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Capitaine (à la retraite) Robert Thibeau CD

Le capitaine (à la retraite) Robert Thibeau, un fier vétéran métis, est né au sein d’une famille de militaires au camp Shilo, au Manitoba, mais il a été élevé à Gagetown, au Nouveau Brunswick. Ayant été abusé enfant, Thibeau désirait une structure et une raison d’être à l’âge adulte. C’est ce qui l’a mené dans les Forces armées canadiennes.

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Le capitaine (à la retraite) Robert Thibeau porte ses médailles.

Robert Thibeau s’est enrôlé en 1972 comme soldat dans le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry. En 1978, il a participé à un déploiement à Chypre en tant que commandant de section pour veiller aux normes opérationnelles et résoudre les problèmes au fur et à mesure. Il est retourné à sa base principale à Calgary et a été promu sergent en 1979. Il est monté au grade d’adjudant maître, tout en terminant ses études secondaires.

« Dans mes nombreux déploiements, je me suis rendu compte que les soldats autochtones n’avaient pas toujours droit au même niveau de respect. »

À l’étranger, Thibeau s’est aperçu que les militaires n’étaient pas tous traités également.

« Dans mes nombreux déploiements, je me suis rendu compte que les soldats autochtones n’avaient pas toujours droit au même niveau de respect. Je passais facilement pour un Blanc, alors je pense que c’est la raison pour laquelle mon expérience était différente, mais je pouvais entendre les commentaires désobligeants. » Cette réalité l’a incité à se renseigner sur ses racines culturelles. Il a appris à mieux comprendre ses origines et a découvert qu’il était d’ascendance métisse du côté de sa mère, remontant aux Micmacs de la Nouvelle-Écosse.

En 1992, on apprenait la nouvelle de l’arrestation médiatisée du pédophile Karl Toft au Nouveau-Brunswick. Thibeau a fait partie de ses victimes lorsqu’il fréquentait l’école de réforme de Kingsclear, adolescent.

« Quand c’est sorti dans les journaux, le secret était au grand jour, car de nombreuses victimes ont été contactées. Ça m’a ramené à cet endroit et c’était une période sombre de ma vie. » La communauté du Nouveau-Brunswick était choquée, et la honte, la douleur émotionnelle et la gêne ont durement éprouvé Thibeau. Heureusement, il a appris à gérer ces sentiments, et son travail lui a permis de se concentrer sur quelque chose d’important.

« Ils ont pris un garçon brisé et lui ont donné un emploi, une raison d’être et un sentiment d’appartenance [...] Jamais un jour je ne pourrai leur rendre ce qu’ils ont fait pour moi. »

« L’armée m’a sauvé la vie. » Du moment où il s’est enrôlé, Thibeau a pris confiance en lui et se sentait utile. « Se sentir abandonné par sa famille et le système est un obstacle difficile à surmonter. Ils ont pris un garçon brisé et lui ont donné un emploi, une raison d’être et un sentiment d’appartenance parce qu’ils m’ont accueilli comme un des leurs et m’ont choisi. Jamais un jour je ne pourrai leur rendre ce qu’ils ont fait pour moi, » déclare Thibeau.

En 1997, Thibeau a participé à un déploiement en Bosnie au sein de la Force de stabilisation de l’OTAN pour mettre en œuvre l’Accord de Dayton. Son unité a effectué une recherche sur le renseignement en matière d’inspection et a recueilli de l’information sur les évaluations des menaces. Thibeau a de bons souvenirs d’avoir construit des écoles et envoyé le ballon à des enfants lorsqu’il était à l’étranger. « On voyait bien que le travail que nous faisions améliorait les choses. Et j’étais fier d’être canadien quand on patrouillait, car notre drapeau donnait espoir aux gens. C’était puissant. » À son retour chez lui en 1998, Thibeau s’est marié avec Rose, qui faisait aussi partie de l’armée à l’époque. Ils étaient tous les deux affectés à Edmonton et, en 2002, Thibeau a obtenu le grade de capitaine, puis a été affecté au Royal Newfoundland Regiment.

Le couple a déménagé en Ontario en faisant quelques arrêts en cours de route. Thibeau a terminé sa carrière en beauté comme premier commandant d’escadron du Programme d’initiation au leadership à l’intention des Autochtones, au Collège militaire royal du Canada. Après avoir pris sa retraite en 2009, Thibeau est devenu un membre fondateur de l’organisme Aboriginal Veterans Autochtones (AVA) et un membre du Groupe consultatif sur la santé mentale d’Anciens Combattants Canada.

Le capitaine (à la retraite) Robert Thibeau purifie la tombe d’un vétéran métis.

Il a concrétisé sa passion lorsqu’il a créé Eagle Vision Leadership and Training Incorporated, une entreprise qui offre de la formation sur la sensibilisation aux questions autochtones et sur les cultures autochtones au sein des Forces armées canadiennes. « Eagle Vision Leadership and Training Incorporated a été créé pour s’assurer que nos jeunes et nos communautés retrouvent leur fierté, et que nous revitalisons et redéveloppions nos cultures uniques pour gagner le respect des Canadiens. »

« Durant notre service, nous avons partagé les difficultés et les bons moments – je m’accroche à ces souvenirs. »

Le capitaine Thibeau est fier de sa carrière et de son patrimoine métis. « Durant notre service, nous avons partagé les difficultés et les bons moments – je m’accroche à ces souvenirs. »

La vie n’a pas été facile pour Thibeau, qui a fait preuve d’une incroyable résilience et d’une grande ténacité à chaque obstacle qui s’est dressé sur son chemin. L’armée lui a donné les outils et les valeurs qui ont façonné son avenir. Comme jeune soldat métis, il a appris qu’abandonner n’était pas une option. Maintenant un aîné, il cherche à faire passer le même message aux jeunes autochtones et à laisser une source d’inspiration qui contribue à l’héritage de ses ancêtres.

Avec courage, intégrité et loyauté, Robert Thibeau a laissé sa marque. Il est l’un de nos vétérans canadiens. Découvrez d’autres histoires.


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