Mémorial de Bayeux

Mémorial de Bayeux

Le Mémorial de Bayeux honore les hommes des forces terrestres du Commonwealth et de l'Empire britannique qui succombèrent au début de la campagne du nord-ouest de l'Europe, en 1944-1945, et dont la sépulture est inconnue. Le Mémorial se dresse au centre d'une vaste pelouse, et il est bordé de chaque côté de massifs de lauriers-tins, reconnus pour leurs fleurs attrayantes, leurs petits fruits et leur feuillage.

Le Monument commémoratif est de conception classique. Les quatre colonnes qui supportent le toit de même que les abris adjacents, sont en pierre de Portland, et portent mille huit cent huit noms, dont deux cent soixante-dix sont ceux de Canadiens. Est aussi gravée l'inscription suivante :

« SUR CE MONUMENT SONT INSCRITS POUR ÊTRE CONSERVÉS DANS LA MÉMOIRE RECONNAISSANTE DES HOMMES LES NOMS DES SOLDATS DU COMMONWEALTH BRITANNIQUE QUI LUTTANT POUR UNE COMMUNE CIVILISATION SONT MORTS HÉROÏQUEMENT DANS LA CAMPAGNE DE NORMANDIE SANS QUE LEURS RESTES MORTELS PUISSENT DANS L'IGNORANCE DU LIEU EXACT DE LEUR SÉPULTURE RECEVOIR LES HONNEURS QUI LEURS SONT DUS 6 JUIN - 29 AOÛT 1944 »

L'invasion de la Normandie (1944)

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, en septembre 1939, la Grande-Bretagne envoya un Corps expéditionnaire pour aider ses alliés français à défendre leur pays. Suivit alors un hiver relativement inactif qu'on a appelé la « drôle de guerre ». Puis, à l'été de 1940, après avoir occupé le Danemark et la Norvège, les Allemands lancèrent une attaque éclair contre les Pays-Bas et la Belgique. Un deuxième corps expéditionnaire britannique composé d'un petit nombre d'hommes (comprenant une partie de la 1re Division canadienne) traversa la Manche, mais, après une brève campagne désastreuse qui aboutit à la capitulation de la France, les Britanniques furent expulsés du continent.

Sauf lors du raid de Dieppe, en août 1942, où 80 p. 100 des troupes étaient canadiennes, les armées alliées ne retournèrent pas en force dans le nord-ouest de l'Europe avant l'invasion de la Normandie survenue le 6 juin 1944, et qui est passée à l'histoire sous le nom de jour J, opération Overlord. La tâche était énorme, car les Allemands avaient fait de la côte une forteresse ininterrompue munie de canons, de casemates, de barbelés, de mines et d'obstacles de toutes sortes. De cette opération, dépendait l'issue de la guerre.

En préparation de l'invasion, les Américains, les Britanniques et les Canadiens avaient subi des mois d'entraînement spécialisé; des approvisionnements avaient été amassés dans le sud de l'Angleterre; des ingénieurs avaient préparé un pipeline sous-marin jusqu'à la France et l'on avait assemblé des ports préfabriqués. Les forces terrestres, maritimes et aériennes avaient répété inlassablement pour assurer la perfection.

Après avoir bombardé toute la nuit les secteurs visés, les Alliés attaquèrent la « Forteresse Europe » sur un front large de cinq divisions, et les troupes de trois divisions aéroportées descendirent par parachute et par planeur sur les flancs du secteur d'invasion. Les trois armes canadiennes ont participé à l'assaut. Une des formations d'attaque était la 3e Division d'infanterie canadienne, appuyée par la 2e Brigade blindée canadienne et d'autres troupes détachées d'autres armes et services de l'Armée canadienne. Le 1er Bataillon canadien de parachutistes était attaché à la 6e Division aéroportée britannique qui fut larguée sur le flanc est de la tête de pont. La traversée de la Manche s'est effectuée grâce à des voies que les dragueurs de mines de la Marine royale canadienne avaient aidé à dégager; des canons navals canadiens ont participé au harcèlement des défenses côtières ennemies et certaines unités de la 3e Division ont été transportées à bord de navires canadiens et mises à terre au moyen de péniches de débarquement canadiennes. Dans les airs, le Corps d'aviation royal canadien à apporté son importante contribution avec les bombardiers qui attaquèrent les batteries allemandes de la zone d'assaut et les escadrilles de chasse canadiennes qui s'en prenaient à des cibles plus éloignées à l'intérieur.

Deux armées ont participé à l'opération. Sur la droite, soit du côté ouest, depuis la base de la péninsule du Cotentin jusqu'à un point situé au nord-ouest de Bayeux, la Première armée américaine attaqua sur les plages Utah et Omaha. Sur la gauche, dans un secteur qui s'étendait à l'est jusqu'à l'embouchure de l'Orne, la Deuxième armée britannique attaqua les plages Gold, Juno et Sword.

Les Canadiens, sous le commandement du major-général R.F.L. Keller, ont été chargés de Juno au centre du front britannique. Leur tâche était d'établir une tête de pont sur les huit kilomètres qui s'étendaient entre Courseulles et Saint-Aubin-sur-Mer, puis, passant entre Bayeux et Caen, de pénétrer jusqu'à l'aérodrome de Carpiquet, quelque dix-huit kilomètres vers l'intérieur. On espérait qu'à la tombée de la nuit, les deux divisions britanniques à leur gauche et à leur droite auraient pris Caen et Bayeux, et que les Canadiens occuperaient la route et le chemin de fer reliant les deux villes.

Retardés par le mauvais temps et par la mer houleuse, les hommes de la 7e Brigade d'infanterie canadienne déferlèrent sur la grève où ils ont été accueillis par une farouche résistance de la part des fortifications ennemies qui avaient survécu aux bombardements et des obstacles minés que cachait sur la plage la marée montante. En dépit des pertes élevées et des violents combats, ils prirent Courseulles-sur-Mer et les villages de l'intérieur jusqu'à Sainte-Croix-sur-Mer et Banville. Au soir, la brigade consolidait ses positions, ayant atteint son objectif intermédiaire près de Creully.

Sur le front de la 8e Brigade d'infanterie canadienne, les ingénieurs d'assaut arrivèrent à temps pour engager les fortifications ennemies. La tête de pont fut prise, et les Canadiens se dirigèrent vers l'intérieur pour prendre Bernières. Après Bernières, leur avance ralentit, et Bény-sur-Mer, sur la route principale de Caen, ne fut prise qu'au soir.

Les unités de la 9e Brigade d'infanterie canadienne débarquèrent peu avant midi, et traversèrent Bernières et Bény jusqu'au voisinage de Villons-les-Buissons, à moins de six kilomètres et demi de Caen. Elles rencontrèrent un feu de mitrailleuses et s'arrêtèrent juste avant l'aérodrome de Carpiquet, objectif définitif de la division.

À la fin de la journée, la 3e Division d'infanterie canadienne était bien établie sur ses objectifs intermédiaires, bien qu'elle n'eut pas atteint les objectifs ultimes planifiés pour le jour J. Sur les deux francs, l'avance alliée avait été semblable. La 3e Division britannique était à moins de cinq kilomètres de Caen, et, sur la droite, la 50e Division n'était qu'à trois kilomètres de Bayeux. Le 1er Bataillon canadien de parachutistes était descendu avec la 6e Division britannique aéroportée sur le flanc gauche de la tête de pont. Même s'ils avaient été éparpillés et avaient subi de graves pertes, les « bérets rouges » canadiens détruisirent les cibles qui leur avaient été assignées, et ils firent beaucoup de dommages derrière les lignes. Dans la zone américaine, les forces d'assaut à la plage « Omaha » avaient rencontré une farouche résistance, mais ici aussi les têtes de pont avaient été établies.

Ce fut là un fait d'arme magnifique, car le puissant mur de l'Atlantique avait été battu en brèche, et les approvisionnements et les hommes débarquèrent en grand nombre pour reprendre le lendemain leur avance. Les Alliés étaient revenus en Europe.

Environ quatorze mille Canadiens ont débarqué en Normandie en ce jour J. Les pertes ont évidemment été considérables, mais pas autant qu'on ne l'avait craint. Les forces d'assaut canadiennes ont perdu mille soixante-quatorze combattants, dont trois cent cinquante-neuf tués.

II restait encore beaucoup de combats - des combats très durs où les forces canadiennes joueraient pleinement leur rôle. Le jour de la victoire en Europe se ferait encore attendre onze mois.

Indications routières

La ville de Bayeux, en Normandie, se trouve à 24 km au nord-ouest de Caen. Le Mémorial de Bayeux se dresse en face du cimetière de guerre de Bayeux, situé dans les quartiers périphériques au sud-ouest de la ville, rue de Sir Fabian Ware.

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