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Rwanda

1993 – 1996

Chronologie des événements

D'octobre 1990 à août 1993

La reprise de la guerre civile au Rwanda déplace des centaines de milliers de personnes

4 août 1993

Le gouvernement rwandais et le Front patriotique rwandais signent l'Accord de paix d'Arusha

5 octobre 1993

Les Nations Unies (ONU) créent la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda. Le major-général canadien Roméo Dallaire en est le commandant

6 avril 1994

Le président rwandais Juvénal Habyarimana est assassiné

7 avril 1994

Des militaires rwandais et des groupes extrémistes tutsis et hutus commencent un génocide. Ils tuent plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés au cours des 100 jours suivants

Mai 1994

L'ONU lance un nouvel effort de maintien de la paix, appelé Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda II (MINUAR II). Son but est d'essayer de protéger les civils et de fournir une aide humanitaire

Juillet 1994

Le pire des génocides prend fin. Un nouveau gouvernement est établi au Rwanda, bien que la violence persiste

Fin juillet 1994

Le premier contingent important de membres des Forces armées canadiennes (FAC) est déployé au Rwanda pour la MINUAR II

Août 1994

Le major-général canadien Guy Tousignant prend le commandement de la MINUAR II

15 février 1996

Les derniers Casques bleus canadiens de la MINUAR II quittent le Rwanda

Ressources d'apprentissage

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Plan de leçon : 12 à 18 ans

Arbre de l'aide humanitaire

De 1993 à 1996, le Canada a joué un rôle important dans les missions de maintien de la paix des Nations Unies (ONU) au Rwanda. Juvénal Habyarimana, président hutu du Rwanda, a été assassiné le 6 avril 1994. Les extrémistes hutus ont riposté par une explosion de violence. Au cours des 100 jours suivants, plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés sont morts. Cela a été l'un des pires génocides du 20e siècle. Les soldats de la paix de l'ONU n'ont pas été en mesure d'arrêter le pire de la violence. Les membres des Forces armées canadiennes (FAC) ont tenté de rétablir l'ordre. Ils ont fourni l'aide humanitaire et d'autres formes d'aide qui étaient nécessaires. Des centaines de membres des FAC sont rentrés du Rwanda affectés par les horreurs qu'ils avaient vues.


Background

(Pre-1993)

La violence entre les Hutus au pouvoir au Rwanda et le Front patriotique rwandais se dirige vers une guerre civile de grande ampleur.

Rwanda

Le Rwanda est un petit pays rural d’Afrique centrale densément peuplé. Il a une superficie d’environ 26 000 kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie de la Nouvelle-Écosse, au Canada. Au début des années 1990, le Rwanda comptait environ huit millions d’habitants.

Hutus et Tutsis

Les tribus hutus et tutsis forment la majorité de la population du pays. Même s’ils étaient minoritaires, les Tutsis ont dominé l’économie et la politique du Rwanda pendant des siècles. En 1960, les Hutus se sont révoltés et ont obligé des centaines de milliers de Tutsis à s’enfuir du pays. Le Rwanda a acquis son indépendance en 1961, mais la crise s’est poursuivie. Certains des Tutsis qui avaient fui le pays ont formé des groupes de rebelles et essayé de faire un retour armé au Rwanda, ce qui a mené à des décennies de violences et de tensions ethniques.

Front patriotique rwandais

À la fin des années 1980, le Front patriotique rwandais a été formé. Ses membres étaient des Tutsis et des Hutus modérés qui s’étaient enfuis du pays. Ils ont rapidement commencé à attaquer le Rwanda pour contester son gouvernement hutu. Ces nouvelles vagues de violence ont déplacé des centaines de milliers de Rwandais de plus. La situation allait mener à une guerre civile de grande envergure.


Tentatives pour trouver la paix

(June 1993 - April 1994)

Le gouvernement rwandais et le Front patriotique rwandais signent les Accords de paix d’Arusha.

Le 22 juin 1993, la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda a été créée. Son objectif était de faire en sorte qu’aucune aide militaire extérieure ne parvienne au Rwanda pour empêcher toute violence supplémentaire. Le major-général canadien Roméo Dallaire en était l’observateur militaire en chef. Les FAC ont donné le nom de code « opération LANCE » à la participation du Canada à cette mission.

Accords d’Arusha

Le 4 août 1993, le gouvernement rwandais et le Front patriotique rwandais ont signé l’Accord de paix d’Arusha. L’objectif était de créer un gouvernement de transition et une assemblée nationale. Les tensions ont continué de s’accroître, bien que les deux parties aient signé l’accord.

Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda

Le 5 octobre 1993, l’ONU a créé la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Son but était d’aider à faire respecter l’Accord de paix d’Arusha. Les FAC ont poursuivi l’opération LANCE et nommé peu après le major-général Dallaire comme commandant. Même avec cette nouvelle mission de l’ONU en place, la mauvaise situation au Rwanda était sur le point de se transformer en cauchemar.


Genocide

(1994 - July 1994)

L’assassinat du président Habyarimana plonge le Rwanda dans 100 jours de violence horrible. Plus de 800 000 Rwandais meurent.

Assassinat du président et représailles

Le 6 avril 1994, un avion transportant le président hutu du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira, a été abattu. Cet assassinat a mené à une explosion de violence. Des militaires rwandais et des groupes extrémistes tutsis et hutus ont commencé à tuer des Tutsis et des Hutus modérés. Au cours des 100 jours suivants, environ 800 000 Rwandais sont morts.

Riposte du Front patriotique rwandais

Le Front patriotique rwandais, dirigé par le futur président rwandais, Paul Kagame, a lancé une offensive majeure le 8 avril. Son objectif était de mettre fin au génocide et de sauver ses troupes dans certaines parties du Rwanda. Ces efforts ont toutefois pris du temps, et le massacre généralisé s’est poursuivi pendant trois mois.

Mandat compromis

Les tâches des Casques bleus canadiens et d’autres Casques bleus de l’ONU au Rwanda étaient extrêmement difficiles. Au début, le Canada ne comptait que deux officiers supérieurs, le major-général Dallaire et son principal adjoint, le major Brent Beardsley. Une fois le génocide commencé, d’autres membres des FAC se sont impliqués.

Les limites dans lesquelles ils devaient travailler rendaient la situation encore plus difficile. Les règles d’engagement des troupes de l’ONU pour la MINUAR étaient très strictes. Les Casques bleus n’avaient le droit de tenter de régler les différends que pacifiquement. Cela signifiait que les soldats ne pouvaient utiliser leurs armes qu’en cas de légitime défense. En conséquence, les forces de l’ONU ne pouvaient pas empêcher les pires atrocités alors que le génocide faisait rage autour d’elles.

Opération SCOTCH

Le 9 avril, les FAC ont lancé l’opération SCOTCH. Son mandat initial était d’utiliser des avions de transport pour évacuer les Canadiens, les Belges et les autres étrangers coincés au Rwanda. Le personnel a également transporté des orphelins par avion pour les mettre à l’abri et fourni une aide humanitaire au pays.

Le personnel de l’Élément de contrôle du transport aérien du Canada a aussi appuyé d’autres opérations de la MINUAR. Le Canada a commencé à évacuer de nombreux Casques bleus étrangers lorsque l’ONU a décidé que la situation au Rwanda était trop chaotique pour rester au pays. La mission aérienne a été prolongée, car la MINUAR a continué d’avoir besoin de ses services. Les avions des FAC ont bravé les combats dangereux. Ils ont apporté de la nourriture, du carburant, de l’eau et du matériel humanitaire dont les personnes avaient besoin. Ce lien continu avec le monde extérieur était un symbole clé d’espoir dans un pays qui avait sombré dans le chaos. Lorsque l’opération SCOTCH a pris fin en octobre 1994, environ 350 membres des FAC y avaient participé.

Le monde regarde l’horreur

En avril 1994, les reportages des médias du Rwanda ont permis au monde entier de voir l’horreur de la situation. Les images télévisées ont montré les milliers de morts et les innombrables réfugiés fuyant le pays. Les limites de ce que les soldats de la paix de la MINUAR pouvaient faire étaient frustrantes. La décision de l’ONU de retirer de nombreux gardiens de la paix a également réduit la façon dont ils pouvaient aider. Entre-temps, les efforts de l’ONU pour négocier la fin de la violence ont échoué.

Fin du génocide

Le 23 mai 1994, le Front patriotique rwandais a pris le contrôle du palais présidentiel à Kigali. En juillet, le pire des massacres a finalement pris fin. Un cessez-le-feu a commencé et le Front patriotique rwandais a établi un nouveau gouvernement au Rwanda. La situation dans le pays est restée précaire, la violence se poursuivant. La mort de centaines de milliers de ses citoyens et la souffrance de nombreux réfugiés a laissé le Rwanda dans un grand besoin d’aide.


Canada and the world responds

(July 1994 - March 1996)

La Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda II est créée pour mettre fin aux massacres, protéger les civils et fournir une aide humanitaire.

Efforts humanitaires

L’ONU s’est heurtée à bien des obstacles pour mettre fin au génocide. Elle a donc changé ses opérations au Rwanda en mai 1994. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a créé une mission élargie, communément appelée Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda II (MINUAR II). Son objectif était d’arrêter les massacres, de protéger les civils et de fournir une aide humanitaire. Le major-général Dallaire commanderait les 5 500 soldats des troupes multinationales de la MINUAR II.

Arrivée d’autres Casques bleus canadiens

Plusieurs centaines d’autres membres des FAC ont commencé à être envoyés en déploiement à Kigali à la mi-juillet 1994. Leurs fonctions étaient variées; les premiers qui sont arrivés ont dû installer une caserne et aider à rétablir le quartier général de la mission de l’ONU sur place. La tâche principale du contingent canadien initial de la MINUAR II était de créer un système de communication fiable dans ce pays déchiré par la guerre. Ce n’était pas facile pour nos soldats de la paix.

Mission périlleuse

Les Canadiens ont été parmi les premiers Casques bleus à arriver pour la MINUAR II. Les troupes d’un autre pays n’arriveraient que beaucoup plus tard. Les tâches de nos soldats obligeaient souvent ces derniers à être déployés en petits groupes dans des régions isolées. Ils ont vu les horribles séquelles du génocide qui avait laissé d’innombrables corps partout. Les règles d’engagement strictes limitaient encore les soldats canadiens; ils ne pouvaient pas s’impliquer lorsqu’ils voyaient de nouvelles violences. Parfois, ils rencontraient aussi des gangs armés et devaient désamorcer l’impasse.

Aider de nombreuses façons

Plus tard, un contingent canadien est venu offrir un soutien logistique aux forces onusiennes. Ces troupes ont fourni des capacités vitales de transport, d’entretien et de ravitaillement. Pendant tout ce temps, les Canadiens ont essayé d’aider la population locale. Nos soldats ont souvent partagé leurs rations avec des enfants affamés. Ils ont distribué de l’aide humanitaire comme de la nourriture et des médicaments au peuple rwandais qui souffrait. Ils ont risqué leur vie pour transporter des personnes des zones dangereuses vers des lieux plus sûrs. Ils ont également pris en charge des projets de soutien plus personnels, tels que l’aide à la création d’orphelinats locaux et la visite des jeunes enfants qui y vivaient.

Opération PASSAGE

Les FAC ont également lancé l’opération PASSAGE à l’été 1994 pour fournir des services médicaux aux réfugiés qui retournaient au Rwanda. En août, les Canadiens ont construit un hôpital de campagne avec des médecins, des infirmières, des étudiants en médecine et d’autres membres du personnel de soutien. Les Canadiens allaient souvent chercher les personnes dans le besoin aux points de rassemblement sur le bord de la route et les emmenaient à l’hôpital de campagne pour qu’elles y soient traitées.

Les ingénieurs militaires canadiens ont travaillé sur l’approvisionnement local en eau pour améliorer la santé des Rwandais. Ils ont également participé au déminage et à l’enlèvement des bombes non explosées. Nos soldats de la paix ont sensibilisé la population locale à ces armes dangereuses qui sont encore dispersées dans tout le pays.

Changement de commandement

En août 1994, le major-général Guy Tousignant du Canada est devenu le nouveau commandant de la Force de la MINUAR II. Ses efforts s’inscrivent dans la foulée du grand leadership dont a fait preuve le major-général Dallaire dans des circonstances difficiles. Le major-général Dallaire est revenu au Canada.

Retour au pays des Canadiens

Les Casques bleus canadiens se sont relayés au Rwanda au cours du déroulement de la mission et de l’évolution de ses besoins. Au début de 1995, les membres des FAC ont commencé à rentrer chez eux. En février 1996, les derniers Casques bleus canadiens qui appuyaient la MINUAR II sont finalement partis.


Sacrifices

Quand les gens pensent au maintien de la paix, ils ne se rendent peut-être pas compte qu’il y a des circonstances dans lesquelles il y a si peu de « paix » à « maintenir ». Le risque de blessure est très réel. Environ 130 membres des FAC sont morts au cours des opérations internationales de maintien de la paix. Un soldat a perdu la vie au Rwanda. Les effets du service dans ces missions peuvent être aussi bien sur le plan psychologique que physique. Un certain nombre de nos vétérans ont payé un lourd tribut en voyant la mort et les souffrances généralisées qui ont frappé le Rwanda. Certains de nos soldats de la paix qui ont servi là-bas se trouvent en état de stress post-traumatique.


Héritage

Post-1996

Des membres des Forces armées canadiennes quittent le Rwanda. Même si les efforts des Canadiens se voient imposer des restrictions, les Canadiens sauvent de nombreux Rwandais.

La mission a provoqué la controverse et des centaines de milliers de personnes sont mortes. Mais les efforts de l’ONU au Rwanda ont compté. Même si les efforts des Canadiens ont été limités pendant le génocide, ils ont sauvé de nombreux Rwandais. Les Casques bleus canadiens ont aidé d’innombrables Rwandais à la suite de massacres. Ils ont fourni de l’aide dans les domaines des communications, de la logistique, des soins médicaux et du déminage.

Selon le major-général Dallaire, ces contributions des FAC au peuple rwandais n’étaient « rien de moins qu’une bénédiction ». Notre pays a reconnu les grands efforts des généraux canadiens qui ont commandé les missions de maintien de la paix des Nations Unies au Rwanda. Le major-général Dallaire et le major-général Tousignant ont tous deux reçu la Croix du service méritoire pour leur leadership face à certaines des pires conditions imaginables.


Le Rwanda aujourd’hui

Le Rwanda continue de se remettre de son passé violent. Le pays a connu une forte croissance économique et, aujourd’hui, il est beaucoup plus pacifique. Le Rwanda a deux jours fériés pour souligner les massacres de 1994, et le déni du génocide est une infraction pénale.

La crise rwandaise a contribué à la création de la Cour pénale internationale. Elle enquête sur les allégations de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, comme ceux que le monde a vus si clairement au Rwanda dans les années 1990.

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