Craig Norman

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Table des matières

S'est enrôlé

  • 1978-07-06 : Enrôlement dans les Forces armées
  • 2000-10-01 : Départ à la retraite

Affectations

  • BFC Greenwood (N.-É.) - Mai 1979
  • BFC Bagotville (Qc) - Janvier 1985
  • BFC Baden (Allemagne) - Mai 1988
  • BFC Cold Lake (Alb.) - Mai 1992
  • BFC Shearwater (N.-É.) - Août 1997
  • Départ à la retraite - Octobre 2000

Déploiements

  • Guerre du Golfe (Op Friction and Op Simitar) - octobre à décembre 1990

Craig Norman

Craig Norman est un vétéran des Forces armées canadiennes. Au cours de ses 22 années de service, il a occupé le poste de technicien d’armement aérien et a notamment participé à un déploiement au Qatar pendant la guerre du Golfe. Son histoire témoigne de la façon dont le service militaire façonne une vie à travers la discipline, la fierté et les moments de calme qui perdurent longtemps après avoir raccroché l’uniforme.

Corner Brook (Terre-Neuve)

« On ne se rend jamais compte qu’on vit dans le bon vieux temps jusqu’à ce que quelqu’un nous demande de le leur décrire. »

La guerre est terminée, mais les histoires perdurent. Pour de nombreuses personnes, la guerre du Golfe peut sembler être un chapitre lointain de l’histoire, une notion parmi d’autres dans un manuel scolaire. Mais pour ceux qui ont servi, son incidence est tout sauf lointaine. Elle perdure discrètement, tissée dans l’amitié, les valeurs et une vie entière de réflexion personnelle. 

Pour Craig Norman, cette distance temporelle le ramène souvent à une question simple, mais lourde de sens : « Où le temps est-il passé? »

Répondre à l’appel

Craig a grandi à Corner Brook, à Terre-Neuve, à une époque où terminer ses études secondaires signifiait souvent une seule chose pour beaucoup de jeunes : s’enrôler dans les Forces armées. Le service militaire était familier, respecté et profondément personnel. Son père était un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Cet héritage était important.

« J’ai toujours voulu servir, car c’était pour moi la prochaine étape à suivre », explique Craig. 

Motivé par sa passion pour le plein air et son désir de donner un sens à sa vie, il s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes en 1978 à l’âge de 17 ans. Il a commencé sa carrière en tant que technicien d’armement aérien et a occupé ce poste pendant 22 ans.

Il est devenu militaire comme beaucoup de jeunes recrues, avec des doutes, mais beaucoup de détermination. La réalité s’est très vite imposée. L’entraînement était intensif et incessant; la discipline était omniprésente, et il devenait de plus en plus évident qu’il ne s’agissait pas seulement d’un simple travail. C’était un engagement. Une responsabilité. Un mode de vie. 

Le camp d’entraînement était exigeant, mais c’est aussi là que la camaraderie s’est développée. Des liens se sont créés grâce à des efforts communs et un travail honnête, et ils perdureront longtemps après que les uniformes auront été raccrochés.  

« On ne se rend pas compte que les bons moments sont des bons moments lorsqu’on les vit », dit-il, en repensant aux amitiés qui continuent de marquer son histoire plusieurs décennies plus tard.

Craig Norman devant un drapeau du jour du Souvenir

Photo de Craig Norman devant un drapeau du jour du Souvenir sur lequel figure l’inscription « Lest we forget » (N’oublions jamais).

Du sol canadien au sol étranger

Une période déterminante dans la carrière de Craig a été son affectation en Allemagne, où il a intégré un environnement de l’OTAN qui, selon lui, « lui a ouvert les yeux ». L’ampleur, le caractère urgent et le niveau de professionnalisme de l’opération ont clairement montré qu’il ne s’agissait pas d’une simulation. C’était la réalité – une préparation à ce qui l’attendait. 

Lorsque l’Irak a envahi le Koweït en août 1990, tout a changé. En octobre, Craig a participé à divers déploiements, de l’Allemagne à Doha, au Qatar. 

Son lieu d’hébergement changeait fréquemment. Il a d’abord séjourné dans un hôtel, puis dans un ancien camp de travail réaménagé appelé Canada Dry One (CD1), avant d’être transféré à Canada Dry Two (CD2). Des équipes ont travaillé sans relâche pour rendre l’espace fonctionnel et, dans la mesure du possible, confortable. 

C’est pendant cette période de changement, d’incertitude et de transition au cœur de l’opération que Craig a eu une prise de conscience profonde :

« C’est pour cela que je me suis entraîné... c’est ce à quoi je me suis préparé toute ma vie... C’était mon rôle », s’est exclamé Craig. « C’était le moment que j’attendais. »   

Les semaines qui ont tout changé

Pendant la guerre du Golfe, tout était question de préparation. L’entraînement était incessant. Les séances d’information étaient incessantes. Le rythme était soutenu et l’objectif était clair.

La campagne aérienne qui a débuté à la mi-janvier 1991 s’est achevée quelques semaines plus tard, au début du mois de février. Le mouvement de la coalition a cessé et le deuxième déploiement prévu a été annulé. 

Même si ces semaines ont été intenses, Craig savait que tout ce qu’il avait appris depuis son enrôlement à 18 ans avait été façonné et perfectionné dans le but de contribuer à cette mission.

Selon Craig, « On se préparait jusqu’à ce qu’on n’ait plus besoin de travailler, mais on ne cessait jamais de s’entraîner. »  

Il serait facile de qualifier ces semaines comme le chapitre déterminant de la carrière de Craig. Mais pour lui, cette expérience ne l’a pas marqué de manière dramatique; elle a plutôt renforcé les principes qui l’ont guidé tout au long de sa vie.

 Discipline. Fierté. Ambition. 

Là où vivent les souvenirs

Certains des souvenirs les plus marquants de Craig ne sont pas liés à des moments opérationnels, mais à des personnes. Les expériences partagées, vécues sous pression, perdurent longtemps après que le conflit ait cessé d’intéresser le public.

Il continue d’entretenir des liens étroits avec d’autres vétérans par l’intermédiaire de l’Association des vétérans de la guerre du Golfe, en restant en contact avec des amis comme Harold Davis et d’autres personnes qui, grâce à leur travail de sensibilisation à Ottawa, ont contribué à apporter des changements importants, notamment la reconnaissance officielle des maladies liées à la guerre du Golfe par le gouvernement canadien et Anciens Combattants Canada.

Le service a également transformé ses conversations familiales, ce qui a permis à Craig et à son père de mieux se comprendre. Le respect a toujours été présent, mais la complicité est venue plus tard, ce qui a renforcé davantage leur lien.

Médailles

Photo du porte-médailles de Craig Norman, qui contient trois médailles, d’une médaille de l’ambassade du Koweït, d’un insigne des vétérans du Golfe persique - Canada et du chapeau d’uniforme de Craig Norman, ainsi que du porte-médailles de son père, qui contient cinq médailles de la Seconde Guerre mondiale.

Un service allant au-delà du champ de bataille

Lorsque Craig a quitté les Forces armées, il a directement intégré un poste civil au sein d’IMP Aerospace, entouré de collègues qui, comme lui, avaient plusieurs décennies d’expérience militaire. Cette transition ressemblait moins à un départ et davantage à la poursuite d’une mission sous une nouvelle forme.  

Sa discipline, ses compétences techniques et son engagement envers le travail d’équipe se sont parfaitement transposés dans sa deuxième carrière, lui confirmant ce qu’il savait déjà : « Les valeurs acquises lors du service sont durables, transférables et indispensables en dehors du milieu militaire. » 

Aujourd’hui, 35 ans après la guerre du Golfe, Craig réfléchit souvent au parcours qui l’a façonné. S’il pouvait parler au jeune homme de 17 ans qu’il était, déterminé à s’enrôler dans les Forces armées et désireux de vivre pleinement le moment présent, son message serait simple et sincère : « Beau travail. » 

Il est fier de ce qu’il a accompli, fier de l’endroit où il a servi, et reconnaissant pour chaque leçon, chaque amitié et chaque défi qui ont défini son parcours.

Craig ne s’attend pas à ce que le monde se souvienne de la guerre dans les moindres détails. Il espère plutôt que les gens se souviendront des histoires humaines, des amitiés, de la discipline, de la préparation et des idéaux véhiculés par ceux qui sont prêts à servir. 

Pour Craig Norman, répondre à l’appel n’a jamais été une quête de reconnaissance ou de gloire. Il s’agissait de « faire ce qui devait être fait, au moment où cela devait être fait ».

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