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Sergent Stephen Thomas

Stephen Thomas est né à Scarborough, en Ontario. Quand il était enfant, il était passionné d’athlétisme et de compétition. Thomas s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes (FAC) lors de son 18e anniversaire, et a ensuite effectué deux missions en Afghanistan. Il a été décoré de la Médaille de la bravoure pour ses actes à Kandahar.

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Sergeant Stephen Thomas

Stephen Thomas a étudié au Birchmount Collegiate de Scarborough où son intérêt pour les FAC s’est éveillé à la suite d’un match de lutte. « J’avais battu mon adversaire, qui était beaucoup plus grand. Après notre match, il m’a dit “tu ne peux pas faire ce que je fais”. Il s’est avéré qu’il faisait partie de la Réserve de l’Armée à l’époque. J’ai donc rejoint les Forces pour relever lele défi. »

Thomas s’est enrôlé le jour de son 18e anniversaire en 2000. « Je ne savais vraiment pas dans quoi je m’engageais, mais c’était tout à fait dans mes cordes. J’ai toujours aimé être en plein air. J’ai apprécié le travail d’équipe et les défis physiques. » Après avoir suivi l’entraînement de base, Thomas a été affecté au 7th Toronto Regiment de l’Artillerie royale canadienne.

Il a obtenu le grade de bombardier‑ chef et a effectué son premier service à l’étranger en Afghanistan au cours de la Roto  3 de la Force opérationnelle à Kaboul en 2003‑ 2004. Pendant son séjour à Kaboul, Thomas a eu l’occasion de participer à des exercices d’entraînement communs avec The Queen’s Own Rifles of Canada (QOR of C).

« Ce n’est pas une armée unitaire. Tout le monde défend la même cause – le succès de la mission. »

« Ce type d’activité permet l’échange d’informations ainsi qu’une fenêtre sur nos deux mondes différents. Ce n’est pas une armée unitaire. Tout le monde défend la même cause – le succès de la mission. C’est donc une chose que j’ai vraiment appréciée, les exercices d’entraînement entre les différentes unités », déclare Thomas.

Après avoir passé du temps avec des membres du QOR of C, Thomas s’est aperçu que ses compétences et ses attitudes pourraient être mieux adaptées à ce régiment. « La plupart des membres du Queen’s Own Rifles ont grandi dans la région du Grand Toronto et j’avais beaucoup plus en commun avec eux. J’étais très enthousiaste, toujours prêt à faire le travail… avec l’artillerie, il y a une limite à la façon dont on peut se rapprocher de l’action. »

Thomas a officiellement rejoint le QOR of C en 2005 en tant que membre de son escadron de parachutistes. « Il y avait un vrai sentiment d’appartenance. Une transition fluide, sans contretemps, et j’ai pu reprendre là où je m’étais arrêté, juste avec une nouvelle équipe. »

Thomas est parti en déploiement pour la deuxième fois en Afghanistan peu après avoir rejoint sa nouvelle équipe. Cette fois‑ ci, il a été envoyé à Kandahar. Il a rapidement constaté des différences majeures entre les deux régions.

« Quand nous sommes arrivés à Kandahar, c’était comme le Far West. Ce n’était pas aussi civilisé et développé que Kaboul et le paysage était clairsemé. »

Les différences n’étaient pas seulement géographiques, mais aussi dans le style et le niveau de la menace. « À Kaboul, il était toujours question de champs de mines, de bombes artisanales, ou de menaces indirectes d’incendie. À Kandahar, c’était complètement différent. Nous étions visés par des embuscades, des engins explosifs improvisés… c’était une menace sous une forme différente. »

Le 3 octobre 2006, la vie de Thomas a changé en un instant. « Les services de renseignement avaient fourni une information sur le fait que quelqu’un se préparait à nous attaquer au moyen d’un taxi. Ce n’était pas nouveau, nous entendions ce genre de menace tous les jours. » Lorsqu’ils sont entrés dans le centre‑ ville, un taxi a explosé et le véhicule de Thomas a été avalé par la fumée.

Thomas et son chauffeur ont pris un moment pour se concentrer, sachant qu’ils devaient agir rapidement. « Nous nous préparions à trouver des cadavres. Mais je savais aussi que nous devions tout d’abord atteindre le véhicule en feu. » Le véhicule en feu en question était un G‑ Wagon des FAC qui roulait juste devant Thomas et son chauffeur. Après avoir retrouvé son calme, le conducteur du G‑ Wagon a partagé une information vitale avec Thomas  – il y avait dans le véhicule en feu des renseignements essentiels concernant l’opération Medusa.

Thomas a récupéré cinq extincteurs, mais seulement deux ont fonctionné. En limitant suffisamment les flammes afin de pouvoir entrer dans le véhicule en feu, il a récupéré l’ordinateur portable. Mais une fois à l’intérieur, il a vite constaté que le véhicule était chargé d’explosifs puissants. Thomas s’est empressé de saisir le plus d’explosifs possible afin que le véhicule n’explose pas en un instant et il a dit à ceux qui se trouvaient à proximité d’évacuer la zone.

Son casque a pris feu, et lorsque les flammes ont commencé à rouler à l’intérieur du véhicule, Thomas a su qu’il était temps de battre en retraite.

Près d’une minute plus tard, le véhicule a explosé.

Thomas et ses collègues ont inspecté la région, aidé les habitants qui avaient besoin d’une assistance médicale et sont rentrés à la base. À l’époque, il pensait qu’il faisait simplement son travail. « C’est comme ça que je l’ai vu. »

« Je n’avais aucune idée de l’importance de la médaille. »

Thomas suivait un cours en Nouvelle‑Écosse lorsqu’il a appris qu’il allait recevoir la Médaille de la bravoure. « Je n’avais aucune idée de l’importance de la médaille… tout le monde était énervé, mais de manière positive. »

De retour à Scarborough, Thomas a été informé qu’il était le premier soldat de la région du Grand Toronto à recevoir la Médaille de la bravoure dans un rôle de combat depuis la guerre de Corée. « C’est là que ça m’a vraiment frappé. »

Thomas continue de servir dans les FAC en tant que sergent. Dans le cadre de ses fonctions, Thomas parle avec les jeunes dans les écoles de la région du Grand Toronto, partageant ainsi son histoire et éduquant la jeune génération sur le conflit en Afghanistan. « Certains des soldats qui sont passés par le Queen’s Own Rifles se souviennent de mes présentations des années passées. C’est assez cool de voir la boucle se refermer. »

« Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de la bulle dans laquelle nous vivons… nous n’avons pas une vision globale du monde. »

En repensant à son service à l’étranger, Thomas souligne à quel point son expérience de mission a changé ses opinions et ses valeurs. Il espère qu’en partageant son histoire, les Canadiens continueront à apprécier les droits et les libertés auxquels ils sont habitués. « Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de la bulle dans laquelle nous vivons… nous n’avons pas une vision globale du monde. Nous vivons, nous travaillons, nous rentrons à la maison. Il n’y a aucune idée réelle des souffrances que connaissent certaines parties du monde. »


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