Les Forces armées canadiennes au Rwanda

Introduction

Les membres des Forces armées canadiennes empilent des sacs de sable.

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Être membre des Forces armées canadiennes n'est pas un travail comme les autres. Les dangers et les menaces qui vont de pair avec la profession sont difficiles à comprendre pour les gens qui n'en ont pas fait personnellement l'expérience. Les situations auxquelles ont été confrontés les Canadiens et les Canadiennes ayant servi dans le cadre de missions de maintien de la paix des Nations Unies (ONU) au Rwanda de 1993 à 1996 sont un exemple de premier choix de ces défis particuliers. Plus de 400 militaires canadiens s'y trouvaient par moments au milieu de certaines des pires violences qu'on pourrait imaginer, tout en prenant part à des opérations internationales de maintien de la paix pour tenter d'apporter une certaine stabilité à ce pays africain en difficulté.

Rwanda

Le Rwanda est un petit pays rural d'Afrique centrale. Ce pays densément peuplé a une superficie d'environ 26 000 kilomètres carrés (ce qui correspond à la moitié à peu près de celle de la Nouvelle-Écosse) et une population d'approximativement huit millions d'habitants.

Depuis des siècles, deux tribus composent la grande majorité de la population du pays : les Hutus et les Tutsis. Les Tutsis, même s'ils étaient minoritaires, ont dominé l'économie et la politique du Rwanda pendant des siècles. En 1960, les Hutus, majoritaires, se sont révoltés et ont obligé le roi des Tutsis et des centaines de milliers de Tutsis à s'enfuir du pays lors du soulèvement qui s'en est suivi.

Le Rwanda a acquis son indépendance en 1961, mais les troubles se sont poursuivis. Certains des Tutsis qui avaient fui le pays ont formé des groupes de rebelles et essayé à maintes reprises de faire un retour armé au Rwanda, ce qui a mené à une recrudescence de la violence et des tensions ethniques. Au début des années 90, ces tensions ont atteint des sommets dramatiques. La violence s'est répandue et la situation à l'intérieur du pays s'est transformée en une guerre civile à grande échelle.

Communauté internationale réagit

Face à cette agitation, le Canada et d'autres pays membres de l'ONU ont tenté de mettre fin au bain de sang et de rétablir l'ordre. L'ONU s'est engagée de 1993 à 1996 dans plusieurs missions de maintien de la paix au Rwanda, dont la plus importante a été la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda (MINUAR), dans le cadre de laquelle le Canada a joué un rôle de premier plan. Deux Canadiens ont servi au Rwanda durant cette mission comme commandants de la mission des Nations Unies : le major-général Roméo Dallaire et le major-général Guy Tousignant.

Malgré la mission des Nations Unies au Rwanda, la situation déplorable du pays s'est transformée en cauchemar en avril 1994. Les Hutus ont commencé à massacrer des centaines de milliers de Tutsis et de Hutus modérés. Les soldats de l'ONU ont fait ce qu'ils pouvaient dans ce climat chaotique de tueries et de mutilations généralisées, mais ils étaient trop peu nombreux et paralysés par leur mandat limité; ils n'ont pu, finalement, empêcher les pires atrocités. Les Forces armées canadiennes et d'autres forces de l'ONU sont demeurées un certain temps au Rwanda pour tenter d'aider ce dernier en y effectuant des opérations humanitaires, de déminage et de réinstallation des réfugiés avant de quitter en 1996 le pays alors dévasté.

Le Rwanda souffre encore aujourd'hui d'instabilité et de flambées de violence, tout en luttant pour venir à bout de l'héritage de son terrible passé. La guerre civile, le génocide et les soulèvements massifs de réfugiés ont encore des répercussions sur le pays plus d'une décennie après les événements ici évoqués.

Faits et chiffres

  • On estime que le génocide au Rwanda a fait entre un demi-million et un million de victimes, sans compter des millions de sans-abri et de personnes déplacées.
  • Depuis le génocide, le monde entier s'est rendu compte de l'ampleur des événements épouvantables survenus dans le pays. Pour commémorer le 10e anniversaire du début du génocide rwandais, le 7 avril 2004 a été proclamé Journée internationale de la réflexion.

Héros et braves

Le major Brent Beardsley, l'adjoint militaire au Commandant de la Force de la mission des Nations Unies au Rwanda, s'est vu décerner la Croix du service méritoire pour avoir affronté des groupes de civils armés et hostiles et de soldats rebelles afin de sauver des gens qui étaient menacés par la populace. Il a fendu des foules déchaînées pour éviter à une famille d'être assaillie, pour empêcher un médecin et une infirmière d'être agressés, pour amener un homme grièvement blessé à l'hôpital et pour escorter le Commandant de la Force des Nations Unies à son quartier général.

Le major-général Roméo Dallaire s'est vu décerner la Croix du service méritoire pour ses efforts en qualité de chef de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Rwanda en 1993-94. Il s'est employé bravement et sans relâche, souvent dans des conditions très périlleuses, à négocier des cessez-le-feu et à tenter de réduire l'agitation qui régnait à l'intérieur du pays. Il s'est efforcé d'obtenir plus d'aide des Nations Unies pour essayer d'empêcher le génocide qui, craignait-il, se profilait. Dans le torrent de meurtres qui s'est déchaîné sur le pays, il a réussi à faire évacuer bien des étrangers et à sauver la vie de milliers de Rwandais grâce à ses interventions.

Le major-général Guy Tousignant a reçu la Croix du service méritoire pour ses actions en tant que commandant de la force prenant part à la mission des Nations Unies au Rwanda en 1994-1995. Il a fait preuve de leadership, de courage et de professionnalisme lors de négociations délicates impliquant des factions rivales durant une période de grand trouble. Le travail du major-général Tousignant auprès des représentants officiels du gouvernement du Rwanda a facilité le retour sécuritaire de milliers de réfugiés.

Sacrifices

Un soldat canadien lave un enfant au Rwanda.

Quand ils s'engagent dans une mission de maintien de la paix, les membres des Forces armées canadiennes s'exposent à des situations dangereuses où les risques sont très réels. Environ 130 militaires canadiens sont morts au cours de missions de maintien de la paix en pays étrangers, dont un au Rwanda.

Lorsqu'ils pensent au « maintien de la paix », les gens ne se rendent peut-être pas compte à quel point il est souvent difficile de maintenir le peu qu'il en reste. Au Rwanda, les membres des Forces armées canadiennes se sont retrouvés au milieu d'une zone de conflit chaotique où les dangers et les bains de sang étaient omniprésents.

Les tirs hostiles, les foules violentes et les accidents d'automobile posaient tous des risques pour les Canadiens au Rwanda, mais il y avait également d'autres dangers. Les blessures propres aux opérations de maintien de la paix ne sont pas toujours les blessures physiques évidentes particulières à une zone de guerre. La brutalité humaine la plus horrible marque profondément et durablement ceux qui en sont témoin. Ce fut l'une des plus graves séquelles de la mission de soutien de la paix du Canada au Rwanda. Certains des anciens combattants qui y ont servi souffrent depuis d'un grave trouble affectif, appelé syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

Les anciens combattants des Forces armées canadiennes ont fièrement perpétué la tradition établie il y a bien des années par les anciens combattants canadiens de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Le Canada a participé à la grande majorité des missions de maintien de la paix dans lesquelles l'ONU s'est engagée au fil des ans, ce qui a fait de lui l'un des principaux pays s'efforçant de maintenir la paix partout dans le monde. Comme les anciens combattants qui ont combattu lors de ces conflits, les anciens combattants des Forces armées canadiennes ont accompli de grands exploits et consenti de lourds sacrifices pour protéger la paix et la liberté dans le monde entier.

Programme le Canada se souvient

Le fait de connaître les valeurs et l'histoire du Canada nous aide à comprendre le pays dans lequel nous vivons aujourd'hui et comment nous pouvons ensemble bâtir notre avenir. Le programme Le Canada se souvient d'Anciens Combattants Canada encourage les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les exploits de nos anciens combattants et sur les sacrifices qu'ils ont consentis en temps de guerre, de conflit armé et de paix, et à participer aux activités de commémoration qui contribueront à préserver l'héritage qu'ils ont laissé aux futures générations de Canadiens.

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