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Sergent-major (à la retraite) George MacDonell

Né à Edmonton, en Alberta, le 4 août 1922, George MacDonell s’est joint à la milice locale de Listowel, en Ontario, alors qu’il était encore à l’école secondaire. Après l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, il s’est enrôlé dans la Force régulière, où il a servi dans l’Est du Canada et participé à la défense de Hong Kong avant de passer plus de trois ans et demi en captivité lorsqu’il a été fait prisonnier de guerre par les Japonais.

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George MacDonell

Dans les années 1930, la milice jouait un rôle important dans une petite collectivité comme Listowel, explique M. MacDonell. Alors que le pays se relevait d’une dépression, les milices étaient populaires auprès des jeunes hommes qui avaient des possibilités limitées.

M. MacDonell comptait déjà à son actif près d’une année de service lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté.

« Nous nous sommes mobilisés dans la semaine qui a suivi le début de la guerre pour participer à un défilé, et chaque membre de la milice a eu l’occasion de répondre à l’appel et de s’enrôler », dit-il.

Comme il n’avait pas encore 19 ans, M. MacDonell n’a pas été envoyé outre‑mer. Il a plutôt suivi une formation de spécialiste en armement, puis il s’est joint à un nouveau régiment à Québec, le Royal Rifles of Canada, en tant que l’un de ses principaux instructeurs en armement.

« Une semaine après avoir quitté la Colombie-Britannique, on nous a annoncé que nous partions pour Hong Kong »

Le Royal Rifles a été déployé à Terre-Neuve pour garder l’aéroport de Gander, puis a servi de troupe de défense côtière dans l’Atlantique, au Canada. Le régiment a continué à s’entraîner en prévision de ce qu’ils croyaient être leur déploiement imminent en Europe.

En octobre 1941, on les a informés qu’ils allaient se rendre outre-mer et qu’on leur accordait une semaine de congé. Ils ont ensuite pris un train jusqu’en Colombie-Britannique avant de s’embarquer à bord d’un navire de transport de troupes pour traverser le Pacifique.

« Une semaine après notre départ de la Colombie-Britannique, on nous a annoncé que nous partions pour Hong Kong », dit M. MacDonell, « Nous ne savions rien [de Hong Kong], nous étions un groupe de jeunes issus d’une région rurale qui n’avaient pas terminé l’école secondaire, mais nous étions heureux de participer à l’effort de guerre ».

Il aura fallu 21 jours pour arriver à Hong Kong. Les régiments canadiens sont arrivés à la mi-novembre et se sont immédiatement mis à pied d’œuvre pour fortifier ses défenses.

Le Royal Rifles of Canada et le Winnipeg Grenadiers n’ont eu qu’une semaine avant qu’une attaque surprise menée par les Japonais n’enflamme un combat acharné et sanglant pour défendre la colonie de la Couronne britannique de l’époque le matin du 8 décembre 1941.

« Tout a commencé par une attaque aérienne qui fut une surprise totale », raconte M. MacDonell.

Ils étaient fortement surpassés en nombre. Les Japonais se sont d’abord emparés de la partie continentale, puis des hauteurs de l’île. Après avoir pris le contrôle des espaces maritime et aérien, les Japonais ont attaqué à maintes reprises, mais ont été tenus à distance par les forces canadiennes et les forces alliées jusqu’au jour de Noël, le 25 décembre 1941.

« Le gouverneur a cédé le contrôle de l’île le jour de Noël 1941 et nous avons reçu l’ordre de capituler. Ce n’est que vers 20 h ce soir-là que nous nous sommes rendus, car nous étions massés dans les hautes terres autour de Hong Kong », explique M. MacDonell.

George MacDonell lors d’une cérémonie commémorant le 72e anniversaire de la bataille de Hong Kong

Les Japonais se sont retirés de Hong Kong pendant deux jours, au cours desquels les Canadiens ont enterré leurs morts et ont détruit leur équipement militaire. Puis, ils ont marché jusqu’à North Point, un institut d’assistance sociale converti en camp de prisonniers.

« Après quelques mois, une épidémie a éclaté et nous avons été transférés sur le continent. Ceux qui étaient assez bien pour marcher ont été envoyés sur le continent japonais afin d’y travailler comme esclaves, généralement dans des mines japonaises », dit-il.

« Nous sommes allés travailler dans un immense chantier naval japonais qui construisait des navires de guerre et qui était un élément essentiel de l’effort de guerre japonais. À un moment donné, deux Canadiens [prisonniers de guerre] ont décidé de l’incendier. Ils ont allumé un feu qui a entraîné la fermeture de l’un des plus grands chantiers navals du Japon à l’époque », explique M. MacDonell.

Ils ont été déplacés dans des camps plus petits à travers le Japon. M. MacDonell, envoyé dans un camp appelé Ohashi, dans le nord du Japon, a été forcé d’extraire du minerai de fer. C’est là, le 15 août 1945, qu’il a été informé de la reddition des Japonais, lors d’un discours prononcé par l’empereur, et que ses camarades et lui n’étaient plus des prisonniers de guerre.

« L’histoire de Hong Kong n’est pas celle de la défaite subie par les Canadiens, mais celle de leur combat, mené avec courage et distinction, contre une force écrasante. »

Étant donné que leur camp de prisonniers était isolé dans les montagnes, M. MacDonell et ses camarades prisonniers de guerre vivaient dans l’incertitude de ne pas être retrouvés. Heureusement, un avion de reconnaissance allié a vu les lettres d’une hauteur de cinq mètres qu’ils avaient peintes en blanc sur le toit des bâtiments du camp de prisonniers pour épeler P-O-W (prisonniers de guerre). Pendant près d’un mois, le commandement allié a largué des vivres, des vêtements et des médicaments par voie aérienne pour les maintenir en vie jusqu’à ce qu’il soit possible de les atteindre.

« Nous étions en captivité depuis trop longtemps pour survivre à l’hiver suivant; je pesais à peine 138 livres, dit M. MacDonell. »

« Trente-cinq pour cent des soldats alliés sont morts dans les camps de travail japonais; ils consommaient environ 1 200 calories par jour, donc beaucoup d’entre eux sont morts de faim, de maladie ou par suite de sévices. »

Transportés à bord d’un navire-hôpital américain, ils ont mis le cap sur Guam où se trouvaient des hôpitaux militaires. Après Guam, M. MacDonell s’est rétabli avec d’autres Canadiens dans un hôpital militaire à Gordon Head, sur l’île de Vancouver. À Noël 1945, il est finalement retourné chez lui en Ontario, pour une semaine de congé, avant de retourner dans un hôpital militaire.

« Nos familles avaient toutes perdu l’espoir de nous revoir vivants; les Japonais n’ont jamais dit au reste du monde ce qui s’est passé, dit-il. Nos proches étaient à la fois ravis et surpris que certains d’entre nous aient survécu. »

« L’histoire de Hong Kong n’est pas celle de la défaite subie par les Canadiens, mais celle de leur combat, mené avec courage et distinction, contre une force écrasante, affirme M. MacDonell. C’est l’histoire de la résilience dont ils ont fait preuve, en combattant avec distinction et courage jusqu’à ce qu’on leur ordonne de s’arrêter, et de leur capacité à se surpasser. »

Alors que nous soulignons le 75e anniversaire du jour de la Victoire sur le Japon et de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et que nous rendons hommage à la bravoure et aux sacrifices des Canadiens en Asie et dans le Pacifique, George MacDonell est le Visage de la liberté de cette semaine.

Pour en savoir plus sur George MacDonell, visionnez les entrevues qu’il a accordées dans le cadre de la série Des héros se racontent.


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