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Matelot de 2e classe (à la retraite) Charles Starkes

Dans la foulée de son père qui avait servi dans la marine marchande et de son oncle décédé au cours de la Première Guerre mondiale, Charles Starkes a perpétué la tradition de service militaire dans sa famille. Il s’est enrôlé dans la Marine royale en novembre 1940. Il avait alors 18 ans.

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Charles Stark

« Ce n’était pas une célébration; c’était d’une profonde tristesse, a dit Charles Starkes au sujet des cérémonies du 75e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie qui ont eu lieu à Halifax en juin dernier. Même le temps était mauvais, mais c’était comme ça aussi le matin du jour J. »

Originaire de Mount Pearl, à Terre-Neuve, il était logique pour M. Starkes de s’enrôler dans la marine. « Tout le monde s’enrôlait, c’était la chose à faire. La plupart de mes amis se sont joints à la marine. Mon père allait toujours en mer – il servait dans la marine marchande – et tous les hommes que je connaissais étaient dans la marine », dit-il.

M. Starkes était torpilleur à bord du NSM Tracker, dont le rôle principal était d’escorter les convois de ravitaillement dans l’Atlantique Nord et les régions arctiques. Le jour J, la mission du Tracker consistait à fournir des canons, des chars et de l’artillerie aux troupes sur les plages. M. Starkes avait comme tâche de charger des grenades sous-marines dans les avions.
« C’était misérable », se souvient il.

L’un des moments les plus mémorables de M. Starkes est survenu quelques jours après le débarquement en Normandie. Dans la nuit du 10 juin 1944, le Tracker se préparait à retourner à Belfast, en Irlande. M. Starkes se souvient que « tous les navires retournaient d’où ils étaient venus parce que la guerre faisait toujours rage ».

« Lève-toi, le navire va couler! »

Alors que le Tracker effectuait un virage pour repartir, il est entré en collision avec la frégate canadienne NCSM Teme qui pourchassait un U boot. Comme les deux navires avaient mis en application les formalités de masquage des feux, aucun des deux n’a vu l’autre avant qu’il ne soit trop tard.

Sans connaître l’étendue des dommages subis par le navire, M. Starkes s’est dirigé vers son casier pour sauver certains de ses effets personnels et il a constaté que la zone était inondée. Il était sur le point de partir lorsqu’il a entendu un bruit étrange. « En remontant, j’ai entendu quelqu’un ronfler et je me suis demandé : ‟Pour l’amour du ciel d’où provient ce bruit?” Quand j’ai vu ce type qui dormait, je l’ai secoué pour le réveiller et j’ai dit : ‟Lève-toi, le navire va couler!” ».

Ni le Tracker ni le Teme n’ont sombré à la suite de cet incident. La collision avait écrasé l’avant du Tracker tandis que le Teme présentait un trou béant dans sa coque et quatre membres de son équipage ont perdu la vie.

« Nous avons construit le club nous mêmes, vous savez. Nous sommes allés chercher le bois et tout le matériel, et nous avons aménagé les lieux.
Nous avons coulé le béton et effectué tous les travaux. »

Après la guerre, M. Starkes a continué d’aller en mer. Il a travaillé comme électricien pour la Garde côtière canadienne où il installait des génératrices dans les phares. Il a expliqué que lui et ses camarades furent les fondateurs de la filiale de la Légion royale canadienne à Mount Pearl. « Nous avons construit le club nous mêmes, vous savez. Nous sommes allés chercher le bois et tout le matériel, et nous avons aménagé les lieux. Nous avons coulé le béton et effectué tous les travaux », dit-il fièrement.

À 97 ans, M. Starkes continue d’être actif dans sa collectivité. Il entretient des liens avec les autres par la musique. Il est connu pour ses talents à l’harmonica, ce qui remonte à l’époque de son service militaire. « Je jouais pour les gars sur le bateau », dit M. Starkes. Il chante aussi en tant que membre des Singing Legionnaires, une chorale locale composée de membres et de non membres de la Légion qui visite des maisons de retraite afin de « chanter pour les jeunes », comme il dit.

Pour son service militaire, Charles Starkes a reçu l’Étoile de 1939-1945, l’Étoile de l’Atlantique avec barrette, l’Étoile de l’Arctique, l’Étoile France-Allemagne, la Médaille de la Défense, la Médaille de la guerre de 1939-1945 et la Médaille d'Ouchakov.

En l’honneur du 75e anniversaire du jour J et de la bataille de Normandie, Charles Starkes est l’un de nos Visages de la liberté. Nous sommes honorés qu’il ait participé à des cérémonies commémoratives à Halifax à titre de membre de la délégation officielle du gouvernement du Canada.


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