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Fier d'être au service des véterans du Canada
NUMÉRO SPÉCIAL- PRENTEMPS 2019

Les familles font aussi la transition

La transition de la vie militaire peut être tout un défi pour la famille d’un vétéran des Forces armées canadiennes. Imaginez les défis pour deux vétérans qui élèvent un jeune enfant et s’efforcent de bâtir une nouvelle vie après le service militaire.

Ryan Young et Tanya Wiltshire

Né à l’Île-du-Prince-Édouard, Ryan Young a passé toute sa jeunesse entouré d’eau. Tanya Wiltshire, elle, est née en plein coeur des prairies, en Alberta. Ils se sont rencontrés, sont tombés amoureux et se sont mariés. C’est ainsi que le romantisme entourant l’idée de servir la Marine royale canadienne a uni l’Est et l’Ouest du pays.

« Le recruteur m’avait dit que je manierais des armes et conduirais des bateaux rapides, » mentionne Tanya avec un petit rire, une idée qui, de toute évidence, l’a attirée autant qu’elle a attiré son mari.

Ils se sont rencontrés dans la Réserve de la Marine, quand Tanya s’est rendue à Halifax en 2002 pour son entraînement. Ils étaient tous deux manoeuvriers, un emploi qui implique une grande variété de fonctions. Les manoeuvriers veillent au bon fonctionnement et à l’entretien d’une multitude de choses : de l’équipement d’amarrage et de manutention du fret d’un navire à ses bateaux et petites embarcations, celles-là mêmes que Tanya voulait manoeuvrer.

« Anciens Combattants nous a amenés à faire un travail d’introspection et à réfléchir à ce qu’on veut et à ce qui nous valorise, et c’est la meilleure chose que le Ministère ait faite pour notre famille. »

Tanya était retournée à la vie civile après 14 ans dans la Réserve, avec un diplôme d’études collégiales et un diplôme d’études universitaires quand Ryan a été libéré en juillet 2017. Pendant 16 ans, la Marine a occupé une place importante dans la vie de Ryan, mais l’exaltation d’être à New York pendant la Semaine de la flotte ou le fait de traverser deux fois le canal de Suez ne pouvait lui faire oublier les longues absences difficiles loin de sa famille.

« J’ai vu les conséquences que la distance, pendant de si longues périodes, pouvait avoir sur les autres et je ne voulais pas que ça m’arrive. Je ne voulais pas être un père absent, fait-il remarquer. La venue au monde de Bradley a tout changé pour moi. »

Toute la petite famille a donc déménagé à l’Île-du-Prince-Édouard pour se rapprocher de la famille de Ryan.

« Il nous arrive souvent de nous demander ce qui a bien pu nous passer par la tête, dit Tanya. Mais toutes mes inquiétudes s’estompent quand mon mari rentre le soir à la maison et peut passer du temps avec notre fils. »

Emmener toute la famille loin de tout ce qu'elle connaissait a intensifié le grand stress que cause déjà la transition après le service militaire. Mais Ryan affirme que sa femme, sur qui il peut compter, joue un rôle de premier plan dans ce processus.

« On peut discuter de situations auxquelles je fais face, et elle m’aide à trouver des solutions. Elle est déjà passée par là; elle comprend ce que je vis. »

Bien entendu, tous les vétérans n’ont pas cette chance, mais Tanya affirme qu’aucun vétéran n’est obligé de traverser cette période seul.

« Bâtissez un réseau de soutien, dit-elle. N’ayez pas peur de demander de l’aide. Trouvez des gens qui vous épauleront, que ce soit des membres de votre famille, des amis ou des membres de votre légion. »

Ryan et Tanya sont reconnaissants de l’aide qu’ils ont reçue d’Anciens Combattants Canada, et ce, même si Ryan hésitait à utiliser les services offerts.

« Comme je n’ai pas été libéré pour des raisons médicales, je me disais “Je vais bien, je peux marcher, je peux travailler”, » souligne Ryan, mais il comprend désormais l’importance de programmes comme les Services de réorientation professionnelle, qui aident les vétérans à rédiger un CV, à se préparer aux entrevues et à trouver un emploi.

Ryan prévoit un retour aux études à l’automne et compte faire une demande au programme d’allocation pour études et formation d’Anciens Combattants Canada, lequel offre de l’aide financière aux études collégiales, universitaires et techniques ou à d’autres programmes courts.

« Anciens Combattants Canada n’offre pas seulement des services aux vétérans blessés ou malades; vous êtes un secret très bien gardé, » fait remarquer Tanya, ce qui peut être perçu comme un obstacle en soit. Ryan et Tanya affirment avoir eu à faire beaucoup de recherches pour trouver les services que pouvait leur proposer le Ministère.

« Ça aurait probablement pu être plus facile. Le réseautage est essentiel, souligne Ryan. Communiquez avec un gestionnaire de cas. Faites-vous un plan à long terme et un plan B. »

Acquiesçant, Tanya explique que la transition est difficile et que tous les vétérans doivent y être préparés.

« Tout le monde peut y arriver, mais vous êtes l’unique personne qui vous permettra de réussir votre transition. »

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