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Jour J

Des héros se racontent

Transcription
On a fait des gros entraînements. Des… des entraînements… simulaires? Qui veut dire qu'on a fait l'invasion, c'était à peu près la même chose qu'à l'entraînement qu'on a fait. Parce qu'on avait tout ça sur des schémas là, sur des grandes, grandes cartes. Pis tout, tout, tout était exact. On savait quelle bâtisse, quelle maison, la distance pis on savait… Tous les hommes, ils savaient vraiment quecé qui se passait. Quecé qui allait se passer. Pis quand on est arrivé… T'embarques sur les… Comment qu'ils appellent ça? Les Landing Craft, les LTC, Landing Craft. Là lui, le Landing Craft, il t'amène aussi près du bord que possible. Et puis, il te débarque dans l'eau. Puis moi qui a jamais nagé de la vie (rires), je sais pas comment c'est que j'ai arrivé à l'autre bout! Mais j'ai arrivé. (rires) Quand on débarque pis on voit là. Y'a des avions, hein? Des bombardiers, des chasseurs, pis on a nos tanks, pis on a notre artillerie, pis sont tous ensembles là quand ça commence à gronder là, c'est, c'est, c'est pas beau. Pis là, les troupes se mêlent avec ça là! Régiment de la Chaudière, nous autres on avait le Régiment de la Chaudière, on avait le Queen's Own Rifle pis le Royal Canadian Regiment, le RCR. Pis ça c'était notre Brigade, puis on travaillait tous ensemble. On a pogné un prisonnier direct là. Oui, oui, oui. Moi-même j'ai pogné des prisonniers là. Pis des jeunes enfants, hein. P'tits gars de quinze ans, seize ans. Oui monsieur! Mais ces petits gars-là ils se battaient avec cœur, hein. Aye! Pas de pardon. Y'avait deux, trois p'tits gars qui s'en venaient en tirant, pis moi ben… Moi pis d'autres gars, on a commencé à tirer, pis là ils se sont levés les pattes, pis moi j'en ai pris un, pis les autres en ont pris deux pis on… c'est de même. Pis eux autressont comme nous autres aussi là. Ils viennent nerveux eux autres. Aye! C'est… Sont là, ils savent plus quoi dire puis… y'ont toujours peur que tu les descendes. Puis y'en a, y'en a… surtout des officiers là, y'a des officiers là que j'te dis y'entendaient pas à rire eux autres! Moi j'ai vu un officier, un capitaine allemand, que mon lieutenant était après lui parler. Lui, il fait semblant de se gratter la tête, hein, pis de sous son casque, y'avait un gun. Y'a descendu le lieutenant. Mais lui… demande pas la question. Y'a pas été loin lui après ça! (rires) L'autre gars. Non. On voit tout ça, hein, pis… envoye, descend le bonhomme! Et puis après ça, t'as une seule chose dans la tête, c'est… Tu sais que les Allemands sont là pis ils t'attendent. De l'autre côté, dans les rues, dans les maisons, pis tout ça. Là, là tu te fais une idée que faut que tu sortes de la plage pis t'ailles sur le solide, hein, pour te protéger. Pis notre point d'attaque… Y'avait une église là, c'était là. On partait de là. Puis… Ah oui! Toute la journée, puis la semaine. C'est attaque par-dessus attaque, ça arrêtait plus. On a passé la journée à combattre là dans les petits villages et puis, le soir, vers huit, neuf heures, les Allemands nous on donné une contre-attaque. Ils nous ont reculés à la plage. On a été chanceux là. Parce que c'est ça qu'ils voulaient faire eux autres là. Nous envoyer à la plage pis nous noyer là, j'sais pas trop quoi. En tout cas y'ont fait une Moses de belle attaque! Et puis là, nos avions ont arrivé puis ils nous ont aidés. Y'ont commencé à bombarder pis à mitrailler, puis après ça on a continué. Ça on appelle ça des contre-attaques pis c'est pas drôle à voir ça. Ça c'est méchant. Puis c'est dur là dans ce temps-là. Mais, on dit que c'est dur… C'est très, très dur mais tu marches pas mal sur les nerfs aussi, hein. T'sais, la première chose tu t'aperçois, t'es rendu là pis tu sais pas comment, hein.
Description

Lors du jour J, M. Caron débarque à Bernières-sur-Mer, dans l’eau et il ne sait pas nager ! Il nous raconte son point de vue sur cette première journée du débarquement et sur les soldats allemands.

Jean-Paul Caron

Enfant, Jean-Paul Caron est passionné des gens en uniforme, il s’enrôle donc aussitôt que possible avant même d’avoir ses 18 ans. C’est le Régiment de la Chaudière qui l’accueille. Son instruction militaire se déroule à Valcartier (QC) et en Angleterre où on le prépare pour le débarquement. Il prend part au jour J, à toute la campagne de Normandie, à la libération de la Belgique ainsi que de la Hollande. En tant que pionnier, il a souvent à braver les situations difficiles avant les autres afin de déminer le terrain pour ses camarades. Monsieur Caron dit souvent que c’est parce qu’il était petit et que les balles passaient au-dessus de lui qu’il a survécu à la guerre ! Au retour de la Seconde Guerre mondiale, il se porte volontaire pour la Guerre de Corée, mais sa santé l’empêche d’être sélectionné. Malgré cela, sa carrière militaire se poursuit encore pendant plusieurs années.

Catégories
Médium :
Vidéo
Propriétaire :
Anciens Combattants Canada
Durée :
4:14
Personne interviewée :
Jean-Paul Caron
Guerre ou mission :
Seconde Guerre mondiale
Campagne :
Normandie
Branche :
Armée
Unité ou navire :
Régiment de la Chaudière
Grade militaire :
Caporal
Occupation :
Fantassin

Droit d’auteur ou de reproduction

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