à partir du char. La grenade tombe, et elle a glissé dans mes mains, mais il y avait des gars, déjà des gars qui rampaient dans le foin. J’en avais vu un seul. Alors, lui il s’est jeté à terre, puis j’ai sauté en bas de mon char avec mon pistolet, puis je suis allé là. Il y avait… la grenade était tombée tout près, tout près d’eux. Alors, il y avait un blessé, un gars qui se roulait à terre, puis il y en avait un autre qui avait pas l’air d’être fort, il y en a un qui se lève, des SS, alors moi je m’approche de lui, puis j’y donne mon pistolet dans le nez et puis je lui dis en anglais : « t’es chanceux, toi ta guerre est finie, moi la mienne continue » Il me crache… J’étais complètement, complètement, complètement désemparé. J’ai dit à mon caporal en arrière : « amène-le sinon je lui flambe la tête ici. » Alors le caporal l’a amené, et puis quelques minutes après, j’ai entendu un coup de fusil, puis j’ai entendu, j’ai vu tomber l’Allemand. Alors il a été abattu.
Description

M. Forbes raconte un épisode de la vaste Opération Totalize qui avait pour but Caen, puis Falaise. Un clair de lune artificiel, des blindés qui sautent, et plus…

Jean Charles Bertrand Forbes

Né d'une famille d'industrialiste à Matane en mars 1921, Charles Forbes fait ses études chez les frères du Sacré-Cœur à Victoriaville. Il se découvre une vocation de soldat grâce au prêtre du village. Après un an au Collège Militaire Royal de Kingston en Ontario, il s'engage pour service actif en novembre 1941 et complète sa formation d'officier. Après divers stages comme instructeur, il s'embarque pour l'Angleterre en décembre 1942. Il est assignéé au Régiment de Maisonneuve qui débarque en Normandie le 6 juillet 1944. Il participe à plusieurs campagnes à la tête de son peloton jusqu'à son rapatriement vers l'Angleterre en décembre 1944 à la suite d’une blessure subie à Groesbeek, en Hollande près de la frontière allemande. À la suite d'un acte de bravoure exceptionnel lors de la capture du barrage reliant le Beveland du Sud à l'île de Walcheren en Hollande il est sacré Chevalier Militaire de l'Ordre de Guillaume par la reine Wilhelmine de la Hollande. C'est la plus haute décoration de bravoure accordée par les Pays-Bas. De retour au Canada au printemps de 1945, il est démobilisé en novembre 1945, mais se réengage pour participer à la guerre de Corée avec le 2e bataillon du Royal 22e Régiment. Il quittera définitivement l’armée en 1965.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada et Témoignages d'honneur
Durée :
3:24
Personne interviewée :
Jean Charles Bertrand Forbes
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
France
Campagne :
Normandie
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Régiment de Maisonneuve
Grade militaire :
Lieutenant
Occupation :
Commandant de peloton

Droit d’auteur ou de reproduction

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Date de modification :