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Les attaques ennemies - novembre 1951

Entre-temps, l'ennemi adopta lui aussi des mesures offensives. À compter de la mi-octobre, en riposte à l'opération Commando, les Chinois organisèrent une série d'attaques qui se poursuivirent avec de plus en plus d'intensité jusqu'en novembre.

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, l'ennemi attaqua le centre de la ligne canadienne maintenue par les compagnies « A » et « C » du Royal Canadian Regiment. Les premières attaques furent repoussées, mais, au cours d'une attaque à l'aube, le peloton d'avant, à court de munitions et affaibli par les pertes, fut forcé de se replier, ce qu'il fit en livrant un combat d'arrière-garde efficace. L'ennemi continua de harceler la compagnie, mais sous le feu nourri de l'artillerie et des mortiers, il finit par se retirer.

Le 4 novembre, la 28e Brigade du Commonwealth britannique affronta des bombardements fort violents suivis d'attaques en force. Après un combat acharné, la cote 217 tomba aux mains des Chinois, dans la soirée, et la cote 317 de même, pendant la nuit. Pendant que les combats se poursuivaient sur le front de la 28e Brigade, l'ennemi lança une série d'attaques contre une compagnie du 1er bataillon du PPCLI. La première attaque fut brisée par l'artillerie et les mortiers; la deuxième et la troisième furent repoussées tant par le feu des armes de soutien que par celui des propres armes de la compagnie. Après avoir essuyé son troisième échec, l'ennemi se retira.

Le combat suivant auquel participèrent les troupes canadiennes fut un autre raid contre la cote 166, le 9 novembre, par la compagnie « C » du Royal 22e Régiment. Au cours de ce raid, deux pelotons atteignirent leurs objectifs intermédiaires et le peloton d'avant-droit atteignit un point à moins de 90 mètres du sommet de la colline. Alors que l'ennemi mit en branle une forte contre-attaque, le groupe tout entier, ayant accompli l'essentiel de sa mission, fut retiré.

Un rajustement des secteurs divisionnaires, effectué à ce stade, rétrécit la largeur du front du Commonwealth d'environ 4 600 mètres. La cote 355 qui dominait le centre de la ligne d'attaque passa aux mains de la 3e Division américaine. La brigade canadienne fut chargée d'un front de presque sept kilomètres s'étendant vers le nord-est à partir de la rivière Sami-chon.

Les Canadiens, avec leurs trois bataillons en ligne, terminèrent l'occupation de leur nouveau secteur le matin du 22 novembre. L'après-midi de ce même jour, l'ennemi entreprit le bombardement intensif de la cote 355, aux mains des Américains, qu'il fit porter jusqu'au secteur étenu par le Royal 22e Régiment, plus particulièrement la compagnie « D ». Les obus continuèrent à pleuvoir pendant toute la nuit. La pluie se changea en neige et le terrain se transforma en boue, ce qui rendait extrêmement difficile le travail des sapeurs pour maintenir ouvertes les voies d'accès aux compagnies assaillies.

Le lendemain, l'ennemi accéléra le tir d'obus. Il lança, par la suite, en fin d'après-midi, une attaque contre les deux positions. La compagnie canadienne conserva le terrain gagné, mais au début de la soirée, la majeure partie de la cote 355, qui avait essuyé le plus fort de l'attaque, tomba aux mains de l'ennemi. Entre-temps, les Chinois avaient également repris la cote 227.

La perte permanente de la cote 355 aurait constitué une grave menace à la force des Nations Unies en permettant à l'ennemi de contrôler la voie latérale qui traversait le secteur américain et aurait rendu les positions canadiennes intenables. Déjà la présence de l'ennemi sur les cotes 227 et 355 présentait un danger d'encerclement pour le Royal 22e Régiment. Au cours des nuits du 23 au 24 et du 24 au 25 novembre, le lancement d'obus et les attaques se poursuivirent avec une intensité accrue sur les deux fronts, et la cote 355 passa des mains des Chinois à celles des Américains, puis à celles des Chinois et enfin à celles des Américains. Chaque fois que l'ennemi reprenait le contrôle, le Royal 22e Régiment était menacé d'autres attaques. Dans la soirée du 25 novembre, après quatre jours et quatre nuits de bombardements continuels d'obus, la cote 355 était à nouveau aux mains des Américains et la compagnie « D » du Royal 22e Régiment, malgré un état d'épuisement presque total, conservait toujours le terrain conquis.

Avec la reprise des négociations d'un cessez-le-feu, des ordres furent émis, le 27 novembre, interdisant la sortie de toute autre patrouille de combat et restreignant le tir de l'artillerie à la défense et au contre-bombardement.

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