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Des héros se racontent présente la campagne d'Italie

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Transcript - Première partie : la Sicile

Gérald Blackett
On a été dans un convoi, pis les sous-marins étaient alentour.

Jeanne Caron-d’Orsonnens
En passant… Gibraltar… pas longtemps après, on nous a avertis que des avions ennemis… bien premièrement des avions non identifiés, pis une deuxième fois ils nous ont dit qu’y’avait une cinquantaine d’avions allemands qui approchaient. J’ai pas besoin de vous dire que là ça c’est passé très, très vite… on a été frappé presque toute d’suite.

Gérald Blackett
Ils ont réussi à percer à travers des bateaux pour pogner notre bateau de… notre bateau d’équipement. Les camions pis tout ça ont été coulé.

J. Marcel Richard
Ça, ça a eu un effet sur tous nous autres parce que nous avons passé nos deux années en Italie, en Sicile et en Italie sans échelon… les véhicules là l’échelon « A ». Alors ça veut dire que nous avons eu le plaisir de transporter beaucoup plus de barda sur nos dos.

Gérald Blackett
Alors quand qu’on a débarqué on n’avait pas d’camions, on a été obligé de marcher.

Léon Rioux
Pis là, là, on n’a pas avancé tout d’suite. On a resté su’l’bord. J’sais pas pourquoi. Là les avions allemands ont arrivé pour bombarder les bateaux. Mais là j’ai trouvé ça beau dans l’fond. Les bateaux de droite tiraient vers la gauche pis les bateaux d’la gauche tiraient vers la droite pis les bateaux du centre tiraient vers le haut. Ils t’ont fait un barrage, pis les avions allemands quand qu’ils venaient pour bombarder ils s’faisaient pogner dans l’barrage ou bien donc ils reviraient d’bord. Hé c’était bon ! Ça a tiré tellement là que les éclats d’obus là, ça a tombé partout. Bien j’ai dit « Moi là j’pourrai jamais passer à travers de d’ça. » Là j’étais résigné, j’ai dit « C’est pas mêlant… m’a m’faire tuer certain… » Non, j’étais résigné là, pis c’est drôle j’avais pas peur.

Gérald Blackett
C’est une expérience que j’voudrais pas vivre de nouveau, malgré qu’il y avait pas beaucoup d’ennemis sur la plage.

Jeanne Caron-d’Orsonnens
On a perdu des bons amis là qu’on voyait tout l’temps, on en a perdu au débarquement d’Sicile. La guerre devenait pas mal plus triste pas mal plus difficile dans ce moment là et puis… eux ils ont… il y en a qui ont été tués en débarquant… des bateaux. Ils ont même pas été capables de débarquer.

Hormidas “Bill” Larivière
Là, a fallu penser où est-ce que c’est qu’on va prendre du transport. Fait que… ils ont dit « Bien les Italiens, ils en ont du transport. » Fait qu’on avait des gros « trucks » italiens, qu’on a eu là, à mesure qu’on s’emparait de différentes places.

Jacques Chouinard
Mes premiers jours en Sicile ont été de curiosité beaucoup plus que d’autre chose, à voir la destruction qui existait… à gauche pis à droite, dans chaque p’tit village qu’on passait, y’avait plus rien, c’était le désastre.

Léonard Gionet
Le plus dur, moi, c’était les enfants. Les enfants ça faisait pitié les enfants. T’as des familles complètes là… détruites là dans… dans la maison là. C’est pas drôle. Les enfants surtout là, ils étaient… où est-ce que les Canadiens étaient pour manger, nous autres on mangeait tout l’temps dehors, pis quand ils venaient, ils ramassaient… ils mangeaient dans les poubelles. Quinze, vingt, vingt-cinq enfants qui v’naient avec des p‘tites chaudières là le matin, pour manger des les poubelles. Ils allaient dans les poubelles pis ils fouillaient dans les poubelles. Hé ! C’est pas drôle ces affaires-là, ça fait pitié dans ce temps-là.

André Bernardin
Une affaire que j’ai vue. Jamais j’vais parler de ça… Une femme qui avait un p’tit d’un an et demi dans son bras, dans ses bras, pis elle est après le nourrir pis il y a une bombe qui a éclaté pas loin d’eux autres pis y’avait un gros trou dans l’enfant pis dans la femme, dans l’estomac aussi elle a eu un gros trou. Ils étaient morts tous les deux. Sontaient à terre là, t’sais j’veux dire, c’était dur, ça c’était dur de voir un enfant mort là avec sa mère là ça… c’était « tough. »

Léonard Gionet
C’est difficile à s’habituer. La guerre c’est toujours la guerre. N’importe où c’qu’il y a d’la guerre… hein, c’est d’la peine pis… des affaires de même… du désastre.

André Bernardin
On s’est battu avec les Italiens pour à peu près deux, trois semaines. Mais, les Italiens c’étaient pas des batailleurs.

Hormidas “Bill” Larivière
Quand t’allais au déjeuner. Au déjeuner, ils nous bombardaient toujours, toujours…

Pierre Potvin
On avait… un camion quinze cents avec tout le… avec tous nos… nos « pack sacks » pis tous nos ustensiles, pis pendant qu’on attaquait, les Allemands ont fait sauter l’camion, alors on a été une « couple » de semaines là qu’on ouvrait les… les boîtes de conserve pis qu’on mangeait avec le couvert d’la boîte, on n’avait pas d’ustensiles ni rien. On a été obligé d’emprunter à… à l’autre compagnie des instruments pour s’faire la barbe pis ces affaires-là, parce qu’au régiment il fallait absolument, même en action, fallait s’faire la barbe… c’était très stricte là-dessus.

Hormidas “Bill” Larivière
Fait que là, y’en a plusieurs gars, moi j’en étais un d’ceux, qu’on a eu… on était énervé pas mal… on a eu la diarrhée. Pis c’qui nous a pas aidés, notre diarrhée, c’est qu’en Sicile il y avait du raisin. Pis ça traînait tout partout su les clôtures. Ça, ça l’a pas aidé la diarrhée ! Pis nos gourdes, bien on mettait pas d’l’eau dedans, on mettait du « vino », t’sais j’veux dire et puis ça… ça automatiquement… t’en prenais une « drop » icitte et là mais n’empêche pareille… mais ça, ça l’aidait, ça l’aidait pas mal, t’sais j’veux dire, ça… ça t’empêchait, m’a dire comme on dit, de « shaker. »

J. Marcel Richard
La chaleur en Sicile, nous ne sommes pas faits nous autres un tas de Canadien français habitués à six pieds d’neige l’hiver et tout l’reste, pis arriver en Sicile à quarante Celsius avec de l’humidité que la mer Méditerranée fournissait amplement avec les vents. Ça moi ça m’avait vraiment frappé. C’était dur et il y a des gars qui tombaient.

Hormidas “Bill” Larivière
Y’a assez que quand qu’on était en Sicile là, sur les convois là pis tout ça… la poussière c’est d’la craie hein qu’il y a là en Sicile. Fallait se mettre un… un chose ici pis ça venait toute une pâte… ici hein, pis on mettait un… parce que tu respirais ça, hein.

Léonard Gionet
Finalement, la guerre finie en Sicile, pis là bien on a été encampé là dans les orangers.

Ralph Wallace
Pis ensuite, on faisait… tout ce qu’on faisait c’était des exercices. Des « route marchs » le matin pis des exercices le lendemain pis toutes des affaires de même pour à s’tiendre allé avant qu’on a embarqué sur l’Italie.

Jacques Chouinard
La campagne de Sicile… a été une campagne qui a demandé un effort physique, évidemment, il y a eu des tués, il y a eu des blessés, c’est sûr. C’était dangereux c’est sûre. Mais ça n’a pas été le carnage comme on a vu par la suite ailleurs… en Europe centrale.

Jeanne Caron-d’Orsonnens
Ça a pas été long, non… moi j’pensais qu’c’était plus long que ça, mais ils sont arrivé au mois de juillet pis ils sont revenus en Italie après… D’abord c’était le but de l’affaire, c’était pas d’rester en Sicile évidement, c’était d’aller en Sicile pour débarquer en Italie après.

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