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Ma blessure de guerre

La force francophone

Ma blessure de guerre

Transcription
Ma blessure de guerre J'ai eu trois balles de mitrailleuse dans le bras gauche, pis on avait une distance d'à peu près vingt-cinq pieds dans les rues, en France, dans les villages ça fait vingt-cinq pieds de large, tsé. Fait que, ça a passé proche. Ça a pris une dizaine de jours avant que je puisse manger quelque chose qui goûtait pas la poudre. Tsé, j'avais toujours l'odeur de la poudre dans la bouche, tout le temps. Parce que la nuit ils se servaient de balles lumineuses pour diriger leurs tirs, tsé le phosphore. C'est ça qui a fait le plus mal. Ça brûle. Quand j'ai su que j'avais été blessé, j'ai échappé ma carabine. Sur le coup, tu réalises pas. Ça prend disons peut-être une seconde, tsé, pis là le sang commence à couler, pis là, tu réalises. Mais sur le coup tu la sens pas la balle. Mais quand le sang commence à couler ben là… Fait que là j'ai essayé de m'ramasser le bras, mais ça voulait pas. Fait que je l'ai pogné par les doigts pis c'est venu tout de suite, pis envoye, pis on court. J'ai sauté un fossé qui doit avoir au moins huit pieds de large, pfff, pareil comme si ça avait été rien, tsé? J'avais peur de me faire prendre prisonnier, moi. Avant que les brancardiers arrivent à moi, j'avais fait presque, j'avais fait un bon kilomètre. Pis là ils m'ont pansé, pis y mouillait, y mouillait à scieau les brancardiers m'ont embarqués pis ils m'ont donné tout de suite une piqûre de morphine. Un petit sac en plastique avec une aiguille, pis ils piquent ça. Ça te soulage un peu. J'en ai eu trois avant que je sois opéré. Mais là, dans le Jeep, ils me donnent des couvertes mais les couvertes étaient pleines d'eau. Il mouillait, il mouillait, qu'est-ce que tu veux? C'est pas étanche, ça. Il y avait quatre civières, une par-dessus l'autre. Fait que là, tout de suite ils sont partis en arrière, on était la dix-huitième ambulance, une ambulance de campagne. Pis là en me voyant ils m'ont débarqué tout de suite, ils m'ont embarqué sur la table, pis ils ont commencé à déchirer mon linge, il était tout plein de sang. Pis là, ils m'ont opéré, je me suis réveillé le lendemain matin, avec un gros plâtre, ça pesait une tonne, pis là ils m'ont envoyé tout de suite en arrière. À travers les champs, ça bardassait. J'étais attaché sur le deuxième étage dans l'ambulance. Là, ils m'ont embarqué sur l'avion. On a retraversé en Angleterre. Quand ils m'ont embarqué dans l'avion là, j'avais une grosse fiole de sérum qu'ils me traînaient sur un support là, pis il est arrivé un docteur un gros limey il dit no, no, not that…. Il a pris la fiole pis il a pris une seringue pis il a tout sucé ce qu'il y avait dedans, pis il m'a mis ça dans une cuisse. Ça a fait une bosse. (rire) Tout ça avant d'embarquer dans l'avion. On a embarqué, on était tout couchés on était tous dans des hamacs. C'était un avion de combat, mais ils l'avaient transformé en avion hôpital. Pis rendu en Angleterre, j'ai débarqué sur mes pieds. Le sérum avait fait effet. Après ça, ben ça été un enchaînement. L'hôpital, pis là… ils m'ont examiné, pis ils m'ont cousu pis envoyé ici pour opérer. Mon plâtre, ils l'avaient coupé ici pour pour en enlever les coutures, mais ils avaient oublié ici, en arrière, fait que, ça sentait pas bon. Les vers étaient là-dedans. Je me secouais le bras, pis les petits vers ça tombait. Pour dormir, fallait que je m'envoie le bras de côté, pis ils me viraient le visage par l'autre bord. Ma sœur est venue me voir à Lévis, pis elle était comme d'ici au mur pour me parler. J'empestait, qu'est-ce tu veux, c'était ça qui… le sang, le sang qui pourrit, ça sent pas bon. Celui qui a pas eu peur là, qu'il vienne me le dire. J'en connais pas, j'en connais pas. Même les plus fendants, les plus, ceux qui disaient qu'ils étaient les plus braves. Tout le monde a eu peur. Personne veut mourir, tsé, t'es pas intéressé à mourir, même, à part que si t'es ben, ben malade, pis que… non, non, tu veux vivre.
Description

Joseph Duval a été blessé au combat. Il nous raconte comment cela s’est passé.

Joseph Duval

Joseph Duval est né le 19 janvier 1924 à Danielson au Connecticut. Très jeune, il déménage au Canada avec sa famille. Pendant la grande dépression, ils vivaient en Abitibi. À cette époque où les emplois et l’argent se faisaient rares, il décida de s’enrôler dans l’armée. Il fit son entraînement à Vancouver puis, s’embarqua sur l’Empress of Canada en direction de l’Angleterre. Joseph Duval participa à la bataille de Falaise et fût gravement blessé. Il revint au Canada par la suite.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
4:25
Personne interviewée :
Joseph Duval
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Emplacement géographique :
France
Campagne :
Normandie
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Fusilliers St-Laurent
Grade militaire :
Simple Soldat
Occupation :
Mitrailleur

Droit d’auteur ou de reproduction

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