
Villes à l’appui des Forces canadiennes, première partie : Halifax
Dans cette série, nous examinons comment la vie et le travail ont changé dans trois villes du Canada. La première sur la liste : Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Sélection de la langue
EnglishShawn s’est joint aux Forces armées canadiennes à titre de conducteur de soutien mobile en 1980.
Affectations |
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BFC Gagetown 1981-1987 |
BFC Lahr, Allemagne 1987-1991 (4e Bataillon des services) |
BFC Gagetown 1991-1995 |
Rwanda 1995–96 |
BFC Halifax 1996–2001 |
BFC Edmonton 2001–2004 (1er Bataillon des services) |
BFC Kingston 2004–2007 : Muté en Afghanistan en tant que sergent-major de régiment en 2005, et au Liban (Opération Lion) à titre de sergent-major d’escadron en 2006 |
BFC Petawawa 2007–2009 (2e Bataillon des services de transport à titre de sergent-major de compagnie) |
Afghanistan 2009–2010 (Élément de soutien national à titre de sergent-major de régiment) |
BFC Petawawa 2011–2014 (Adjudant-chef du juge-avocat général de la région) |
BFC Détachement Charlottetown 2014–2017 (Adjudant-chef à Anciens Combattants Canada) |
Anciens Combattants Canada, Charlottetown 2017–2019 (Superviseur des arbitres infirmiers) |
L'adjudant-chef (retraité) Shawn Patterson, MMM, CD, a servi au sein des Forces armées canadiennes pendant 37 ans. Fervent défenseur des vétérans, Shawn donne son point de vue sur l'identité des vétérans, sur les difficultés inhérentes à la transition vers la vie civile après le service militaire ainsi que sur les aspects positifs de cette transition.
J'avais seulement 17 ans quand j'ai joint les rangs des Forces armées canadiennes en tant que chauffeur de camion. J'ai adoré être un soldat et j'y excellais. Cependant, assez tôt dans ma vie, j'ai pris conscience du fait que ma vie ne se limitait pas à une carrière militaire. Je savais que je finirais par quitter les FAC et que je deviendrais alors un vétéran.
Qu'est-ce que cela signifie? Qu'est-ce qu'un vétéran? Chaque vétéran a sa propre réponse à ces questions. En premier lieu, vous êtes différent des civils. Ils n'ont jamais été militaires et, pour cette raison, ils n'ont jamais vécu ce que vous avez vécu. En deuxième lieu, vous êtes un vétéran de l'Armée, de la Marine ou de l'Aviation. Nous avons l'habitude de nous dénigrer les uns les autres. Les aviateurs vivent dans des hôtels. Les marins vivent à bord de navires et reçoivent trois repas chauds par jour. Dans l'Armée, nous vivons à la dure. On peut ensuite établir des différences entre les divers groupes professionnels et les diverses branches. Les militaires ayant servi dans les armes de combat estiment toujours avoir vécu des expériences plus éprouvantes et intenses que ceux qui ont servi dans l'échelon arrière, comme moi. Ensuite, la question des déploiements auxquels vous avez pris part se pose. « J'ai fait la Bosnie. » « J'étais au Rwanda. » « J'ai vécu l'Afghanistan. » « Moi aussi. Dans quelle unité as-tu servi? » « Tu n'as pas vu ce que j'ai vu, donc tu ne sais pas de quoi tu parles. »
Peu importe l'unité, le bataillon, le régiment ou la branche où on sert. Le moment venu, nous formons une seule et même équipe. Nous comptons les uns sur les autres. C'est une question d'interdépendance. Les armes de combat sont impuissantes sans la contribution du service logistique, qui leur fournit le matériel dont elles ont besoin. Nous ne pouvons pas fournir de matériel si les spécialistes de la maintenance ne le réparent pas.
Voilà ce qui nous manque tous après notre départ des FAC. L'interdépendance nous manque. Peu importe ce que nous avons fait, nous étions tous liés les uns aux autres et nous comptions tous les uns sur les autres. C'est ce qui faisait de nous une force combattante.
Les FAC prennent des recrues brutes, les lavent de leur individualisme et en font des membres d'une équipe. Vos amis et vous. Tu peux compter sur moi, je peux compter sur toi. Aucune hésitation. Peu importe le groupe professionnel ou la branche. Voilà comment tout commence. Qu'on soit militaire pendant cinq ou 35 ans, le service devient notre normalité. C'est pourquoi les militaires éprouvent tant de difficulté à tourner la page.
J'ai entendu un homme comparer la libération des FAC à être poussé du haut d'une falaise. Le fait de quitter les FAC peut être angoissant, mais la réalité est que la plupart des militaires font la transition vers la vie civile sans difficulté.
J'ai parlé à un autre homme qui a obtenu sa libération des FAC après 21 ans de service. Il m'a demandé : « As-tu trouvé étrange de ne plus être militaire? » Je lui ai répondu : « J'ai éprouvé une drôle de sensation la première journée. J'ai eu l'impression d'avoir retiré mon armure. Je parcourais la ville et, soudainement, j'ai constaté que rien dans mon apparence ne me distinguait des autres personnes. »
Il a rétorqué qu'il n'était pas encore prêt à tourner la page et qu'il pensait devenir réserviste. Je lui ai alors répondu que c'était une excellente idée puisqu'il avait un nouvel objectif.
L'identité d'une personne n'est jamais définie par un seul aspect de sa vie. Il s'agit de la façon dont on se perçoit et des relations qu'on entretient avec les personnes qui nous aiment. Notre identité est en constante évolution. Il en sera toujours ainsi
Le maintien de liens avec le monde militaire peut être important. Je suis très chanceux d'avoir des amis qui ont quitté les FAC trois ou quatre ans avant moi. J'ai pu apprendre de leur expérience et je recommande à tous les vétérans de conserver un réseau de ce type. Une fois encore, c'est de l'interdépendance.
Quand vous quittez les FAC, il n'y a pas de processus permettant de renverser l'endoctrinement par lequel vous êtes passé au début de votre service militaire. Personne ne vous retire l'aspect militaire de votre identité. Personne ne le peut. Une partie de moi sera toujours un soldat et j'en suis fier. Cependant, je sais qu'il est très important de tisser des liens et de créer des relations d'interdépendance à l'extérieur des FAC pendant le processus de transition. On peut le faire à la maison, au travail, dans notre quartier ou à l'échelle de notre ville. J'ai mis l'accent sur ma famille.
Pour beaucoup de militaires, les FAC sont leur principale famille. J'ai déjà expliqué à mon ex-femme que quand elle a choisi de m'épouser, elle a par le fait même choisi d'épouser les Formes armées canadiennes. Disons qu'elle ne voyait pas les choses du même œil. Et elle avait raison. La famille est une relation qu'il faut nourrir. Elle s'inscrit dans l'aspect social de votre bien-être général.
Anciens Combattants Canada parle beaucoup de bien-être. C'est parce que cette notion est au cœur de la réussite de votre transition vers la vie civile après votre carrière militaire. On pense habituellement au bien-être dans un contexte de santé physique et mentale. Pourtant, c'est bien plus que cela. Il s'agit de s'assurer de savoir qu'on a une raison d'être, ce qui peut être une deuxième carrière. Il se peut que vous deviez suivre de la formation pour adapter votre expertise et connaître du succès dans la vie après votre carrière militaire. Le bien-être est aussi associé à un logement sécuritaire et abordable. Bien sûr, il est aussi lié à la sécurité financière et au rôle important que jouent vos relations personnelles et le soutien que vous recevez de votre communauté.
Je sais que je n'ai pas encore vraiment répondu à cette question. Je ne me percevais pas comme un vétéran avant ma deuxième période de service en Afghanistan parce que j'avais toujours associé les vétérans à la guerre. Aujourd'hui, je crois que la meilleure façon de définir un vétéran est de dire qu'il s'agit d'un citoyen qui s'est volontairement enrôlé dans les Forces armées canadiennes, qui s'y est consacré corps et âme et qui les a quittées ou en a été libéré.
Savez-vous ce qu'un vétéran est également? C'est un époux, un parent, un grand-père, un frère ou une sœur, un enfant, un ami, un collègue, un entraîneur, un voisin, un patron, un musicien, un menuisier, un chasseur, un jardinier, un joueur de curling, etc. L'identité d'une personne n'est jamais définie par un seul aspect de sa vie. Il s'agit de la façon dont on se perçoit et des relations qu'on entretient avec les personnes qui nous aiment. Notre identité est en constante évolution. Il en sera toujours ainsi.
Peut-être décrocherez-vous un nouvel emploi après votre libération. Peut-être choisirez-vous de passer davantage de temps avec votre famille. Peut-être retournerez-vous aux études. Peut-être que vous vous occuperez de votre santé. Petit à petit, toutes ces choses façonneront l'identité qui sera la vôtre après votre carrière militaire.
Voici mes conseils :
Date de publication : 2018-10-10
Sources: Shawn Patterson - MMM, CD