Le Corps canadien et la bataille de la Somme

Introduction

Des soldats canadiens essaient une mitrailleuse

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Jamais le monde n'avait vu de conflit aussi dévastateur que la Première Guerre mondiale, qui s'est déroulée de 1914 à 1918. La bataille de la Somme, qui en fut l'une des campagnes les plus importantes, vit des soldats canadiens d'un océan à l'autre prendre part à de féroces combats dans cette région à l'été et à l'automne 1916.

Le front occidental

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale en août 1914, les combats en Europe occidentale s'embourbèrent rapidement dans une guerre de tranchées, le long d'une ligne de front qui s'étendait sur près de 1 000 kilomètres en Belgique et en France. D'un côté de ce « front occidental » se trouvaient les forces françaises et britanniques (avec leurs alliés, notamment le Canada) et de l'autre, les Allemands. De leurs tranchées opposées, les ennemis se faisaient face, séparés par un No Man's Land, lugubre terrain neutre, où dominaient barbelés et trous d'obus.

Ces solides positions défensives bénéficiaient d'une protection renforcée faite de mitrailleuses, de tireurs embusqués et d'artillerie, qui rendaient difficile une percée décisive des lignes ennemies. Les chefs militaires peinaient à concevoir des tactiques efficaces pour affronter les réalités de ce nouveau genre de guerre. Finalement, ils préparèrent des plans pour sortir de l'impasse. Les Britanniques et les Français rassemblèrent leurs troupes pour la « grande poussée » (le Big Push) qui devait briser les lignes de défense allemandes. Cette offensive audacieuse était prévue pour l'été 1916 dans la vallée de la Somme, dans le nord de la France.

Début de la bataille

La bataille de la Somme commença par une attaque massive livrée par des centaines de milliers de soldats britanniques et français le matin du 1er juillet 1916. Le début de l'offensive fut un désastre pour les Alliés, dont les forces furent la cible d'un feu nourri lorsqu'elles sortirent de leurs tranchées pour s'avancer dans le terrain neutre. Les pertes tragiques (morts, blessés, prisonniers ou portés disparus) s'élevaient à plus de 57 000 dans les rangs du Commonwealth britannique, soit le plus lourd bilan en un seul jour dans la longue histoire de l'armée britannique. Parmi ce nombre accablant se trouvaient plus de 700 soldats du Newfoundland Regiment (qui ne combattait pas avec le Corps canadien, Terre-Neuve n'ayant intégré la Confédération canadienne que quelques décennies plus tard, en 1949).

La bataille de la Somme ne fut pas l'affaire d'un seul jour et l'offensive se poursuivit pendant plus de quatre mois et demi. Bien que les Alliés eussent remporté quelques succès sur le champ de bataille en juillet, ils ne parvinrent jamais à percer les lignes ennemies, et les combats sanglants s'éternisèrent.

Les Canadiens dans la Somme

Peinture de soldats lors de la bataille de Courcelette

Le Corps canadien passa le plus clair de l'été 1916 dans une partie du front occidental située en Belgique. Vers la fin du mois d'août, les soldats se dirigèrent vers le front de la Somme, près du village français de Courcelette. Les Canadiens se retrouvèrent immédiatement dans le feu de l'action et déplorèrent près de 2 600 victimes avant même le début de la nouvelle grande offensive qu'ils avaient pour mission de mener.

Le 15 septembre, nos soldats participèrent à une attaque de grande envergure, qui fut lancée à l'aube et qui fit progresser la ligne sur un front large de 2 000 mètres. Au moyen d'une nouvelle tactique appelée barrage roulant, l'infanterie canadienne avança derrière un rideau de feu formé par une salve d'artillerie, qui se déplaçait selon un chronométrage précis. Ce bombardement intense força les soldats ennemis à rester à l'abri, les empêchant d'abattre de leurs fusils et leurs mitrailleuses les troupes qui avançaient. Pour que cette tactique fonctionne, les soldats alliés devaient cependant rester à une distance dangereusement rapprochée des tirs d'obus. Par conséquent, plusieurs furent blessés par les explosions de leur propre artillerie.

La bataille de Courcelette fut aussi le théâtre d'une autre innovation alliée : la première utilisation du char blindé dans une guerre. Ces chars étaient primitifs, peu nombreux et mécaniquement problématiques, mais l'effet de surprise suffit à impressionner l'ennemi et jeter le trouble dans ses rangs. L'attaque réussit. À 8 h, la position allemande ciblée, connue sous le nom de la « sucrerie », fut capturée. Les Canadiens poursuivirent leur avancée jusqu'au village de Courcelette, qui fut pris le lendemain. Les Allemands ne cédèrent pas pour autant et lancèrent plusieurs contre-attaques que nos soldats repoussèrent en consolidant les nouvelles positions conquises. Comme ce fut souvent le cas dans les attaques sur le front occidental, l'ennemi reçut des renforts importants, ses défenses furent solidifiées et il devint très ardu de remporter d'autres victoires.

Néanmoins, les combats ne prirent pas fin dans la Somme. Au cours des semaines suivantes, les soldats des 1re, 2e et 3e Divisions canadiennes lancèrent des opérations contre une série de tranchées allemandes. L'objectif ultime des Canadiens était la ligne de défense dite tranchée Regina, que l'ennemi parvint à tenir malgré les charges répétées.

Les soldats de la 4e Division canadienne arrivèrent dans la Somme à la mi-octobre pour remplacer leurs compatriotes exténués. Ils durent affronter un champ de bataille transformé en mer de boue et une défense allemande déterminée, qui poursuivait son action meurtrière sur les attaques alliées. Malgré ces terribles difficultés, les Canadiens prirent finalement les ruines de la tranchée Regina le 11 novembre. Une semaine plus tard, au cours de la dernière attaque de la bataille de la Somme, les Canadiens s'emparèrent de la tranchée Desire. Les troupes ne gagnèrent plus de terrain ensuite, car l'hiver s'était installé, immobilisant l'offensive. La « grande poussée » avait permis aux Alliés d'avancer seulement d'une dizaine de kilomètres.

Sacrifices

Par l'échelle des combats et son funeste bilan, la bataille de la Somme reste pour plusieurs synonyme des horreurs de la Première Guerre mondiale. Les pertes furent immenses : les victimes des Alliés étaient en effet estimées à plus de 650 000 soldats, dont 200 000 ont perdu la vie. Les Allemands, qui ont aussi atrocement souffert des combats, ont surnommé la bataille de la Somme « das Blutbad » (le bain de sang).

Malheureusement, de nombreux Canadiens faisaient partie de ces lourdes pertes. Plus de 24 000 de nos soldats furent tués, blessés ou portés disparus dans la bataille de la Somme. Les hommes tombés dans cette campagne furent parmi les 66 000 Canadiens et Terre-Neuviens morts pendant la Première Guerre mondiale.

Héritage

Des soldats canadiens reviennent des tranchées

La bataille de la Somme fut de maintes façons un moment marquant de la Première Guerre mondiale. Le courage et les actions exemplaires des soldats canadiens contribuèrent à leur réputation grandissante de troupes de choc de premier plan, capables de capturer des positions ennemies sous un feu nourri. De fait, les leçons douloureuses tirées par le Corps canadien dans la Somme se révélèrent de précieux atouts dans de futures actions.

Après la Somme, les Canadiens furent transférés dans un autre secteur du front occidental, près de la crête de Vimy. Au printemps 1917 et dans les mois suivants, les attaques de nos soldats remportèrent de grands succès. Les Canadiens en vinrent à jouer un rôle déterminant dans les offensives alliées des cent derniers jours de guerre, qui mettront fin au conflit en novembre 1918.

Programme Le Canada se souvient

Le programme Le Canada se souvient, d'Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l'héritage qu'ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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