Le Canada se souvient du rôle joué par les femmes sur le front intérieur

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Les Canadiennes ont apporté des contributions importantes sur le front intérieur pendant les années de guerre. Elles ont soutenu les efforts de guerre de notre pays non seulement dans des rôles traditionnels, mais également par des moyens sans précédent.

Au foyer

La vie familiale pouvait être pénible en temps de guerre. Le « rationnement » était en vigueur durant la Première et la Seconde Guerres mondiales, ce qui rendait difficile d'obtenir certains produits comme le sucre, le beurre, les œufs et les autres aliments rares qui étaient nécessaires pour nourrir les hommes en service outre-mer. Certains produits comme le caoutchouc, l'essence, les métaux et le nylon étaient également rares puisqu'ils étaient essentiels à l'effort de guerre. Les femmes ont participé à l'effort en faisant don d'ustensiles et d'autres articles ménagers lors des campagnes de récupération de ferraille et en encourageant les autres à « tout utiliser jusqu'à l'usure et après ça, s'en passer ». Cet esprit se traduisait même dans les annonces publicitaires. « J'aime ma patrie! », disait une femme sur une affiche de la Seconde Guerre mondiale en enroulant ses cheveux à l'aide de rouleaux de papier au lieu de bigoudis, contribuant ainsi à économiser le métal et le caoutchouc qui pourraient ainsi servir à la fabrication de fusils et de pneus pour les véhicules militaires.

Ce n'était pas facile pour ces femmes de remplir leurs nouveaux rôles en raison des exigences de la guerre tout en préservant les rôles traditionnels féminins de l'époque. Un grand nombre de femmes travaillaient inlassablement au foyer, combinant souvent leurs tâches domestiques avec un travail bénévole lié à la guerre dans des organisations de femmes ou des cantines militaires.

Les femmes contribuaient également à l'effort de guerre en faisant des dons de sang et en achetant des obligations de guerre. Un grand nombre d'entre elles avaient leurs propres jardins (appelés les jardins de la Victoire pendant la Seconde Guerre mondiale) ou encore travaillaient bénévolement dans des jardins communautaires afin que plus de légumes et de fruits puissent être cultivés pour assurer l'approvisionnement de la population locale.

À la ferme

Des pressions s'exerçaient également sur les fermes canadiennes qui devaient satisfaire aux besoins toujours croissants de denrées alimentaires pour l'effort de guerre, alors qu'un grand nombre de jeunes travailleurs agricoles s'enrôlaient. Beaucoup d'agricultrices ont dû faire face à la réalité, c'est-à-dire qu'elles devaient assurer elles-mêmes l'exploitation de la ferme et élever les enfants, pendant que leurs maris, leurs fils et les ouvriers agricoles étaient partis en guerre.

Les mères travaillaient côte à côte avec leurs enfants à la ferme afin de s'assurer que celle-ci survivrait et deviendrait prospère, en assumant, en plus des travaux agricoles habituels des femmes, des responsabilités comme la plantation, la récolte, le soin du bétail, la traite des vaches et la gestion des finances. Elles se sont bien adaptées à ce changement de rôles, tant et si bien que lorsque les hommes sont revenus après la guerre, beaucoup d'entre elles ont continué à donner un coup de main à la ferme d'une toute nouvelle façon.

Organisations de femmes

Les Women's Institutes (WI) (instituts féminins) ainsi que d'autres groupes de femmes ont également participé à l'effort de guerre. Aider les voisins faisait partie de la vie quotidienne de leurs membres et pendant la guerre leur « voisinage » s'est agrandi pour englober ceux et celles qui servaient dans les forces armées. Leurs projets en temps de guerre, pour n'en nommer que quelques-uns, comprenaient la confection de courtepointes, de bandages et de vêtements pour les hommes en service outre-mer. Les groupes de femmes envoyaient des livres, des journaux et des petites douceurs aux hôpitaux militaires d'outre-mer. Elles organisaient aussi des fêtes « d'adieu » et « d'accueil » pour les militaires de leur région et, après la guerre, elles étaient à l'avant-garde des efforts visant la création de monuments commémoratifs locaux. Les WI géraient aussi un « Central War Charities Fund » (fonds central des secours de guerre) qui a permis de recueillir plusieurs millions de dollars pendant la Seconde Guerre mondiale.

Grâce à leurs liens avec le secteur de l'agriculture, les WI ont pu coopérer avec le gouvernement pour l'établissement de bureaux de main-d'œuvre agricole (farm labour bureaus) visant à encourager les citadines à se porter volontaires pour aider aux récoltes. Les WI organisaient aussi des « clubs de mise en conserve » afin de répondre à la demande élevée de fruits et de légumes en conserve. L'expérience de leurs membres dans l'adaptation de recettes en fonction des pénuries pendant la guerre a mené à la publication de livres de recettes spéciaux. La femme au foyer ordinaire, qui se démenait pour préparer des repas compte tenu du rationnement des aliments, trouvait ces livres d'une grande utilité.

Dans l'industrie

Un grand nombre d'hommes ont quitté leurs emplois civils pour aller se battre pour leur pays pendant les deux guerres mondiales. Il fallait pourvoir à ces postes et, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale, les femmes n'ont pas hésité à se manifester rapidement pour répondre à la demande débordante de travailleurs dans une économie de guerre canadienne en pleine expansion. Au début de la guerre, environ 570 000 femmes travaillaient dans l'industrie canadienne, occupant pour la plupart des postes d'employées de bureau. Cinq ans plus tard, près d'un million de femmes y travaillaient et beaucoup d'entre elles occupaient des emplois traditionnellement masculins dans le secteur manufacturier.

Au départ, on hésitait à permettre aux femmes d'accéder à de nouveaux domaines d'emploi. Mais au fur et à mesure que la guerre se déroulait, il devint évident que le Canada devait exploiter à fond ses ressources, et dans le contexte, la contribution des femmes était indispensable. Un grand nombre de nouvelles usines avaient été établies pour la fabrication de fusils, de munitions, d'avions et de navires, entre autres, et bientôt on a pu trouver des femmes dans presque toutes les usines, travaillant aux côtés de leurs homologues masculins. Il a fallu du temps pour s'habituer à pareil changement dans les rôles attribués aux hommes et aux femmes, mais à la fin de la guerre les femmes avaient prouvé, à elles-mêmes et à tout le pays, qu'elles étaient capables d'effectuer les mêmes tâches que les hommes – et de bien les faire!

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mesures incitatives s'adressant aux travailleuses – comme les garderies en milieu de travail – ont pris fin et les femmes ont été encouragées à quitter le marché du travail. Nombre d'entre elles ont continué à travailler, mais surtout dans le secteur florissant des services. Les années de guerre avaient changé le visage des lieux de travail du Canada pour toujours.

Le Canada avait sa propre « Rosie »

Les États-Unis ont peut-être rendu le personnage fictif « Rosie the Riveter » (Rosie la riveteuse) célèbre pendant la Seconde Guerre mondiale, mais le Canada peut se vanter d'avoir eu son propre modèle féminin à imiter et il s'agissait d'une personne bien réelle. Elsie MacGill a été la première femme à recevoir un baccalauréat en génie électrique au Canada et la première femme au monde à concevoir un avion. À 35 ans, l'ingénieure en aéronautique supervisait la production d'avions de guerre Hawker Hurricane à la Canadian Car and Foundry Company, entreprise qui employait 200 femmes et a produit plus de 1 450 avions pendant la guerre. Elsie MacGill est devenue un symbole de la transformation économique miraculeuse du Canada pendant la guerre. Elle a même inspiré une bande dessinée intitulée « Queen of the Hurricanes » (la reine des Hurricanes) qui était consacrée à ses réalisations.

Une contribution remarquable

Les contributions du Canada pendant les années de guerre auraient été bien différentes n'eût été des rôles vitaux joués par les femmes sur le front intérieur. L'effort de guerre concernait tous les Canadiens, et les femmes ont fait plus que leur juste part à cet égard, accomplissant et sacrifiant beaucoup pour la cause de la paix et de la liberté. Les réalisations remarquables de ces femmes pionnières subsistent encore aujourd'hui.

Le programme Le Canada se souvient

Les femmes n'ont pas seulement contribué à l'effort de guerre sur le front intérieur, elles ont aussi joué des rôles importants au sein des Forces canadiennes. Nous vous invitons à vous renseigner davantage sur les réalisations et les sacrifices des Canadiennes en uniforme en consultant le feuillet historique intitulé Le Canada se souvient du rôle joué par les femmes au sein des Forces canadiennes.

Le programme Le Canada se souvient d'Anciens Combattants Canada incite tous les Canadiens et les Canadiennes à se renseigner sur les sacrifices et les réalisations de tous ceux et celles qui ont servi et qui continuent de servir leur pays en temps de guerre et en temps de paix. Il invite aussi les citoyens à prendre part aux activités commémoratives qui aident à préserver l'héritage qu'ils nous ont légué et à le transmettre aux générations à venir.

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