La bataille de Cambrai (1917)

Par le brillant succès qu'elles remportent à Cambrai en novembre 1917, les troupes britanniques prouvent qu'il était possible de vaincre autrement que par une guerre d'usure effroyablement meurtrière. On assiste à cette occasion à la toute première véritable attaque de chars. Trois-cent-quatre-vingts de ces nouveaux monstres déferlent à travers le No Man's Land, au même moment où les canons ouvrent le feu. Grâce aux énormes progrès techniques dans les méthodes d'exploitation de l'artillerie, l'attaque n'est pas précédée du bombardement habituel, ce qui prend les Allemands au dépourvu, sans compter le fait qu'ils croyaient les Britanniques incapables de lancer une attaque en même temps que la troisième bataille d'Ypres avait cours. Les Alliés se retrouvent rapidement de l'autre côté des premiers systèmes de défense de la ligne Hindenburg; la nuit tombée, ils aboutissent dans la campagne à l'arrière de la défensive allemande, mais la perspective de devoir affronter les deuxième et troisième lignes de défense des Allemands n'est pas écartée. Ils semblent du moins avoir enfin réussi la percée tant attendue. En Grande-Bretagne, les cloches d'églises sonnent à toute volée et en Allemagne, l'état-major envisage différentes options pour un repli général. Tout cela est prématuré. Ne disposant pas d'un nombre suffisant de chars en réserve et les troupes disponibles en France étant trop peu nombreuses, les Britanniques ne sont pas en mesure d'exploiter leur avantage. Les Allemands ont le temps de se ressaisir, d'enrayer l'offensive et même de lancer une importante contre-attaque. Malgré les limites évidentes des chars d'assaut - mobilité difficile, mécanique non fiable, horribles conditions dans lesquelles les équipages des blindés doivent opérer - Haig demeure optimiste.

Cambrai occupe aussi une place importante parmi les exploits guerriers des Canadiens puisque c'est dans cette ville que la brigade canadienne de cavalerie et le régiment de Terre-Neuve se sont illustrés au sein de formations britanniques. Peu de temps après la bataille, le Newfoundland Regiment se voit accorder le titre « Royal » - le seul régiment à recevoir ces honneurs durant la guerre.

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