« On veut se battre, pas peler des patates »

La force francophone

« On veut se battre, pas peler des patates »

Transcription
« On veut se battre, pas peler des patates » On a pas de renforts, on n’a plus d’hommes. Arrive des membres de la résistance belge. Un groupe de jeunes, menés par un étudiant en médecine. Ils sont sept, huit, neuf. Ils arrivent au bataillon et puis ils vont rencontrer à l’État-major du bataillon le colonel Bibeau et puis ils vont lui offrir leurs services. Mon colonel, nous, nous voulons nous battre pour notre pays, nous sommes des vrais Belges nous sommes authentiques, nous sommes aussi membres de la résistance, travaillant sous le commandement du capitaine, du lieutenant Pilate belge, l’organisation de résistance belge et nous voulons nous joindre à vous pour combattre. Le colonel a dit : « messieurs, je peux pas prendre des Belges comme renfort à l’intérieur de mon bataillon. Il y a un code d’éthique, une convention de Genève, je peux pas faire ça. Seulement, ce que je peux faire, restez avec nous. Vous allez aller dans les cuisines, puis vous allez faire la cuisine, peler des patates puis aider tout le monde. Pendant ce temps-là, je vais sortir mes hommes des cuisines, puis ils vont aller comme renforts au peloton. renforts au peloton.. Quelques temps après ça, arrive Cantillo, Jules Cantillo, Jacques Cantillo, puis il vient me trouver. Il me dit : « mon lieutenant, nous, on est venus ici pour faire la guerre. On est pas venus ici pour peler des patates. Vous pourriez pas nous prendre à l’intérieur de vos rangs de peloton? Nous pourrions porter le, le costume canadien. On sait où sont les, où ils gardaient le linge. On pourrait avoir les insignes Canada, régiment de Maisonneuve et patati et patata.... et nous allons quitter puis nous allons venir dans votre compagnie. » J’ai dit minute! Eh moi j’ai besoin d’hommes vite! Je suis allé voir mon commandant de compagnie qui est maintenant François de Salle-Robert. Georges a été blessé à Orbek. François de Salle-Robert, c’est un copain, je dis François. Eh! Ça mon vieux, ils parlent flamand, ils parlent allemand, ils parlent anglais, ils parlent français, ils connaissent le pays… As-tu une idée, mon vieux? On est pas obligés de le dire à personne, c’est leur problème. Il dit : « si ils sont tués, si ils sont capturés, si ils sont capturés par les Allemands, pas d’identification, ils vont être fusillés in situ. » « Il y a pas de problème. Es-tu prêt à les prendre? » « N’importe quel temps, ils me sont sympathiques. » Ben j’ai ramassé mes Belges. Non, c’est des gars que j’ai appris à aimer. C’est des gars qui nous ont apporté un peu de répit aussi, pour nos hommes, tout le monde. Puis, ils connaissaient le pays. Ah! Des gars formidables, braves. Ben oui! Quand tu te bats pour ton pays, puis t’es volontaire pour te battre pour ton pays… C’est leur pays, puis ils le connaissent, hein. Alors ça a été des gars sensationnels, alors ils nous ont suivis partout à partir de ce moment-là.
Description

Le bataillon manque de renfort, un groupe de la résistance Belge se présente pour les aider mais il y a la convention de Genève qui les en empêche. Les Canadiens vont-ils se plier au règlement?

Jean Charles Bertrand Forbes

Né d'une famille d'industrialiste à Matane en mars 1921, Charles Forbes fait ses études chez les frères du Sacré-Cœur à Victoriaville. Il se découvre une vocation de soldat grâce au prêtre du village. Après un an au Collège Militaire Royal de Kingston en Ontario, il s'engage pour service actif en novembre 1941 et complète sa formation d'officier. Après divers stages comme instructeur, il s'embarque pour l'Angleterre en décembre 1942. Il est assignéé au Régiment de Maisonneuve qui débarque en Normandie le 6 juillet 1944. Il participe à plusieurs campagnes à la tête de son peloton jusqu'à son rapatriement vers l'Angleterre en décembre 1944 à la suite d’une blessure subie à Groesbeek, en Hollande près de la frontière allemande. À la suite d'un acte de bravoure exceptionnel lors de la capture du barrage reliant le Beveland du Sud à l'île de Walcheren en Hollande il est sacré Chevalier Militaire de l'Ordre de Guillaume par la reine Wilhelmine de la Hollande. C'est la plus haute décoration de bravoure accordée par les Pays-Bas. De retour au Canada au printemps de 1945, il est démobilisé en novembre 1945, mais se réengage pour participer à la guerre de Corée avec le 2e bataillon du Royal 22e Régiment. Il quittera définitivement l’armée en 1965.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada et Témoignages d'honneur
Durée :
3:16
Personne interviewée :
Jean Charles Bertrand Forbes
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
Belgique
Campagne :
L’Escaut
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Régiment de Maisonneuve
Grade militaire :
Lieutenant
Occupation :
Commandant de peloton

Droit d’auteur ou de reproduction

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Date de modification :