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Balkans phase 3

Les efforts de l’OTAN dans les Balkans

Des avions de combat des Forces armées canadiennes participent à des frappes aériennes de l’OTAN au Kosovo. Ils y voient certains des combats les plus acharnés depuis la guerre de Corée.

De mars 1999 à avril 2004


Balkans

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord prend la relève

Le mandat initial de la FORPRONU a pris fin au printemps de 1995. Trois forces multinationales différentes ont pris le relais dans les Balkans. Deux étaient en Macédoine et en Croatie. Une FORPRONU restructurée a poursuivi ses activités en Bosnie-Herzégovine. En décembre, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) avait pris en charge la plupart des fonctions de soutien de la paix dans la région. Les membres des FAC ont continué de servir dans les Balkans, mais dès lors dans le cadre d’une nouvelle mission de l’OTAN.

Un hélicoptère CH146 Griffon du 408e Escadron d'hélicoptères tactiques de la BFC Edmonton survole les ruines d'un ancien château, près de Velika Kladusa (Bosnie-Herzégovine), avec la force d'intervention rapide à son bord. Photo : Ministère de la Défense nationale

Force de mise en œuvre de l’OTAN

L’Accord de paix de Dayton de décembre 1995 a fixé les conditions pour mettre fin aux combats en Bosnie-Herzégovine. Une force multinationale de mise en œuvre de la paix a patrouillé les lignes de cessez-le-feu et les autres frontières. Elle a contribué à assurer la sécurité des citoyens, à aider les forces policières locales et à surveiller les élections. La Force de mise en œuvre a également aidé les réfugiés à retourner chez eux et à rebâtir l’économie.

Plus de 1 000 membres des FAC ont servi au sein de la Force de mise en œuvre dans de nombreux rôles. Cela comprenait un groupe du quartier général, un escadron de reconnaissance, une compagnie d’infanterie mécanisée, un escadron du génie et des éléments de commandement et de soutien.

Force de stabilisation de l’OTAN

La Force de stabilisation a été la phase suivante des efforts de soutien de la paix de l’OTAN en Bosnie Herzégovine. Formée en décembre 1996, elle a vu des troupes multinationales de soutien de la paix patrouiller dans le pays. Elle a contribué à l’établissement d’une paix durable dans ce pays déchiré par la guerre. Son objectif était de participer à la création d’un pays démocratique qui soutiendrait le processus de paix sans l’aide des forces multinationales de soutien de la paix. Quelque 1 200 membres des FAC allaient servir au sein de la Force de stabilisation.

Plongeur des Forces canadiennes à Zgon (Bosnie-Herzégovine). Photo : Ministère de la Défense nationale

Les troubles au Kosovo

En 1998, l’armée serbe et les Albanais locaux ont commencé à se battre au Kosovo. Malgré les tentatives de l’OTAN de faire respecter la paix, la violence s’est poursuivie. L’armée serbe a attaqué à plusieurs reprises des civils albanais au Kosovo. L’OTAN a menacé d’engager une action militaire contre les Serbes si un cessez-le-feu durable n’était pas signé. Lorsque les négociations ont échoué, les forces de l’OTAN ont lancé une campagne aérienne.

Opération Force alliée

L’opération Force alliée était le nom de code donné à la campagne de bombardement de l’OTAN au Kosovo. Son objectif était de chasser l’armée serbe du Kosovo. En mars 1999, le Canada a engagé six chasseurs CF-18, un nombre qui est passé à 18 à la fin de la mission. Les avions de combat canadiens représentaient 10 p. 100 des missions effectuées au Kosovo. C’était la première fois que des pilotes canadiens effectuaient des missions de combat depuis la guerre de Corée.

Opération Harmony, Sarajevo. Le Soldat Pierre Lévesque à l'aéroport de Sarajevo. Photo : Ministère de la Défense nationale

Cessez-le-feu

La campagne de bombardement de l’OTAN a fait beaucoup de dégâts et a fait des ravages parmi les forces serbes au Kosovo. Dans ses plans pour mettre fin aux bombardements, l’OTAN a déployé des forces terrestres au Kosovo et en Macédoine. En juin, les forces serbes ont accepté un accord de cessez le feu et la Force pour le Kosovo de l’OTAN est entrée en fonction.

Le rôle du Canada au sein de la Force pour le Kosovo

Dans un premier temps, le Canada a affecté environ 800 soldats de soutien de la paix à la Force pour le Kosovo, mais il en a rapidement ajouté 500. Les Canadiens ont aidé à maintenir la paix fragile, ont protégé les civils et ont fourni un soutien en matière de reconnaissance. Les FAC ont déployé un escadron de reconnaissance blindé, un escadron tactique d’hélicoptères, un escadron du génie, un groupement tactique d’infanterie et des éléments de commandement et de soutien logistique.

Ils ont mené des patrouilles et surveillé les activités. Nos soldats ont également réalisé de nombreux projets d’aide humanitaire au Kosovo. Ils ont reconstruit des écoles et des installations médicales endommagées. Ils ont installé de petits ponts et aménagé des aires de jeux pour les enfants de la région.

En décembre 1999, les premiers Canadiens à servir au sein de la Force pour le Kosovo ont été remplacés. En juin 2000, la plupart des militaires canadiens étaient partis.

Les Caporaux Rob Serjeant (à gauche) et Rob Majore nettoient des débris sur une route près de Kiseljak (Bosnie-Herzégovine). Le Sergent Pat Gear, au fond, supervise le travail de l'excavatrice Drott. Photo : Ministère de la Défense nationale

Sur le chemin de la paix

En décembre 2003, la situation en Bosnie s’était améliorée. L’OTAN a réduit la taille de la Force pour le Kosovo et le contingent canadien est tombé à environ 650 personnes en avril 2004. La Force de l’Union européenne a dirigé les troupes multinationales de soutien de la paix à la fin de 2004. Au fur et à mesure que la mission a évolué vers cette nouvelle forme, le nombre de membres des FAC dans le pays a baissé à moins de 85.

Une équipe de liaison et d’observation a dirigé le rôle du Canada au sein de la Force de l’Union européenne. Ces troupes sont restées en contact étroit avec les autorités locales, les services de police, les dirigeants communautaires et les unités de l’armée. Elles ont contribué au développement d’une société pacifique, à la collecte d’armes illégales et à la prévention de la contrebande. Alors qu’une paix durable prenait racine, les FAC ont retiré leurs dernières troupes de Bosnie-Herzégovine en 2007.

Une poignée de membres des FAC sont encore en service dans les Balkans aujourd’hui. La région s’est redressée après les guerres civiles dévastatrices qui ont ravagé l’ex-Yougoslavie au début des années 1990. Près de 40 000 Casques bleus canadiens y ont servi au fil des ans. Ils ont joué un rôle majeur dans la réalisation de cette sécurité et de cette stabilité durement gagnées.

Policiers militaires des Forces armées canadiennes se préparant pour des patrouilles à Zgon en Bosnie-Herzégovine. (Photo : Caporal-chef Bernie Tessier. Ministère de la Défense nationale ZN2004-003-003)

Sacrifices

Les Canadiens peuvent être fiers de la réputation de notre pays dans le monde en tant que force de paix, mais cela a un prix. Environ 130 Canadiens sont morts au cours d’opérations internationales de soutien de la paix. Dans les Balkans, 23 de nos militaires ont perdu la vie et beaucoup d’autres ont été blessés.

Les blessures des gardiens de la paix ne sont pas toujours causées par des tirs hostiles, des mines terrestres ou des accidents. Parfois, les cicatrices du service sont psychologiques. Les efforts militaires du Canada dans les Balkans ont été particulièrement difficiles pour nos soldats. Les crimes de guerre et les atrocités commis contre la population civile ont été horribles. Le fait d’être témoin de brutalité de cette ampleur contre des êtres humains a de profondes répercussions.


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