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Jaye « Pete » Edwards

Jaye Edwards avait 23 ans et était à bord d’un train en direction de Manchester, en Angleterre, lorsqu’elle a appris que la Seconde Guerre mondiale avait pris fin en Europe. Elle venait de piloter un avion pour l’envoyer au front afin de remplacer un avion perdu à la guerre.

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Jaye « Pete » Edwards

Cette nouvelle lui procura des sentiments mitigés, dit-elle; le soulagement de savoir que les pertes de vie cesseraient, mais la tristesse d’avoir effectué son dernier vol.

« D’une certaine manière, j’étais désolée parce que je savais que c’était la fin de ma carrière en aviation », se souvient Jaye Edwards, qui a maintenant presque 102 ans.

Elle travaillait comme infirmière en janvier 1943 lorsqu’elle est tombée sur un journal du dimanche matin et a vu une annonce qui allait changer le cours de sa vie.

« J’ai dit à ma mère “que dirais tu si je pilotais un avion?” »

Le gouvernement britannique était à la recherche de femmes pour fréquenter une petite école de pilotage appelée National Air Women's Reserve (réserve aérienne nationale des femmes) qui organisait des cours le dimanche afin que celles qui avaient un emploi du lundi au vendredi puissent y assister. Madame Edwards raconte que sa mère était réticente au départ à la laisser s’inscrire, mais elle avait presque 21 ans et pouvait prendre sa propre décision. Elle a grandi à Kent, en Angleterre, et était une jeune fille aventureuse qui faisait du vélo et grimpait aux arbres. Elle dit qu’elle a toujours été fascinée par l’aviation.

« J’ai dit à ma mère : “Que dirais-tu si je pilotais un avion?”

Elle m’a répondu : “Euh, je devrais peut-être y réfléchir”, se souvient Madame Edwards. Elle n’a jamais vraiment dit non. » Madame Edwards est devenue l’une des 168 femmes pilotes au sein du Britain’s Air Transport Auxiliary (ATA), qui employait des pilotes civils en soutien aux forces britanniques. Elles étaient surnommées les « attagirls ».

« Nous étions formées pour piloter n’importe quel type d’avion. »

Entre 1943 et 1945, elle a accumulé des centaines d’heures de vol au-dessus des campagnes britanniques et françaises, livrant
20 types d’avions différents – des bombardiers et des avions de ravitaillement aux légendaires Spitfires, qui ont fait partie intégrante de l’assaut allié du jour J. L’ATA avait pour mission de réapprovisionner la Royal Air Force en avions après que d’autres eurent été endommagés ou perdus en service pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Nous étions formées pour piloter n’importe quel avion », déclare-t-elle, se souvenant encore très bien de la sensation de prendre son envol.

« Quand vous êtes en solo et que c’est l’été, que vous vous élevez dans les airs, que le soleil brille et que le ciel bleu est magnifique cette journée-là… aaahh, vous n’aviez pas l’impression d’être dans un avion, mais de flotter, tout simplement », explique-t-elle.

Ses missions commençaient au « Met » – le bureau météorologique – où elle recevait son itinéraire, un manuel de l’avion qu’elle devait piloter et les prévisions météorologiques détaillées des lieux de son décollage et de son atterrissage.

« On ne nous obligeait pas à voler si les conditions météorologiques étaient exécrables; on nous laissait prendre nos propres décisions », explique-t-elle.

Elle volait en solo, un manuel attaché au genou de sa combinaison de vol blanche, utilisant des cartes sans nom, se guidant à l’aide des routes, des voies navigables et d’autres points de repère.

« Il existe un endroit en Angleterre (dont les pilotes parlaient entre eux) où l’eau coule de bas en haut, » dit elle.

Elle volait avec confiance dans les machines et admirait la beauté des paysages, mais elle observait la température de près. Elle avait pour instruction de ne jamais voler à plus de 2 000 pieds d’altitude. Son travail consistait à livrer l’avion en toute sécurité, sans prendre de risques inutiles.

« Les avions sont construits pour voler. Je savais que les avions que je pilotais étaient en bon état, ils étaient envoyés pour être utilisés », explique-t-elle. « Honnêtement, je n’ai jamais eu peur. »

Si les conditions climatiques changeaient rapidement, elle cherchait un aérodrome à proximité pour atterrir. Elle se souvient d'avoir vu de la glace se former sur son aile pendant un vol et avoir changé de cap pour atterrir sur un aérodrome à proximité. Elle ne s’est jamais sentie héroïque et il n’y a jamais eu de grande cérémonie d’accueil lorsqu’elle atterrissait dans un aérodrome.

« Ils étaient tous occupés. Nous étions toujours les bienvenues, mais ils ne faisaient pas tout un plat de notre présence. Ils faisaient leur travail et nous étions venus pour faire le nôtre, et ils veillaient à ce que nous soyons nourries si c’était l’heure du repas, mais sans plus. C’était juste comme ça. »

Après la guerre, Madame Edwards s’est rendue dans le Pacifique Sud pour travailler comme nourrice pour la famille d’un ami. Elle a continué à voyager et à s’occuper des enfants avant de s’installer à Vancouver, de se marier, de devenir enseignante et d’avoir sa propre famille.

Ses souvenirs des années passées dans le ciel sont encore aussi clairs qu’un jour de ciel bleu. « J’aimais tellement ça que je ne pensais pas vraiment (à la guerre). »

À l’occasion du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jaye Edwards est l’invitée de cette semaine dans le cadre des « Visages de la liberté ». Vous pouvez également entendre son histoire de vive voix en écoutant son épisode de notre balado « balado Visages de la liberté » (en anglais seulement).

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