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Adjudant-maître (à la retraite) Mark Charlton

Originaire de Belleville (Ontario), Mark Charlton était un cadet de l’Air et un membre de la Réserve de l’infanterie, avant de passer à la Force régulière en 1979. Après avoir terminé son instruction de base et son instruction d’opérateur radio, il a été affecté dans tout le Canada et a participé à des déploiements de maintien de la paix et de l’OTAN dans le monde entier.

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Sergeant-Major (Ret’d) Mark Charlton

Sa première affectation a eu lieu dans le centre de l’Alberta au début des années 1980, dans une station de communication et de radar (un « Diefenbunker ») à Penhold. Son premier déploiement à l’extérieur de l’Amérique du Nord a eu lieu en 1985. Alors qu’il servait au sein du 1er Régiment des transmissions du Canada, il est parti en déploiement sur le plateau du Golan dans le cadre de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement.

« Dans l’avion vers Damas en regardant les villes par-dessus lesquelles on passait, dit Charlton, on voyait les missiles surface-air qui entouraient l’aéroport. »

À son arrivée à Damas, Charlton est recruté par les forces de l’ONU et envoyé sur le plateau du Golan.

« On voyait les signes de batailles récentes et les réfugiés de guerre », dit-il.

Stationné à la frontière entre le Liban, Israël et la Syrie, il a travaillé comme opérateur radio et a été le commandant du détachement. Avec trois autres personnes, il a passé six mois isolé dans une maison munie d’un bunker pour assurer sa sécurité, à faire des reportages sur les combats et les mouvements de troupes autour d’eux.

Les forces de l’ONU occupaient une zone de séparation entre Israël et la Syrie, une région où ni l’armée israélienne ni l’armée syrienne n’était censée entrer, ou agent armé de tout genre, à part les membres de la mission de l’ONU qui patrouillaient dans la région.

« Nous avions une routine quotidienne à effectuer, dit Charlton. Une fois par jour, une estafette passait et déposait le courrier que nous attendions avec impatience. »

Ils ont essuyé des tirs à plusieurs reprises, lorsque des escarmouches ont éclaté près de leur avant‑poste.

« C’était en fait la première fois que je me faisais réellement tirer dessus, déclare Charlton, je n’y ai pas vraiment pensé la première fois, j’ai presque juste réagi. Ce n’était que plus tard que j’y ai pensé… les choses auraient pu mal tourner très vite. »

De retour au Canada, Charlton a été affecté à Debert, en Nouvelle‑Écosse, en 1988. De là, il a participé à deux déploiements en Allemagne de l’Ouest avec l’OTAN, où il a patrouillé dans la zone le long du mur de Berlin. En 1992, avec l’effondrement de l’Union soviétique, il a participé à une mission d’aide humanitaire multinationale pour soutenir la Russie et les anciennes républiques soviétiques, dont l’économie était en déclin.

« Aucun Occidental n’était entré dans cette région de l’Union soviétique depuis la Seconde Guerre mondiale, dit‑il. Il était très intéressant de voir comment les gens vivaient. Je me sentais très désolé pour eux, d’observer à quel point leur pays s’était dégradé. »

Basée à Helsinki, en Finlande, et menant ses opérations à des températures aussi basses que -40°C, la mission a aidé à livrer des fournitures par avion dans les villes de l’ancienne république.

En 1994, il est parti en déploiement au Rwanda, dans le cadre des principaux éléments de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda II (MINUAR II), organisée en réponse au génocide en cours dans le pays.

« Il y avait beaucoup de combats de rue à Kigali à l’époque. »

En juin de cette année‑là, il a été l’un des premiers Canadiens de la MINUAR II à arriver au Rwanda, dans le cadre du détachement de reconnaissance. Ils sont entrés à Entebbe, en Ouganda, par avion puis ont pris la route pour rejoindre Kigali, la capitale du Rwanda.

« Il y avait beaucoup de combats de rue à l’intérieur de Kigali à l’époque, dit Charlton. Les réfugiés se cachaient où ils pouvaient à Kigali. Quand je suis arrivé là‑bas, à part les petits restes de la force de la MINUAR I et quelques organismes de l’ONU, les seuls Occidentaux qui s’y trouvaient étaient Médecins sans frontières. »

Au départ, notre travail était de fournir des communications au pays; il n’y avait plus d’infrastructure dans le pays, c’était l’anarchie. »

Au début, il travaillait depuis le quartier général des Nations Unies à Kigali, jusqu’à l’arrivée de nouvelles forces de la MINUAR II à la fin du mois de juillet. Les forces se sont ensuite rendues à Butare, la deuxième ville du Rwanda. Là, parmi les combats en cours, on y a établi un quartier général avancé et un centre des communications, tout en organisant des défenses pour les soldats du maintien de la paix des Nations Unies qui allaient bientôt arriver.

Alors qu’il servait à Butare, au Rwanda, Charlton et d’autres gardiens de la paix des Nations Unies ont offert de l’aide aux réfugiés et aux personnes déplacées en raison de la violence.

« Au départ, notre travail était de fournir des communications au pays; il n’y avait plus d’infrastructure dans le pays, c’était l’anarchie », affirme-t-il. « Nous utilisions des systèmes radio que nous n’avions pas utilisés de façon opérationnelle depuis longtemps, des systèmes qui étaient dépassés; toutefois, c’était nécessaire parce que l’infrastructure au Rwanda n’existait pas. »

« Nous sommes restés à Butare pour le reste de la mission, dit Charlton. C’était au milieu du mois de juillet quand la [guerre] s’est terminée et que les choses ont commencé à se calmer. Nous avons alors participé à la recherche des fosses communes; il y avait encore des corps partout. »

« L’aéroport à Kigali fonctionnait à ce moment-là et les combats étaient beaucoup plus limités, dit-il. Quand je suis arrivé en juin, l’aéroport ne fonctionnait pas du tout. »

Charlton a ensuite effectué une mission en Afghanistan de 2003-2004 dans le but d’aider à construire des réseaux informatiques pour les forces multinationales dans la capitale, Kaboul. De retour au Canada, il a servi au sein du 2e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery, à Petawawa et à Ottawa, puis a pris sa retraite après trente-deux ans dans les Forces armées canadiennes.

« Ce fut une carrière assez variée sur 30 ans », dit Charlton.

Il est actif au sein de l’Association des vétérans du Rwanda, une organisation qui rassemble les vétérans de cette mission de maintien de la paix pour parler de leur expérience de service au Rwanda. Il reste également en contact avec les membres de la Force de défense australienne qu’il a rencontrés lors de son séjour au Rwanda.

« Je pense que cela a vraiment aidé beaucoup de gars, pour faire socialiser davantage », dit-il.

Durant sa retraite, il consacre également de son temps à des activités de bénévolat, principalement pour Ambulance Saint-Jean.

Nous rendons hommage aux efforts des gardiens de la paix canadiens en mission dans le monde entier. Avec courage, intégrité et loyauté, Mark Charlton a laissé sa marque. Il est l’un de nos vétérans canadiens. Explorez d’autres histoires.


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