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Vice-amiral (à la retraite) Duncan « Dusty » Miller

Né au Royaume-Uni, Duncan « Dusty » Miller a immigré au Canada en 1954. À l’âge de 15 ans, il désire vivement s’engager dans la marine et il se rend donc au centre de recrutement. Il ne peut y être admis avant l’année suivante, étant donné son jeune âge. Il poursuit des études à l’Université Bishop’s de Lennoxville.

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Vice-amiral (à la retraite) Duncan « Dusty » Miller

À 15 ans, Duncan « Dusty » Miller ne savait pas qu’il gravirait un jour les échelons jusqu’au grade de vice‑amiral dans la Marine royale canadienne, mais il savait qu’il voulait s’engager dans l’armée.

Il s’est finalement engagé et sa carrière s’est échelonnée sur une période de 38 ans, et a été ponctuée par un séjour au Moyen‑Orient en tant que commandant du groupe opérationnel naval canadien à bord du NCSM Athabaskan pendant la guerre du Golfe. En outre, il a été commandant de la logistique de combat alliée, supervisant les activités de quelque 60 navires de guerre alliés.

Il s’agissait d’une période de grande instabilité.

Après l’invasion du Koweït par 100 000 soldats iraquiens le 2 août 1990, les Nations Unies ont condamné les combats presque sans tarder. Peu après, une coalition de plus de 35 pays, dont le Canada, s’est regroupée pour défendre la liberté du Koweït.

Fin août, deux destroyers canadiens, les NCSM Terra Nova et Athabaskan, ont été déployés au Moyen‑Orient avec le navire de ravitaillement NCSM Protecteur, pour rejoindre la flotte de la coalition qui veillait à sécuriser les eaux au large de l’Iraq et du Koweït occupé. Ils transportaient également cinq hélicoptères Sea King dont les opérations ont été déterminantes pour assurer le succès de missions d’interdiction et la protection des navires alliés. Le vice‑amiral Miller garde un excellent souvenir du jour où les navires canadiens ont quitté le port d’Halifax.

« En ce beau jour ensoleillé, il y avait des milliers et des milliers (de personnes) qui s’alignaient sur les jetées pour souligner notre départ et des centaines de bateaux nous suivaient pour nous souhaiter bonne navigation, bon vent, bonne mer ». Peu de temps après leur départ, Duncan Miller et beaucoup d’autres membres de l’équipage ont réalisé que certaines personnes dans la foule pensaient qu’ils ne reviendraient peut‑être pas.

« Ils pensent que notre retour est incertain », à en croire les marins. « Et nous ne serions peut‑être pas revenus si nous n’avions pas fait les bonnes choses au bon moment ou si nous n’avions pas eu le bon entraînement », explique Duncan Miller. « Et ce n’est pas parce que nous n’avons pas été en danger, nous l’étions. »

Finalement, tous les membres des Forces armées canadiennes qui ont servi pendant la guerre du Golfe sont rentrés chez eux, y compris les hommes et les femmes de l’Athabaskan.

« Ce fut probablement le déploiement naval et aéronaval le plus réussi de l’histoire du Canada. Nous sommes allés là‑bas, nous avons fait le travail, nous avons affronté le danger, nous étions à la guerre, nous nous sommes entraidés et nous sommes tous rentrés chez nous. » Il est particulièrement fier des compagnies de navires commandées par le capitaine John Pickford du NCSM Athabaskan, les capitaines Dennis Cronk et Doug Maclean du NCSM Protecteur et le capitaine de frégate Stu Andrews du NCSM Terra Nova.

L’un des dangers auxquels fait allusion le vice‑amiral Miller s’est produit lorsque le NCSM Athabaskan est venu en aide au navire américain USS Princeton, qui avait été gravement endommagé par des mines iraquiennes au large des côtes du Koweït.

Il a fallu escorter un remorqueur de la coalition sur des centaines de kilomètres d’eaux dangereuses et naviguer à travers des zones minières ennemies, d’où la tension palpable au cours des quelques jours à bord.

« On n’a pas le temps de penser au moral quand on traverse une vraie zone minière, confie Duncan Miller. Pendant 72 heures, on pouvait entendre une mouche voler. Tout le navire était scellé en compartiments pour réduire au minimum les dégâts si on entrait en contact avec une mine. »

À la fin de ces trois jours, le NCSM Athabaskan avait réussi à éloigner en toute sécurité le navire de guerre américain de la zone minière. La mission a été couronnée de succès. Pour le vice‑amiral Miller, il s’agit d’un souvenir intarissable du moment passé à la guerre, mais loin d’être le seul.

Il est encore particulièrement ému par l’appui que lui et les autres à bord du NCSM Athabaskan ont obtenu du Canada. « Beaucoup d’entreprises nous ont manifesté leur soutien. Les familles, en particulier, nous ont épaulés quand nous étions là‑bas, et ce, grâce à leurs messages de soutien. Et nous avons reçu des lettres de diverses écoles de tout le Canada, de citoyens inquiets. Les marins ont répondu à chacune d’entre elles. »

D’une certaine manière, c’était comme si le NCSM Athabaskan n’avait jamais quitté le port.

« L’appui a été incroyable. Nous n’étions pas à 11 000 miles, mais, pour nous, nous aurions aussi bien pu être à côté de la jetée. »

Trente ans plus tard, le vice‑amiral Miller considère la guerre du Golfe comme un mal nécessaire et, aujourd’hui au Canada, il se fait un devoir de faire valoir son point de vue.

« La chance nous sourit vraiment dans ce pays. On est en sécurité chez soi et c’est le sentiment que partageaient les Koweïtiens quand, tout à coup, une force d’invasion a envahi leur quartier avec des chars. »

Le peuple koweïtien a dû se réfugier dans des abris souterrains. Ils ont craint pour leur vie.

« Comment vous sentiriez‑vous? Vous vous poseriez comme question : Quelqu’un peut‑il venir nous aider? Est-ce que l’on peut faire quelque chose? Ils détruisent notre pays sous nos yeux et nous devons nous cacher, que peut‑on faire? »

Pendant près de sept mois, le Canada a envoyé plus de 4 000 membres des Forces armées canadiennes pour prêter main‑forte. Le vice‑amiral Miller est toujours fier d’avoir pu apporter sa contribution.

« En guise d’exemple le plus éloquent pour expliquer aux Canadiens que tout cela en valait la peine, nous avons reçu une immense carte des enfants du Koweït à notre retour au pays pour nous remercier de leur avoir redonné leur pays! »

Aujourd’hui retraité de l’armée, le vice‑amiral Miller habite à Halifax, en Nouvelle‑Écosse. Il est colonel honoraire du 406e Escadron maritime d’entraînement opérationnel et il vient de terminer trois années à la présidence du conseil national du Corps canadien des commissionnaires, qui comprend quelque 22 000 femmes et hommes chargés de veiller à la sécurité du Canada d’aujourd’hui.

Avec courage, intégrité et loyauté, il a laissé sa marque. Il est l’un de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres récits.

Regarder les vidéos Des héros se racontent de Duncan Miller (en anglais seulement).


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