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Sergent (à la retraite) Donna E. King

Les femmes servent dans l’armée canadienne depuis plus d’un siècle. Avant de pouvoir assumer des rôles de combat en 1989, elles occupaient avec diligence des postes administratifs et de soutien, travaillant dans l’ombre. Donna E. King était l’une de ces femmes. Elle a contribué à garder la machine administrative militaire bien huilée.

Campbell River, Colombie-Britannique

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S'est enrôlée

1974

Affectations

  • Borden, ON
  • Gagetown, N-B
  • Victoria, C-B
  • Trenton, ON
  • Valcartier, QC
  • Ottawa, ON

Originaire de la petite ville de Campbell River, en Colombie-Britannique, Donna E. King étudiait ses options pour l’avenir à la veille de l’obtention de son diplôme d’études secondaires. Il n’y avait que deux principaux employeurs dans la ville : l’entreprise d’exploitation forestière et Bell Canada. Étant donné que le dernier n’engageait qu’une personne par famille et qu’une de ses sœurs y travaillait déjà, elle devait trouver une carrière ailleurs.

Inspirée par ses deux grands-pères qui avaient servi pendant la Première Guerre mondiale, et son propre père qui avait servi au cours de la Seconde Guerre mondiale au sein de la Réserve navale, elle a présenté une demande d’enrôlement dans les Forces armées canadiennes (FAC). Adolescente, elle avait déjà eu un avant goût de l’armée. Elle avait fait partie des « Wrenettes » (Navy League Wrenette Corps), l’équivalent féminin, à l’époque, des cadets de la marine mixtes d’aujourd’hui.

King a effectué son instruction élémentaire en janvier 1974 à la Base des Forces canadiennes (BFC) Cornwallis. Parmi les quelques métiers offerts aux femmes, elle a choisi le rôle administratif.

Elle a d’abord été affectée au bureau des techniques de maintenance des aéronefs à la BFC Trenton. C’est là qu’elle a marié un technicien de munitions qu’elle avait rencontré pendant son instruction élémentaire à Cornwallis. Elle a donné naissance à leur premier enfant lorsque le couple s’est retrouvé, dans le cadre de leur première affectation ensemble, à la BFC Borden, à la fin des années 1970.

En 1985, King avait déjà travaillé dans trois bases différentes. Vivre dans un logement de base où elle s’occupait seule des enfants pendant qu’elle et son mari servaient était difficile. Elle a reconsidéré son choix de carrière et a décidé de se séparer de son mari. « Nous étions à Gagetown depuis deux ans. Mon mari était assez souvent parti, car il était en déploiement à l’étranger et faisait des exercices. Je sentais que je n’étais pas à ma place dans l’armée à ce moment-là. J’ai donc pris une pause du service et de mon mari. Je suis retournée dans ma province natale, la Colombie-Britannique. »

« C’était sans doute mon affectation préférée. Quand la Garde côtière et l’armée travaillaient ensemble lors d’un sauvetage, j’étais celle qui tapait les rapports. »

Étant donné qu’elle était incapable de trouver un emploi dans son domaine et que l’unique camaraderie des FAC lui manquait, elle s’est réenrôlée l’année suivante. Elle a été affectée au centre de coordination des opérations de sauvetage à Victoria, en Colombie-Britannique, où elle a été promue au grade de caporal chef. « C’était sans doute mon affectation préférée. Quand la Garde côtière et l’armée travaillaient ensemble lors d’un sauvetage, j’étais celle qui tapait les rapports. »

King a continué d’assumer divers rôles administratifs dans différentes bases des FAC au Canada, jusqu’à ce qu’elle soit libérée pour raisons médicales en 2004. Ses affectations ont été aussi variées que sa carrière : commis du 430e Escadron tactique d’hélicoptères, instructrice à l'École d'administration et de logistique des Forces canadiennes, commis chef de l’École du Service de santé et bien d’autres.

En se remémorant sa carrière de 28 ans, elle pense à tous les progrès et les changements dont elle a été témoin. Au moment où elle s’est enrôlée pour la première fois en 1974, elle travaillait à la dactylo. À sa libération, tout le monde avait un ordinateur. « Quand j’y repense, il y avait un monde entre le début et la fin de ma carrière. Aucune paire de bottes ne me faisait à l’époque. On m’en faisait faire sur mesure. »

Elle repense également à la manière dont la mentalité et les rôles ont changé par rapport aux femmes dans l’armée. « Lorsque j’ai commencé, les femmes étaient considérées comme des dames. Nous portions des jupes et nous devions porter des gants blancs l’été et des gants chauds l’hiver. Nous avions ces chapeaux melon. »

« C’est à ce moment que la perception des femmes dans l’armée a vraiment changé. Et je crois aussi qu’on s’attendait presque à ce qu’on passe de dame à soldat, mais la plupart du temps, on ne recevait pas l’instruction nécessaire pour y arriver. »

En 1989, à la suite d’une décision du Tribunal canadien des droits de la personne, les FAC ont ouvert toutes les professions aux femmes (à l’exception du service à bord d’un sous-marin) : « C’est à ce moment que la perception des femmes dans l’armée a vraiment changé. Et je crois aussi qu’on s’attendait presque à ce qu’on passe de dame à soldat, mais la plupart du temps, on ne recevait pas l’instruction nécessaire pour y arriver. Quand j’ai suivi le cours de chef subalterne, les mukluks étaient trop grandes pour moi. Je faisais un pas en avant et trois en arrière. L’armée a pris du temps à équiper les femmes pour les professions qu’elle voulait qu’elles exercent. »

Depuis sa libération, elle redonne à la collectivité. Elle a fait du bénévolat pour la Société canadienne du cancer et elle a récemment commencé à donner de son temps à la Marche canadienne annuelle des vétérans. Elle est aussi impliquée auprès de The Canadian Heroes Foundation afin que les familles reçoivent les médailles perdues.

Avec courage, intégrité et loyauté, Donna E. King a laissé sa marque. Explorez d’autres histoires.

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