Les Forces armées canadiennes au Cambodge

Introduction

Camions des Nations Unies sortant de la base des Forces armées canadiennes au Cambodge.

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Plus d’un millier de Canadiens ont contribué à stabiliser et à reconstruire le Cambodge au cours de quatre missions de soutien de la paix réparties entre 1954 et 2000.

Le Cambodge

Le Cambodge est un pays tropical situé en Asie du Sud-Est. Il a une superficie d’environ 180 000 km2 (soit trois fois celle de la Nouvelle-Écosse) et une population de plus de 14 millions d’habitants. C’est un pays humide et chaud, mais aussi très pauvre. Pays frontalier avec le Vietnam, le Laos et la Thaïlande, le Cambodge faisait auparavant partie de l’Indochine française, une colonie de la France fondée dans les années 1800 et dissoute dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

Le Cambodge a acquis sa souveraineté à la fin du règne colonial, mais la lutte pour le pouvoir qui s’en est suivie, la guerre du Vietnam (qui s’est étendue jusqu’au Cambodge à un certain moment) et un coup d’état militaire ont résulté en des dissensions internes constantes. La faction des Khmers rouges a pris le pouvoir en 1975, et a changé le nom du pays en Kampuchéa. Sous son régime communiste, environ deux millions de Cambodgiens sont morts de famine, de maladie, de travail forcé et lors d’exécutions. Après quatre années de terreur, le gouvernement a été renversé suite à une invasion du Vietnam voisin, qui a ainsi pris le contrôle d’une bonne partie du pays. Des groupes de résistance se sont battus pour le contrôle, et la violence a continué. Lorsque le Vietnam a annoncé qu’il se retirerait enfin du pays vers la fin des années 1980, une nouvelle page de l’histoire du Cambodge s’est ouverte. Le Canada et la communauté internationale joueraient un rôle important dans l’avènement de cette nouvelle page.

L’intervention du Canada et de la communauté internationale

Les premières actions de notre pays au Cambodge ont commencé en 1954 lorsqu’environ 30 Canadiens y sont allés en tant que membres de la Commission internationale de surveillance et de contrôle (CISC). La mission militaire avait été mise en place par la communauté internationale en vue d’aider l’Indochine française à traverser la dure période de transition pour se diviser en trois pays, soit le Cambodge, le Laos et le Vietnam. Les Canadiens qui ont servi au Cambodge ont aidé au maintien de l’ordre et de la supervision du retrait des forces coloniales françaises et de celles des pays voisins. Les forces internationales ont aussi veillé à la non violation des frontières dans cette région instable, et supervisé les premières élections dans le nouveau pays. La mission de la CISC s’est bientôt vue réduite et, après quelques années, il n’y est resté qu’un petit nombre de Canadiens jusqu’à la fin de la mission en 1969.

Les membres des Forces armées canadiennes sont repartis au Cambodge vers la fin de 1991 dans le cadre des efforts de la communauté internationale pour aider le pays déchiré par la guerre après les horreurs perpétrées par le régime des Khmers rouges, l’occupation vietnamienne et la guerre civile. La Mission préparatoire des Nations Unies au Cambodge (MIPRENUC) avait reçu pour feuille de route d’aider à la mise en œuvre d’un accord de paix qui a été finalement atteint, ce qui a préparé le chemin à une mission plus grande des Nations Unies. Les Canadiens ont fait partie de cette mission préparatoire. Ils ont aidé dans la supervision du délicat cessez-le-feu, dans la détection de mines et dans le déminage. D’ailleurs, les ingénieurs militaires canadiens ont joué un rôle important dans les missions de déminage, dans ce pays où, après des décennies de conflit, des millions de mines étaient enfouies.

Au début de 1992, la gigantesque mission de l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC) a débuté. Plus de 20 000 gardiens de la paix ont aidé à contrôler le cessez-le-feu, à désarmer les parties belligérantes et à superviser le rapatriement des centaines de milliers de refugiés cambodgiens pour qu’ils prennent part aux élections nationales. Environ 700 membres des Forces armées canadiennes ont servi dans le cadre de l’APRONUC entre février 1992 et septembre 1993. Bien qu’ils formaient un petit nombre de l’effectif des forces onusiennes, les Canadiens expérimentés disposaient d’une expertise considérable en maintien de la paix qu’ils ont partagée. Les quelque 240 membres des Forces armées canadiennes qui y ont servi à un moment ou à un autre ont exercé plusieurs rôles. Une première tâche difficile a été de transporter les ravitaillements et les milliers de membres du personnel des Nations Unies à l’intérieur d’un pays qui voyait encore des activités de la guérilla et du brigandage généralisé dans certaines régions. La 92e Compagnie de transport a livré de la nourriture, du carburant, du gaz naturel, du matériel pour les élections et d’autres biens nécessaires au personnel des Nations Unies. Les Canadiens ont aussi apporté d’autres soutiens logistiques, tels que la recherche et la fourniture de logement pour les nombreux contingents onusiens venant de plusieurs pays et parlant différentes langues. Trente marins canadiens ont aussi servi dans le détachement naval des Nations Unies qui faisait des patrouilles sur le Golfe de la Thaïlande et la rivière du Mekong, contrôlant les mouvements des refugiés, les violations du cessez-le-feu, les contrebandiers et les bandits. En outre, environ 40 officiers canadiens ont servi au sein du commandement des Nations Unies dans le pays.

La mission de l’APRONUC a pris fin vers la fin de 1993, mais quelques membres des Forces armées canadiennes sont vite retournés au pays pour travailler avec le Cambodia Mine Action Centre. Entre 1994 et 2000, plus de 60 membres des Forces armées canadiennes ont contribué à repérer et à déminer les champs de mines meurtriers. Il s’agit d’une tâche que les Nations Unies poursuivent à ce jour.

Faits et chiffres

  • L’APRONUC a été l’une des plus grandes opérations de maintien de la paix entreprises par les Nations Unies, avec plus de 20 000 militaires et policiers en provenance de plus de quarante pays.
  • Bon nombre des Canadiens travaillant avec l’APRONUC étaient bilingues, ce qui était un grand atout dans la mesure où l’anglais et le français étaient les langues d’un grand nombre des pays qui envoyaient des contingents pour les troupes des Nations Unies. Quelques Cambodgiens parlaient encore le français, le résultat de décennies de règne colonial.
  • Le Cambodge a l’une des plus fortes concentrations de champs de mines au monde. Environ quatre à six millions de mines ont provoqué la mort de quelque 15 000 personnes et blessé plus de 120 000 autres.

Héros et braves

Les membres des Forces armées canadiennes endurent de nombreuses difficultés au cours de leurs missions de soutien de la paix. Bien qu’ils n’aient pas connu d’incidents majeurs de violence au Cambodge, les forces de guérilla et les bandits ont parfois menacé et attaqué les forces onusiennes. C’était éprouvant d’être témoin de la pauvreté, de la violence et de la destruction au Cambodge, tout en faisant face à des températures extrêmes, à l’humidité, aux araignées et aux serpents venimeux, au brigandage, à l’eau potable contaminée, à la dysenterie et au paludisme. Accomplir une mission dans de telles conditions durant une affectation de six mois ou plus demande une grande endurance et du courage. Mais les Canadiens qui prennent part à ces missions vont souvent au-delà de l’appel du devoir. Au Cambodge, ils ont aussi mis leurs ressources et leurs compétences au profit des populations locales, par exemple en distribuant des jouets aux enfants et en travaillant dans le Centre pour enfants de la « Maison du Canada ».

Sacrifices

Un équipage des Forces armées canadiennes à bord d'un bateau de patrouille des Nations Unies au Cambodge.

Les membres des Forces armées canadiennes connaissent bien les sacrifices qui accompagnent les récompenses lorsqu’ils participent aux missions internationales de soutien de la paix. Les tirs hostiles et les champs de mines sont peut-être les dangers les plus évidents dans une zone de conflit, mais ils ne sont pas les seuls. Les accidents, les maladies mystérieuses et les effets psychologiques résultant des conditions sévères auxquelles sont exposées ces personnes font aussi de nombreuses victimes, ce qui peut laisser des traces à vie. Un membre des Forces armées canadiennes est mort au Cambodge. Environ 130 gardiens de la paix canadiens ont perdu la vie au cours des années pour les opérations de soutien de la paix.

Programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient, d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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