La bataille de Kapyong

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Introduction

La guerre de Corée s’est déroulée de 1950 à 1953 et plus de 26 000 Canadiens ont participé à cette lutte, à la défense de la paix et de la liberté. La bataille de Kapyong, en avril 1951, représente l’un des plus durs combats vécus par nos soldats pendant cette guerre.

La guerre de Corée éclate

La guerre froide, cette lutte tendue entre le communisme et la démocratie pour la domination dans les affaires internationales, prit naissance durant la période suivant la Seconde Guerre mondiale. L’un des points chauds de cette lutte était la péninsule coréenne en Asie orientale. Les occupants japonais venaient d’être défaits, et un régime communiste s’était établi dans le Nord, tandis qu’un gouvernement démocratique s’était établi dans le Sud.

Le 25 juin 1950, après des années de tensions montantes, les forces de la Corée du Nord franchirent la frontière du 38e parallèle pour pénétrer en Corée du Sud. L’invasion fit exploser des combats qui s’échelonnèrent sur plus de trois ans dans un endroit baptisé « Pays du matin calme ». L’Organisation des Nations Unies (ONU) réagit à cette agression en demandant à ses membres de former une force multinationale sous le commandement des États-Unis afin de rétablir la paix, et le Canada consentit à apporter de l’aide.

La réponse du Canada

Pendant la guerre de Corée, les Canadiens servirent en mer, dans les airs et sur le sol. Les premiers balbutiements du conflit entraînèrent de grands revirements. Lorsque les premiers soldats canadiens, des membres du 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI), larguèrent les amarres en direction du Pacifique le 25 novembre 1950, la guerre semblait tirer à sa fin, puisque les forces communistes avaient été rabattues jusque près des frontières chinoises. Or, au moment où le navire canadien atteignit sa destination, la situation était complètement renversée. La Chine était intervenue en faveur de la Corée du Nord et avait lancé une offensive majeure qui avait permis de reprendre une grande partie du territoire perdu. À la mi-février 1951, le 2 PPCLI, sous le commandement de la 27th British Commonwealth Infantry Brigade, commença à participer à l’avancée des forces de l’ONU visant à repousser l’ennemi une fois de plus au-dessus du 38e parallèle.

Le combat à Kapyong

À la fin du mois d’avril 1951, les forces de la Chine et de la Corée du Nord se regroupèrent et contre-attaquèrent les secteurs ouest et centre-ouest du front. Les forces de la Corée du Sud furent submergées et se dépêchèrent de battre en retraite, ce qui les mit en danger d’être dépassées
et anéanties. On demanda à la 27th British Commonwealth Infantry Brigade, ainsi qu’au contingent canadien, d’intervenir dans la vallée de Kapyong pour couvrir cette retraite désespérée.

Faisant moins de trois kilomètres à son point le plus large, la vallée de Kapyong était dominée par les collines environnantes. Une position défensive fut rapidement établie par le 3rd Royal Australian Regiment sur la colline à la cote 504, le 2 PPCLI sur la colline à la cote 677, ainsi que le 1st Middlesex Regiment (un régiment britannique) situé au sud des Canadiens.

Pendant la nuit du 23 avril, les Australiens, assaillis par un feu nourri, persistèrent jusqu’au lendemain avant d’être forcés à se retirer. Cette retraite exposa les Canadiens et c’est à 22 h le 24 avril que l’assaut communiste commença.

La lutte fut féroce et certaines des positions des Canadiens furent prises. À un moment de la bataille, les Canadiens lancèrent une attaque d’artillerie sur leur propre position afin de frapper l’ennemi qui était à leurs côtés dans la mêlée; les Canadiens s’écartèrent en laissant leurs adversaires encaisser la plus grande partie des tirs. Cette mesure risquée fonctionna et l’ennemi fut chassé. Le danger n’était cependant pas éclipsé et le matin du 25 avril, des tirs intermittents reprirent.  Le vétéran canadien Gerald Gowing était sur place :

« Nous étions encerclés sur les collines de Kapyong, sous un feu nourri. Nous n’avions presque plus de munitions ni de nourriture. On nous a largué des vivres, mais nous étions encerclés. »

Néanmoins, l’ennemi fut rapidement chassé d’un côté des Canadiens et une ligne d’approvisionnement fut récupérée. Nos soldats avaient réussi à tenir tête à une force beaucoup plus importante tout en infligeant de lourdes pertes chez l’ennemi et en aidant la brigade du Commonwealth à maintenir sa position. Le 1er mai, l’offensive ennemie prit fin.

La guerre de Corée entra rapidement dans une nouvelle étape alors que des pourparlers de trêve commencèrent en juillet 1951 et que les lignes de front commencèrent à se stabiliser. Pour le contingent du Commonwealth, le reste de la guerre devint surtout une « guerre de patrouilles » et peu de batailles à grande échelle eurent lieu. Le 27 juillet 1953, un armistice mit fin aux combats actifs.

Les sacrifices

Le maintien de la position à Kapyong fut une réussite importante, mais coûteuse. Dix Canadiens furent tués et 23 y furent blessés; un total que l’on pourrait considérer relativement faible étant donné les combats acharnés, mais qui témoigne des capacités et de l’organisation des défenseurs de la position. Les 10 soldats canadiens tombés au combat à Kapyong sont parmi les 516 soldats canadiens qui perdirent la vie pendant la guerre de Corée.

Héritage

La bataille de Kapyong est un épisode important de la guerre de Corée. Les soldats du 2e Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry ont persévéré devant une grande adversité pour contribuer à éviter une défaite potentiellement coûteuse pour les forces de la Corée du Sud et de l’ONU. Leurs efforts héroïques ne seront jamais oubliés. D’ailleurs, les Américains leur remirent la décoration United States Presidential Unit Citation, un honneur très rare pour une unité canadienne.

Holding at Kapyong par Edward Zuber

Le programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient d’Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l’héritage qu’ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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