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Eileen Flanagan et Joan Grant

Dans leur jeunesse, Eileen Flanagan et Joan Grant savaient très peu de choses sur leur grand-oncle, tué lors de la bataille de Beaumont-Hamel. Des décennies plus tard, elles ont finalement reconstitué cette partie importante de l’histoire de leur famille.

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Eileen Flangagan and Joan Grant

Richard Maddigan n’était qu’un adolescent de Terre-Neuve lorsqu’il a passé les heures précédant l’aube dans une tranchée sombre et bondée du nord de la France le matin du 1er juillet 1916.

À moins de 500 mètres de là, les Allemands étaient à l’affût.

C’était le premier jour de la bataille de la Somme, et le Newfoundland Regiment menait la troisième vague d’une tentative malheureuse de prendre le contrôle des tranchées allemandes.

Richard Maddigan faisait partie des centaines de soldats tués à Beaumont-Hamel alors qu’ils dévalaient une pente herbeuse sous le feu de l’ennemi. En quelques minutes, le Newfoundland Regiment a été presque entièrement anéanti.

« Je voulais entrer dans la vraie histoire. »

Presque cent ans plus tard, ses petites-nièces se sont rendues dans la campagne française pour se recueillir sur sa tombe et se sont retrouvées dans la même tranchée, submergées d’émotion en pensant à la lourde perte et au courageux sacrifice que les Terre-Neuviens – et leur famille – ont fait ce jour-là.

En 2015, à environ un an du 100e anniversaire de la bataille de Beaumont-Hamel, Eileen Flanagan et Joan Grant ont réservé une chambre d’hôtes et planifié leur pèlerinage.

« C’était tellement émouvant, on pleurait toutes les deux », explique Joan Grant.

« C’était surréaliste, 100 ans plus tard. »

Joan Grant et sa sœur Eileen Flanagan avaient grandi en entendant leur grand-mère parler du frère qu’elle avait perdu à la guerre. Elles savaient à quel point elle était bouleversée lorsqu’elle parlait de Richard, mais elles étaient des enfants et n’ont pas posé de questions.

Des dizaines d’années plus tard, Joan a commandé les états de service de leur oncle et les sœurs ont commencé à reconstituer une partie importante de l’histoire de leur famille, une partie qui les a fait remonter dans le temps.

« Je voulais entrer dans la vraie histoire », dit Joan Grant.

Au fil des renseignements obtenus, elles ont commencé à avoir une idée plus précise de la personne qu’était Richard Maddigan. Lorsqu’elles ont vu une photo de son beau et jeune visage, elles ont immédiatement reconnu qu’il était de la famille.

« C’était vraiment excitant, parce que Richard aurait pu être un jumeau identique de notre propre frère. Le lien familial était alors si réel – c’est notre famille », dit-elle.

Eileen Flanagan, enseignante à la retraite, se souvient d’avoir appris la Première Guerre mondiale à l’école, mais sans vraiment ressentir de lien émotionnel. Tout a changé pour elle quand c’est devenu personnel.

« Lorsque nous l’apprenons à l’école, nous ne faisons pas vraiment le lien avec les personnes que nous connaissions », explique-t-elle.

« Maintenant que j’ai mes propres petits-enfants qui ont l’âge qu’il avait lorsqu’il est parti au combat, je pense à ce que cela a dû être pour quelqu’un comme lui qui a grandi à Terre-Neuve – un jeune garçon qui part pour l’Europe et le Moyen-Orient sans savoir le moins du monde dans quoi il s’engageait, et qui a été tué le premier jour de la bataille. C’était assez émouvant. »

« L’Allemagne a été vaincue, il a fait partie des combats et a participé à la guerre – nous devons lui rendre hommage ».

Le petit village de Beaumont-Hamel, sur la Somme, un fleuve de la France, est devenu un monument vivant de la guerre : les tunnels, les tranchées et les trous d’obus sont toujours là, maintenant tapissés d’herbe.

Un guide touristique a emmené les sœurs dans les tranchées et leur a expliqué comment les soldats restaient là pendant des heures et des heures, armés, en attendant de descendre en courant la colline sous le feu de l’ennemi. Les gravures des soldats sont encore visibles sur les murs.

« Être là en bas et se rendre compte de ce que c’est, puis sortir de ce trou et courir à travers ce champ. Il pouvait nous indiquer les endroits où les Allemands étaient en vue », dit Flanagan.

Plus de 700 membres du Newfoundland Regiment ont été tués ou blessés à Beaumont-Hamel. Alors que la nouvelle tragique se répandait dans les foyers, les journaux locaux ont publié de longues listes de victimes. Presque toutes les familles ont été touchées.

Ce voyage a incité les sœurs à planifier un second voyage à Terre-Neuve pour le 100e anniversaire.

Joan Flanagan a déclaré que la solennité des cérémonies à Terre-Neuve était d’un grand contraste avec les célébrations joyeuses de la fête du Canada qu’elles ont vécues en grandissant. Les sœurs se sont rendues au monument à St. John’s et ont vu la princesse Anne déposer une gerbe, et ont assisté à un opéra écrit à propos de la bataille et à l’ouverture officielle du musée The Rooms.

« C’est surtout l’anniversaire de la bataille de Beaumont-Hamel, ce n’est pas la fête du Dominion. C’est très solennel, comme notre jour du Souvenir ici. »

Joan Grant sera toujours reconnaissante à son grand-oncle pour son sacrifice.

« Il a traversé l’océan et a été tué en moins d’un an – ce qu’il a traversé, l’Allemagne a été vaincue, il a fait partie des combats et a participé à la guerre – nous devons lui rendre hommage. »

En l’honneur du 105e anniversaire des batailles de la Somme et de Beaumont-Hamel, nous transmettons les histoires de Canadiens qui ont un lien personnel avec ces batailles. Découvrez d’autres histoires.

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