Enrôlement
- 2001
Affectations
- Kingston, ON,
- Halifax, NS
Escortée à la porte
Lors de son dernier jour en uniforme, la matelot-chef Mélanie Leblanc a signé ses documents, remis sa carte d’identité militaire et a été escortée jusqu’à la porte de la Base des Forces canadiennes Halifax.
Ce jour de 2012 a marqué un tournant majeur dans sa carrière professionnelle et dans son identité.
La transition est un changement difficile à vivre pour de nombreux vétérans et vétéranes.
« Un jour, tu fais partie d’une organisation, dit-elle. Et le lendemain, ce n’est plus le cas. »
Quitter un environnement aussi structuré et doté d’un objectif aussi clair peut entraîner une transition déstabilisante. Mais la mise à profit de son expérience et de sa connaissance des besoins des familles de militaires lui a permis de connaître un grand succès dans sa deuxième carrière d’agente immobilière à Halifax.
La décision de s’enrôler
En 2001, elle était l’épouse d’un militaire en service et menait déjà une vie militaire lorsqu’elle a décidé de s’enrôler dans les Forces armées canadiennes.
Le couple avait un bébé de six mois et à chaque affectation de son mari, elle devait tout recommencer, sur le plan personnel et professionnel.
Nouvelle maman âgée de 24 ans, elle a pris la décision de s’enrôler.
« Je voulais pouvoir le suivre, dit-elle. Sans perdre tout ce que j’avais construit. »
Le moment idéal?
Elle a commencé son instruction de base en septembre 2001, au moment même où se déroulaient les attentats du 11 Septembre. Pendant cette formation, les recrues étaient largement coupées du monde extérieur : pas de téléphone portable ni d’accès à l’information en continu.
« On savait qu’il s’était passé quelque chose, dit-elle, mais on ne savait pas exactement quoi. »
Les bouleversements et l’incertitude qui régnaient dans le monde accentuaient le stress de cette expérience exigeante. Elle était l’une des six femmes d’une section d’une cinquantaine de personnes qui maintenait un rythme effréné.
« Ce n’était pas une partie de plaisir, se rappelle-t-elle en riant. Je n’ai pas aimé ça. »
Après sa formation, elle a été affectée à Kingston, en Ontario, puis au Collège militaire royal, où elle a passé cinq ans à un poste administratif dynamique au sein d’une petite équipe où les attentes étaient élevées. Elle est devenue une touche-à-tout : paie, réclamations, administration, encaisse. La rotation des rôles l’obligeait à apprendre vite et à s’adapter constamment.
« Il fallait apprendre à un rythme très rapide », dit-elle.
Cet environnement l’a façonnée d’une manière qu’elle n’a pleinement comprise que plus tard.
« Au moment de partir, vous réalisez que vous êtes très bon dans votre travail. »
Nouvelle affectation = nouveaux défis
Une affectation à Halifax a apporté de nouveaux défis et de nouveaux apprentissages, notamment une affectation à la base navale.
Finalement, elle a été affectée à une unité de soutien aux sous-marins « là où se trouvaient les gens populaires », plaisante-t-elle.
Comme son mari de l’époque était sous-marinier, elle connaissait un peu le travail et les exigences de cette branche des forces armées. À son retour d’une mission de six mois, alors qu’il renouait avec elle et leurs enfants, elle a appris que c’était à son tour de partir en mission, au Koweït.
Il n’était rentré que depuis une semaine, peut-être dix jours. Ensuite, elle devait partir en formation puis en mission et s’absenter pendant des mois. L’un de leurs enfants avait beaucoup souffert de l’absence de son père et elle savait qu’elle devait prendre une décision difficile.
« Ça aurait été trop », dit-elle, ajoutant qu’elle avait choisi d’être libérée.
Elle a élaboré une stratégie de transition, car elle savait que ce ne serait pas facile. Même avec un plan clair et de nombreuses informations, le poids émotionnel de la décision était lourd.
« J’ai vu des gens qui ont servi 30 ans, dit-elle. C’est toute leur vie. Et puis c’est fini. Je n’arrive pas à imaginer à quel point ce doit être difficile. »
Un plan pour l’avenir
Elle savait que, sans la structure et la routine de l’armée, elle devrait se les créer elle-même pour éviter que le doute ne s’installe quant à sa décision. Lors de sa propre recherche de logement, elle a travaillé avec un agent immobilier aimable, mais qui ne comprenait pas la vie militaire : les délais d’affectation, la pression et l’urgence de trouver un logement convenable.
Constatant un besoin, elle a décidé de devenir agente immobilière et a créé un système spécifiquement destiné aux familles de militaires.
Depuis plus de 18 ans, elle perfectionne son travail, anticipant les éventuels problèmes. Elle continue à aider les familles à gérer des délais serrés avec clarté, confiance et honnêteté, grâce à une approche qu’elle a élaborée lors de sa formation et de son service.
« Je veux avoir une réponse prête avant même que la question ne soit posée. Si un investissement n’est pas judicieux, je vous le dirai, affirme-t-elle. Vous avez besoin de toutes les informations pour prendre la bonne décision. »
Aujourd’hui, elle dirige sa propre équipe immobilière à Halifax, au service de nombreux militaires et vétérans. Elle affirme bien comprendre la réalité des vétérans et ressentir avec eux un esprit de camaraderie partout où elle va.
Cette compréhension mutuelle se traduit par la confiance, les recommandations et des relations durables avec d’autres vétérans.
« Peu importe depuis quand vous avez été libéré, dit-elle. Nous parlons la même langue. »
Avec courage, intégrité et loyauté, Mélanie Leblanc laisse sa marque. Elle est une vétérane des Forces armées canadiennes. Découvrez d’autres histoires.
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