Seconde Guerre mondiale

Corvette de la classe Flower NCSM  Arrowhead en 1940.

Corvette de la classe Flower NCSM Arrowhead en 1940. Photo: DND

La MRC a connu une expansion importante pendant la Seconde Guerre mondiale. Au début de cette guerre, la MRC était une force modeste composée de 3 500 officiers et militaires du rang (de la Force régulière et de la Force de réserve) et de six navires océaniques. Elle est toutefois devenue une force de combat apte et importante. Cette croissance était nécessaire, car on a immédiatement demandé à la Marine canadienne d’apporter son aide. En effet, les efforts de guerre du Canada lors des deux premières années du conflit étaient principalement déployés par la Marine, car les U-boot allemands ont tenté de nouveau de bloquer le ravitaillement des forces alliées en attaquant les navires marchands alliés. Les marines alliées devaient trouver un moyen de protéger les navires marchands traversant l’océan Atlantique afin que le ravitaillement puisse atteindre l’Europe.  

La bataille de l’Atlantique a été la plus longue et l’une des plus importantes campagnes de la Seconde Guerre mondiale : elle a commencé le premier jour de la guerre en 1939 et s’est terminée le dernier jour de la guerre en Europe en 1945. Le Canada a joué un rôle majeur, car la MRC avait la responsabilité d’escorter les convois dans l’Atlantique Nord-Ouest. C’était le seul théâtre majeur de la guerre à être commandé par des Canadiens. Lors de ce conflit, les Allemands ont étendu la guerre jusqu’aux côtes du Canada. Les U-boot sont même parvenus à se rendre assez loin dans le golfe du Saint- Laurent et le fleuve Saint-Laurent.

Quelques U-boot allemands, y compris le U-130, qui se trouve au large de la côte de la Nouvelle-Écosse sur cette photo, se sont rendus à la MRC après la fin de la guerre, en mai 1945.

Quelques U-boot allemands, y compris le U-130, qui se trouve au large de la côte de la Nouvelle-Écosse sur cette photo, se sont rendus à la MRC après la fin de la guerre, en mai 1945. Photo: LAC PA-171391

Cette bataille a été difficile, mais grâce au courage de la MRC et à l’adoption de nouvelles technologies et tactiques, le Canada a aidé les forces alliées à remporter la bataille de l’Atlantique. Plus de 25 000 navires marchands ont pu se rendre à destination en sécurité grâce à une escorte canadienne; ceux-ci ont pu apporter 165 millions de tonnes de matériel de guerre essentiel en Europe. La MRC a coulé ou a aidé à couler plus de 30 U-boot, mais à un prix élevé. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la MRC a perdu 14 navires de guerre en raison d’attaques ennemies et 8 autres en raison d’accidents maritimes entraînant la mort d’environ 2 000 hommes.

Les navires de la MRC ont également servi de diverses façons pendant la guerre. Ils ont combattu les Japonais sur l’océan Pacifique et ont pris part à différentes sortes d’opérations militaires dans les eaux au large de l’Europe, telles que les patrouilles et le dragage des mines dans la Manche et l’appui des débarquements alliés en Normandie, en Sicile, en Italie continentale et au sud de la France.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada avait une des marines les plus importantes au monde. Celle-ci était composée de 95 000 hommes et femmes en uniformes et de 434 navires en service comprenant des croiseurs, des destroyers, des frégates, des corvettes et des navires auxiliaires. Cette croissance considérable symbolise la quantité d’efforts que les Canadiens ont déployés dans la lutte pour la paix et la liberté dans cette guerre qui fut la plus importante de l’histoire.

Le saviez-vous?

Wrens à l’école d’instruction des signaux de Saint-Hyacinthe, au Québec, en 1944.
Wrens à l’école d’instruction des signaux de Saint-Hyacinthe, au Québec, en 1944. Photo: LAC PA-150940

Les femmes canadiennes ont servi pour la première fois dans la MRC lors de la Seconde Guerre mondiale. Le Service féminin de la Marine royale du Canada (WRCNS), dont les membres étaient communément appelés WREN (diminutif anglais de Womens Royal Navy) a été lancé en 1942 dans le but de recruter des femmes qui occuperaient des postes de soutien dans la Marine afin qu’il y ait plus d’hommes disponibles pour le service en mer. Les Wrens accomplissaient à peu près le même genre de tâches que les hommes (excepté pour le service en mer sur les navires de guerre) : elles entretenaient l’équipement et les aéronefs anti-sous-marin, elles assumaient des rôles de communication et conduisaient des véhicules. À la fin de la guerre, il y avait environ 6 000 femmes dans la Marine. Environ 1 000 Wrens ont servi outremer, pour la plupart en Irlande du Nord et en Écosse, et plus de 500 ont servi à Terre-Neuve, qui ne faisait pas encore partie du Canada.

Le saviez-vous?

Emblème non officiel de l’abri de canon du NCSM  Shawinigan.
Emblème non officiel de l’abri de canon du NCSM Shawinigan. Photo : MDN O-893-500

Afin de renforcer le moral des équipages et d’instaurer un sentiment d’identité au sein de chaque navire lors de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des corvettes de la MRC (escorteurs anti-sous-marin) avaient leur propre emblème peint sur leurs abris de canon. La fierté et la créativité étaient les éléments clés, il existait donc une grande variété de créations. L’équipage du NCSM Sackville avait Donald Duck pour emblème alors que le NCSM Summerside avait Mickey Mouse et le NCSM Shawinigan avait un bulldog qui déchirait le drapeau nazi.

Le saviez-vous?

Lieutenant Robert Hampton Gray, prise lors de la remise de diplômes de pilote, en septembre 1941.  Photo: Nelson Museum, Nelson (C.-B.)
Lieutenant Robert Hampton Gray, prise lors de la remise de diplômes de pilote, en septembre 1941. Photo: Nelson Museum, Nelson (C.-B.)

Le Lieutenant Robert Hampton Gray de la Réserve de volontaires de la Marine royale du Canada s’est vu remettre la Croix de Victoria (la décoration de vaillance militaire la plus prestigieuse qu’un Canadien peut recevoir) lors des derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. Gray occupait un poste de pilote à bord du porte-avion britannique NSM Formidable dans l’océan Pacifique le 9 août 1945 lorsqu’il a dirigé une attaque à basse altitude contre un destroyer japonais. Bravant les puissants tirs antiaériens et faisant fi de son avion en flammes, il a continué à son approche et a lâché ses bombes à 15 mètres du navire ennemi. Il l’a atteint directement et celui-ci a immédiatement coulé. Gray n’a pas survécu à l’attaque; il est le dernier Canadien à être mort au combat pendant la Seconde Guerre mondiale et le dernier Canadien à avoir reçu la Croix de Victoria.

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