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La guerre en mer

Au cours de la Première Guerre mondiale, la première ligne du Canada se situait en France et en Belgique. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les distances étant abolies par des avions à longue portée et les sous-marins, la première ligne touchait la côte Atlantique du Canada et, sur la côte ouest, on craignait de plus en plus une invasion du Japon.

Pour la plupart des Canadiens, la Marine royale canadienne est synonyme de la dure guerre contre les sous-marins dans l'Atlantique Nord, mais les navires de guerre canadiens ont également servi dans d'autres mers à d'autres entreprises. Ils ont connu la guerre en Méditerranée, dans les Antilles et dans le Pacifique; ils ont servi avec la flotte britannique près de la Norvège; ils ont accompagné des convois jusqu'en Russie et participé à des opérations côtières au nord-ouest de l'Europe. À la fin de la guerre, 4 000 marins canadiens prêtés à la Marine royale avaient également oeuvré dans ses divers services, depuis l'aviation de marine jusqu'au service de sous-marins.

En 1942, des marins canadiens font partie du l'équipage des péniches de débarquement durant l'infortuné raid contre Dieppe. Ils aident également les opérations alliées en Afrique du Nord : ils convoient et soutiennent les troupes, constituent l'équipage des flottilles de débarquement et, plus tard, protègent les lignes de ravitaillement pour le matériel et les renforts. En 1943, même fortement engagée dans la guerre de l'Atlantique, la MRC est suffisamment considérable pour fournir un apport substantiel aux débarquements en Sicile et en Italie. Quatre flottilles de péniches de débarquement, avec 400 marins canadiens à bord, prennent part à ces opérations. Suite à la capitulation de l'Italie, on a besoin de moins de navires de guerre en Méditerranée; les destroyers alliés peuvent être retirés pour renforcer les forces de l'Atlantique.

Les préparatifs navals pour l'invasion alliée de l'Europe commencent à la fin de 1943. La MRC prend part aux attaques contre les navires de guerre et les navires marchands de l'ennemi, entreprend des patrouilles et appuie des missions de pose de mines dans la Manche. À partir de leurs bases du sud de l'Angleterre, deux nouvelles flottilles de vedettes-torpilleurs canadiens prennent part à des sorties contre des convois allemands.

Au jour J, en 1944, lorsque la vaste armada alliée s'avance dans la Manche, 60 navires canadiens, destroyers, corvettes, frégates et dragueurs de mines, sont de la partie. Parmi ce nombre, deux flottilles de vedettes-torpilleurs et deux des six groupes d'escorte composés de destroyers, de frégates et de corvettes. Les destroyers canadiens Haida, Huron et Iroquois aident à protéger les flancs de la flotte pendant la traversée.

L'attaque alliée sur les plages de Normandie commence à l'aube. Les dragueurs de mines passent en premier, nettoyant des voies et posant des bouées éclairantes pour guider l'armada jusqu'à la plage. Six navires canadiens de la classe Bangor aident à déblayer la voie à la flotte d'invasion dans le secteur britannique; dix autres font de même aux approches d'une plage américaine. Derrière eux viennent les navires d'assaut, notamment l'Algonquin et le Sioux, pour bombarder les installations ennemies et couvrir le débarquement des troupes.

Suivent les navires de débarquement; en l'absence de tir ennemi, ils déchargent leur péniches de débarquement remplies de soldats. Parmi les navires de débarquement d'infanterie on trouve deux croiseurs marchands canadiens convertis, le Prince Henry et le Prince David, ainsi que trois flottilles de péniches de débarquement. Plus loin à l'ouest, cinq corvettes canadiennes amènent des éléments flottants (blockships) pour former des ports artificiels au large de la grève.

La marine reste active dans les mois qui suivent le jour J. Jusqu'à ce que des ports européens soient pris, le ravitaillement doit se faire par les plages. Les dragueurs de mines et les flottilles de péniches de débarquement sont donc pleinement utilisés. Une guerre côtière intense se poursuit également. Deux flottilles de vedettes-torpilleurs canadiennes couvrent les plages près du Havre et participent à des opérations de recherche et de poursuite dans la Manche. Elles détruisent des navires ennemis en convois, coulent et endommagent des torpilleurs et des canonnières ennemis jusqu'au jour où elles sont elles-mêmes victimes des mines allemandes. Pendant ce temps, des corvettes canadiennes assurent un service d'escorte, repoussant les navires et les sous-marins allemands.

Les efforts combinés des forces navales et terrestres libèrent les ports et forcent les Allemands à abandonner leurs bases de sous-marins du golfe de Gascogne. Cependant, ils déplacent leur flotte sous-marine vers des bases situées en Norvège et dans la mer du Nord et continuent à menacer les lignes de communication et à attaquer les convois en direction de Mourmansk. Le porte-avion d'escorte canadien Nabob se joint à la flotte territoriale pour des opérations navales et aériennes contre les cibles allemandes en Norvège, au cours desquelles il est malheureusement victime d'une attaque de sous-marins. Les destroyers canadiens Algonquin et Sioux demeurent avec la flotte territoriale. En septembre 1944, ils se joignent au service de convoi vers la Russie du Nord et, au cours de l'automne et de l'hiver, servent souvent à protéger des porte-avions en mission de chasse aux navires marchands et de pose de mines.

Des navires canadiens aident également à débarquer des troupes dans le sud de la France et une unité de commando britannique dans l'île grecque de Cythère. Le 14 octobre 1944, les navires canadiens débarquent des soldats britanniques et grecs au Pirée, port d'Athènes.

La guerre contre l'Allemagne tire à sa fin, mais la bataille des mers se poursuit sans relâche. Munis d'un équipement nouveau, les sous-marins ennemis n'ont pas dit leur dernier mot. Au cours des cinq derniers mois de la guerre, ils coulent un demi-million de tonnes de marchandises alliées. Le danger constant d'une attaque sous-marine signifie que les forces anti-sous-marines canadiennes, navales et aériennes, sont toujours nécessaires dans les eaux européennes. Au moins 25 pour cent des 426 navires d'escorte dans les eaux britanniques en 1945 sont canadiens. La MRC assume donc sa large part du fardeau dans la lutte pour la maîtrise des eaux côtières de Grande-Bretagne. Les statistiques montrent bien l'efficacité de cette force. Sur les 27 sous-marins allemands coulés portés au compte de la MRC entre 1939 et 1945, 20 ont été coulés à l'est du 35e méridien dont 17 après le 20 novembre 1943.

Pour la marine, la lutte contre les Allemands se termine le 8 mai 1945.

Une fois l'Allemagne vaincue, toute l'attention peut se porter sur le Pacifique pour la guerre finale contre le Japon. Au cours des premières années de la guerre, alors que la bataille de l'Atlantique était le point critique, le Canada a été forcé de reléguer au dernier rang le théâtre du Pacifique. Les bases ont été agrandies et l'on a réorganisé Esquimalt, Vancouver et Prince Rupert; cependant, en octobre 1940, la seule force navale de quelque importance sur la côte ouest était une réserve composée de 17 navires et 150 officiers et marins recrutés parmi les pêcheurs de Colombie-Britannique.

La côte ouest du Canada devient plus vulnérable avec l'entrée du Japon dans la guerre en 1941. Cependant, on pourra compter sur l'aide de la flotte américaine, concentrée dans le Pacifique, alors que les Canadiens et les Britanniques défendent l'Atlantique.

En juin 1942, les États-Unis demandent l'aide du Canada alors que les Japonais capturent les îles Aléoutiennes Attu et Kiska et bombardent la base américaine la plus proche à Dutch Harbor. Les navires canadiens Prince David et Prince Robert assurent un service de convoi et aident les Américains à concentrer leur troupes pour l'attaque contre Attu, qu'ils reprennent en mai. La corvette canadienne Dawson effectue un dernier voyage en Alaska en juillet alors qu'elle escorte un convoi de troupes pour l'attaque contre Kiska. Aucun navire de guerre canadien n'est présent le 15 août 1942 alors qu'une force américano-canadienne effectue un débarquement amphibie dans l'île pour s'apercevoir que les Japonais l'ont évacuée.

La participation navale canadienne au dernier épisode de la guerre du Pacifique devait être impressionnante : 60 navires et 13 500 hommes d'équipage. En fait, un seul navire, le croiseur Uganda prit une part active; la fin était venue rapidement pour le Japon, avant que l'on puisse envoyer d'autres navires canadiens.

Les marins canadiens ont joué un rôle important dans la guerre maritime contre l'Allemagne. Ayant commencé la guerre avec seulement six torpilleurs relativement modernes, cinq petits dragueurs de mines et deux navires d'entraînement, la Marine royale canadienne la termina avec 373 navires de combat dont la plupart avaient été construits au Canada. Lorsque les hostilités éclatèrent, nous n'avions qu'une force permanente de 1 800 officiers et hommes, et une réserve de 1 200. Lorsque la paix fut conclue en 1945, ce nombre était passé à plus de 113 000, dont 7 126 femmes enrôlées dans le Corps féminin de la Marine royale canadienne. Des navires canadiens aidèrent à couler 29 sous-marins allemands et italiens, et 1 190 membres de la Marine royale canadienne moururent au service de leur pays.

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