Population civile

Transcription

Présentatrice : Lorsqu'ils quittent le Canada pour participer à la guerre de Corée, la plupart de nos soldats ne connaissent rien de ce pays, et encore moins de son peuple.

Les soldats canadiens combattent pour sauver des gens dont ils ne savent rien mais, peu à peu, à mesure que la guerre progresse, ils apprennent à connaître ces gens et leur terre.

Paul-Émile Pomerleau : Premièrement, c'est du monde qui était très pauvre. Ils sortaient d'une guerre. Pas d'argent.
(Vidéo montrant des Coréens à l’époque de la guerre. Femme passant un balai fait de paille. Homme accroupi se lavant les mains au bord d’un étang)

Jean-Paul Savary : Ils font toutes leurs maisons avec le matériel qu'il y a autour.

Gérard Dauray : Un petit village, à peu près 10, 15 maisons... j'veux dire... en paille. Y'ont leur petits terrains pour cultiver leur riz... pis de l'ail. Des chevaux, ils n'en n'ont pas. C'est rien que des boeufs qui tirent la petite (rire) affaire en bois là, t'sais veux dire. Une charrue, une petite charrue en bois. Quand y'ont fini le soir, ils mettent ça sur leur dos, s'en allaient à la maison.
(Vidéo montrant un petit village avec des maisons faites de paille et de terre. Paysan marchant avec son âne, tous deux lourdement chargés)

William Kane : Quand les lignes avancent, c'est des places qui ont été détruites ou qui ont eu des obus, ça a tout été... Pis ça prend ben du temps avant que le monde peuvent revenir à leur place. Par rapport que jusqu'à temps que la guerre marche encore, ils peuvent pas. Parce qu'on sait jamais quand est-ce qu'elle va revenir.

Yvan Paquin : Avant qu'ils se séparent, ils étaient amis là, eux autres là. Vous savez Montréal, Québec là si... ou Montréal, Ottawa si jamais y'a la séparation, on va continuer à parler au gars de l'Ontario pis on va parler au Nouveau-Brunswick pareil. Vous savez, on deviendra pas fou là. Ben eux autres séparés nord-sud là, y'avaient de la parenté de l'autre côté eux autres aussi.

William Kane : Si tu vois un homme en shape après traîner une dame de 75 ans avec des cheveux blancs pour essayer de la sortir de sa maison, c'est pas beau. Mais des fois faut le faire, qu'est-ce que tu veux ? Pas pour laisser là. « Madame, faut sortir, l'interprète l'explique. La guerre va être ici demain, ou après demain. Votre maison pourra pas même... ça va être détruit cette affaire là ! On peut pas vous laisser. » « Non, j'men va pas. Je reste ici. »

Charles Trudeau : Y'a une chose que j'ai toujours dit et pis j'va le maintenir. La guerre est plus difficile pour le civil qu'elle l'est pour nous autres. Nous autres on la subit, mais au moins on a des manières de se défendre pis on mange assez bien, pis on se défend, t'sais ? On est capable de se défendre. Mais un enfant de 12, 13, 14, 15 ans... qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse ?

Jean-Paul Savary : 10 000 personnes sans abris... c'était pas grave. Ils mettaient d'autres cartons pis d'autres paquets en tôle... en tôle gaufrée puis... C'était terrible de voir ça.

Roland Boutot : C'est ça qui m'a frappé le plus. C'est de voir les gens aller là, pis la misère noire qu'y'avait dans ce coin là.


Saviez-vous ...

Entre le 10 et le 17 août 1952, des pluies torrentielles détruisent 150 bunkers canadiens lorsque le niveau de la rivière Imjin s’élève de 12 mètres au-dessus de son niveau normal en été.

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