Sommaire des activités – Groupe consultatif sur la santé mentale

Mai à septembre 2016

Contexte

Le Groupe consultatif sur la santé mentale (GCSM) est l’un des groupes les plus récemment formés parmi les six groupes consultatifs ministériels chargés de formuler des avis à l’intention d’Anciens Combattants Canada. Le GCSM a pour mandat de formuler des avis au ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale pour assurer que les vétérans, les membres des FAC et de la GRC ainsi que leur famille reçoivent les soins, la compassion, le respect, le soutien et les occasions économiques qu’ils méritent.

À cette fin, et dans le cadre de son mandat particulier de formulation d’avis, le Groupe consultatif sur la santé mentale :

  • examinera les lacunes et les faiblesses du soutien et des services aux vétérans et à leur famille liés à la santé mentale des vétérans, des membres des FAC et de la GRC, y compris l’état de stress post-traumatique (ESPT) et à d’autres traumatismes de stress opérationnel (TSO);
  • fournira au ministre des avis pour établir l’ordre de priorité et traiter des importantes lacunes et faiblesses du soutien et des services liés à la santé mentale;
  • fournira en temps opportun des opinions à l’intention d’Anciens Combattants Canada pour assurer l’élaboration d’une politique et d’un programme plus solides et réactifs.

Membres

Les membres du GCSM représentent la communauté des vétérans ainsi que celle des professionnels en santé mentale :

  • Sapeur (à la retraite) Aaron Bedard
  • Michael Blais, Groupe de défense des intérêts des anciens combattants
  • Louise Bradley, Commission de la santé mentale du Canada
  • Dre Karen Cohen, Société canadienne de psychologie
  • Dave Gallson, Société pour les troubles de l’humeur du Canada
  • Sergent Brian Harding
  • Major général (à la retraite) Glynne Hines
  • Dre Ruth Lanius, Université Western
  • Adjudant (à la retraite) Brian McKenna
  • Colonel Scott McLeod, médecin-chef adjoint, Forces armées canadiennes
  • Robert O’Brien, Association canadienne de vétérans des forces de la paix des Nations Unies
  • Dr Don Richardson, Association des psychiatres du Canada
  • Dr Patrick Smith, Association canadienne pour la santé mentale
  • Robert Thibeau, Vétérans autochtones

Le Groupe est coprésidé par Joël Fillion (Directeur de la santé mentale à ACC) et Glynne Hines (vétéran).

Mandat

Tout comme pour les autres groupes consultatifs ministériels, le GCSM est axé sur la formulation d’avis qui tiennent compte de la lettre de mandat du ministre. Bien que d’autres conseils puissent être prodigués s’ils sont jugés pertinents par les membres, le Groupe a pour objectif d’éclairer le processus de prise de décisions par le ministre relativement aux problèmes de santé mentale auxquels les vétérans et leur famille sont confrontés.

S’il est clair qu’il faut absolument veiller à ce que ACC mette en œuvre la totalité des recommandations du vérificateur général en vue d’améliorer la prestation de services de santé mentale auprès des vétérans, il y a des domaines précis qui nécessitent une attention prioritaire. À ce titre, le GCSM s’est entendu sur trois domaines prioritaires (non dans un ordre précis) sur lesquels se prononcer :

  • Créer un nouveau centre d’excellence en matière de soins pour vétérans spécialisé dans la santé mentale, l’état de stress post-traumatique et d’autres questions connexes touchant les vétérans et les premiers intervenants.
  • Fournir de meilleurs services d’éducation, de counseling et de formation aux familles qui donnent soins et soutien aux vétérans ayant des problèmes de santé physique ou mentale liés à leurs états de service.
  • Collaborer avec le ministre de la Défense nationale en vue d’élaborer une stratégie de prévention du suicide chez le personnel des Forces armées canadiennes et les vétérans.

D’autres domaines d’intérêt pourraient comprendre la prestation de conseils sur l’éducation, le counseling ou la formation pour les vétérans qui offrent un soutien de pair à d’autres vétérans et sur les façons de lutter contre la stigmatisation et de lever les barrières aux soins liés à la santé mentale.

La portée du Groupe consultatif sur la santé mentale comprend l’examen des éléments de preuve de nature médicale et éthique pour soutenir l’élaboration des politiques et des programmes et la prestation des services et des avantages associés à la santé mentale des vétérans, des membres des FAC et de la GRC et de leur famille. Le GCSM est au fait qu‘ACC a antérieurement soumis sa stratégie en santé mentale pour approbation et attend sa publication avec impatience afin de l’examiner. Cette stratégie devrait éclairer les politiques et les programmes envisagés par ACC. Elle devrait également être fondée sur les travaux des groupes consultatifs, particulièrement de ceux du GCSM.

Sommaire des activités

Depuis sa formation le 10 mai 2016, le GCSM s’est réuni trois fois : deux fois en personne à Ottawa, et une fois par téléconférence. En outre, un sous-groupe formé pour examiner le Centre d’excellence en santé mentale a été créé. Ce sous-groupe s’est également réuni à de nombreuses reprises tant par vidéoconférence qu’à Ottawa. Ce qui suit présente un sommaire des activités du GCSM à ce jour :

Centre d’excellence en santé mentale

Le Centre d’excellence en santé mentale, ou CE, a été le principal sujet d’étude du GCSM. Il s’agissait d’une décision réfléchie prise par le GCSM puisqu’il a été vu comme étant potentiellement le plus exigeant en matière de capital des trois priorités et, en partie, comme pouvant chevaucher une partie ou la totalité des deux autres priorités, permettant ainsi de traiter concurremment de ces dernières. Beaucoup de discussions ont eu lieu tant au sein du sous-groupe qu’au sein du GCSM lui-même. Le sous groupe est allé au-delà du GCSM pour solliciter des opinions et des conseils auprès d’autres vétérans ayant suivi des programmes avec succès ainsi que d’autres professionnels en santé mentale ayant une vaste expérience dans le traitement de vétérans et de premiers intervenants. Le sous-groupe procède actuellement à l’élaboration d’un cadre ou modèle de bien-être en santé mentale fondé sur les attributs et les critères ayant été prescrits par le GCSM. Ce cadre éclairera encore davantage les recommandations à l’égard du CE.

Le Centre d’excellence en santé mentale doit :

  • Comprendre un établissement de soins aux patients hospitalisés
  • Comprendre une composante pour patients externes
  • Être axé sur le rétablissement
  • Comprendre une capacité de recherche exhaustive (y compris la recherche fondée sur des données probantes)
  • Être en mesure d’évoluer pour répondre aux besoins de la communauté des vétérans
  • Comprendre des options complémentaires de traitement non traditionnel
  • Être pertinent et sensible d’un point de vue culturel
  • Toucher à d’autres disciplines (c.-à-d., la gestion de la douleur, les dépendances, les blessures physiques) ainsi qu’à la santé mentale par l’intermédiaire d’ententes officielles
  • Être novateur dans son approche à l’égard de la recherche et des services
  • Être accessible à tous les vétérans, à leur famille et à un réseau de soutien
  • Être axé sur les vétérans et intégrer les familles dans tous les aspects des soins
  • Offrir une éducation et de la formation aux vétérans, aux familles, aux prestataires de soins et aux pairs offrant un soutien, et au public (par l’intermédiaire d’éducateurs et des médias)
  • Être soumis à un modèle de gouvernance strict qui inclut au moins un tiers de vétérans
  • Être assujetti à des normes de rendement et de soins rigoureuses

Éducation, counseling et formation

Bien qu’ils ne soient pas traités comme des sujets précis, l’éducation, le counseling et la formation ont été abordés dans le contexte du Centre d’excellence en santé mentale. Le GCSM a déclaré qu’une composante clés du CE doit être l’éducation, le counseling et la formation, non seulement pour les vétérans, mais également pour leur famille et les pairs offrant un soutien et pour les soignants. L’éducation, le counseling et la formation ne s’arrêtent pas au CE. Ils doivent également être mis à la disposition des membres des FAC et de la GRC et de leur famille tout au long de la carrière des membres, à ceux qui fournissent des soins à ces membres et au grand public. Un des rôles du GCSM est de formuler des avis sur les façons de lutter contre la stigmatisation et de lever les barrières aux soins liées à la santé mentale. Cela ne peut être accompli qu’au moyen d’une plus grande sensibilisation du public et des prestataires de soins de santé en général.

Stratégie de prévention du suicide

Il a été troublant d’apprendre que le Canada est la seule nation membre du G7 ne disposant pas d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Cela n’empêche toutefois pas le MDN ou ACC d’en avoir une. Bien qu’il n’y ait pas eu de stratégie claire, ACC a mentionné qu’environ un tiers des interventions prévues dans les plans d’d’action ont été menées à bien. Il a également été troublant d’apprendre qu’il n’y a pas de statistiques finales disponibles sur le suicides chez les vétérans au Canada. Bien que nous ayons souvent entendu « qu’un est un de trop » et qu’on nous demande ce qui serait différent si nous étions au fait du nombre de suicides chez les vétérans, le point sur lequel les vétérans ont insisté est que le nombre est important si nous voulons rehausser la sensibilisation au problème et donc l’attaquer de front. Différents points de vue s’affrontent quant à savoir si la disponibilité de statistiques exactes changerait les priorités et les plans d’action, la dissension s’affichant habituellement entre les vétérans et les professionnels en santé mentale. La lettre de mandat du ministre demande à ce dernier de collaborer avec le ministre de la Défense nationale à l’élaboration d’une stratégie collective de prévention du suicide; toutefois, aucun renseignement n’est attendu à l’égard de cette stratégie, et la façon dont ACC influence cette stratégie n’est pas claire. Alors que le GCSM a été assuré que l’information est constamment communiquée au bureau du sous-ministre, et qu‘ACC a pris les devants pour en maintenir l’élan, des préoccupations ont été exprimées quant à l’absence de visibilité de cette stratégie que le GCSM est censé influencer. Il est également soutenu qu’une stratégie de prévention du suicide chez les vétérans doit être plus étroitement harmonisée à la stratégie nationale qu’une stratégie des FAC; justifiant donc le besoin urgent pour une stratégie nationale de prévention du suicide.

Avis au ministre

Le GCSM poursuivra ses travaux en vue d’affiner ses recommandations pour le CE, l’éducation, le counseling et la formation, et la prévention du suicide avec l’objectif de formuler ces avis au printemps de 2017 ou plus tôt, si l’occasion se présente ou si des tels avis sont demandés par le ministre.

Selon les détails susmentionnés, ce qui suit composera les avis en date de septembre 2017 (sans ordre préétabli) :

  • Les attributs et les critères précisés pour le CE représentent le minimum attendu par la communauté des vétérans. Une recommandation quant aux emplacements géographiques et au nombre (bien que le terme « centre » suppose un seul emplacement, il pourrait être le centre d’un réseau de points de services) a été discutée, mais non débattue ni convenue, et elle n’est pas jugée pertinente pour les avis tant que les attributs et critères sont respectés. Par conséquent, le CE qui en résultera doit respecter tous les attributs et critères énumérés plus haut.
  • L’éducation, le counseling et la formation sont jugés faire partie intégrante du CE. Toutefois, les travaux à ces égards peuvent se poursuivre ou être accélérés et lancés avec le CE lorsqu’il sera opérationnel.
  • La cueillette et l’analyse de données relatives au suicide chez les vétérans constituent une priorité.
  • Si la Stratégie de prévention du suicide doit être une stratégie conjointe entre le MDN et ACC, il conviendrait de communiquer l’ébauche en cours d’élaboration par le MDN et les FAC à ACC afin de connaître les opinions des vétérans retraités.
  • ACC et le MDN doivent encourager le ministère gouvernemental responsable, Santé Canada, à finaliser une stratégie nationale de prévention du suicide qui sera pertinente pour tous les Canadiens, y compris les vétérans.
  • Accélérer la publication de la stratégie d’ACC en matière de santé mentale.

Il est clair que des avis plus détaillés pourrait être fournis à une date ultérieure ou lorsque des renseignements additionnels deviendront disponibles.

Prochaines étapes

Le GCSM continuera d’affiner sa vision du CE et finalisera le cadre ou modèle en santé mentale à titre de composante auxiliaire du CE. Le GCSM continuera également d’améliorer les avis qui s’appliquent aux deux autres priorités (éducation, counseling et formation, et prévention du suicide).

En outre, le GCSM envisage les autres mesures qui pourraient être prises pour lutter contre la stigmatisation des problèmes de santé mentale et retirer les barrières envers les soins au sein de la communauté des vétérans. Cela comprend des mesures préventives plus robustes, une sensibilisation accrue du public, des liens plus étroits avec les organisations de soins de santé, et un meilleur accès aux régions éloignées et insuffisamment servies et, par-dessus tout, une collaboration plus étroite avec les FAC pour permettre une transition plus harmonieuse et l’atténuation des effets déclencheurs.

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