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Sergent (à la retraite) Geneviève Gauthier

À l’époque où ses amies écoutaient des films comme Danse lascive , Geneviève Gauthier, elle, préférait regarder Full Metal Jacket ou d’autres films de guerre. Recrue des Forces armées canadiennes (FAC) à 17 ans, elle a gravi l’échelle des grades et est devenue la première femme sergent-ingénieur au sein des forces régulières.

Fort McMurray, Alberta

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Afghanistan

S'est enrôlée

1994

Affectations

  • Valcartier, QC,  1995, 2002
  • Gagetown, N-B, 2000, 2008

Expérience opérationnelle

  • Crise du vergals, Montréal, QC
  • République Centrafricaine, 1999

Elle en était à sa première session en soins infirmiers au CEGEP lorsque sa chef de stage lui a dit « tu ferais une bonne infirmière, mais on dirait que ce n’est pas ça que tu veux faire ». En quête d’aventures et d’expériences hors du commun, Geneviève Gauthier s’est alors présentée au centre de recrutement des FAC à Rimouski. Trois semaines plus tard, le jour du 50e anniversaire du débarquement de Normandie, elle s’est enrôlée. « C’était comme si c’était prédestiné. »

Elle a gardé de beaux souvenirs de son cours de recrue à St-Jean-sur-Richelieu. « J’ai adoré. Je rêve encore que je fais St-Jean des fois la nuit. » Son cours suivant, pour pouvoir occuper le métier d’ingénieur, s’est révélé beaucoup plus ardu. Heureusement, son adjudant l’encourageait continuellement lors des moments difficiles « non, Gauthier, on va vous garder. Ils vous attendent au 5e Régiment de génie de combat. Vous êtes bonne ».

Cinq ans après son arrivée au 5e Régiment, en 1999, Gauthier a participé à son premier déploiement à l’extérieur du pays, en République centrafricaine. Son unité s’occupait de toutes les communications radio pour les contingents des pays présents lors de la mission de paix de l’ONU. « Ça été une mission pour m’ouvrir les yeux sur ce qui se passait dans le monde, et voir à quel point nous sommes privilégiés. »

« Quand je suis entrée dans les Forces, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui travaillaient dans les métiers liés aux armes de combat. J’ai poussé mes limites au bout et ça été le cours le plus difficile de ma vie. Pour moi, c’était un but incroyable et j’ai réussi à l’atteindre. »

À son retour d’Afrique, elle a suivi plusieurs cours de leadership qui lui ont permis d’accéder initialement au grade de caporal-chef. Seule femme présente dans ces cours, c’était pour elle important de le réussir : « Quand je suis entrée dans les Forces, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui travaillaient dans les métiers liés aux armes de combat. J’ai poussé mes limites au bout et ça été le cours le plus difficile de ma vie. Pour moi, c’était un but incroyable et j’ai réussi à l’atteindre. »

En mai 2007, ses efforts ont été davantage récompensés par l’obtention de son grade de sergent : « C’était mon plus beau moment dans les FAC. J’obtenais quelque chose que personne d’autre n’avait obtenu avant moi au Canada, c’est-à-dire d’être la première femme sergent-ingénieur des forces régulières. »

Cinq mois plus tard, elle a accepté un déploiement de huit mois en Afghanistan. Bien qu’elle devait occuper un poste statique dans la base de Kandahar, le sergent Gauthier s’est retrouvée en zone dangereuse sur le terrain à quelques reprises. Elle a notamment fait partie de l’une des équipes qui a supervisé le pavage de la route Foster, un chemin en sable rendu tristement célèbre. C’est sur celui-ci qu’une grande partie des soldats canadiens en Afghanistan ont perdu la vie à cause d’engins explosifs improvisés.

« C’est bizarre parce que d’un côté, mes travailleurs adoraient travailler pour moi. [...] D’un autre côté, les talibans n’étaient pas contents qu’une femme soit en charge de 400 Afghans. Mon nom s’est retrouvé dans les mosquées autour parce que j’étais le mal incarné en personne. »
Photo

Geneviève Gauthier avec un interprète et des enfants afghans.

Responsable des 400 travailleurs afghans embauchés pour le pavage, elle était devenu un peu une figure de proue pour les habitants locaux : « C’est bizarre parce que d’un côté, mes travailleurs adoraient travailler pour moi. On m’avait trouvé un nom en afghan qui signifiait ‘la matriarche’. D’un autre côté, les talibans n’étaient pas contents qu’une femme soit en charge de 400 Afghans. Mon nom s’est retrouvé dans les mosquées autour parce que j’étais le mal incarné en personne. »

Heureusement, elle et ses camarades ont eu de la chance : il n’y a eu aucune perte de vie au sein de son équipe lors du travail sur la route Foster. Elle a toutefois vécu l’angoisse de regarder le véhicule d’un ami sauter sous ses yeux. « Sur la route, la minute qu’on embarque dans un véhicule, on joue aux dés. Sébastien Gauthier était devant moi… L’attente avant de savoir sur la radio, connaître son état… Encore aujourd’hui, si j’entends un son comme « vouf », les genoux me plient. Heureusement, il s’en est bien sorti. »

Quelques mois après son retour d’Afghanistan, elle a demandé sa libération des FAC. Elle a été récemment diagnostiquée avec l’état de stress post-traumatique. « J’ai trouvé le courage de me faire diagnostiquer. Avec mes quatre enfants, je ne pouvais pas me permettre de ne pas être là à 100%. Dernièrement, c’était le premier anniversaire du décès d’un de mes bons confrères qui s’est enlevé la vie. Pour moi, c’est important d’aller se faire soigner. Puis, si ça peut encourager mes chums de le faire eux aussi… »

Avec courage, intégrité et loyauté, Geneviève Gauthier a laissé sa marque. Elle est l’une de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres histoires.  

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