Randonnée équestre à travers le Canada du vétéran Paul Nichols

Video file

Description

Le vétéran des Forces armées canadiennes Paul Nichols parle de la randonnée à cheval de 8000 kilomètres à travers le Canada qu'il a effectuée pour sensibiliser la population canadienne à la réalité des nouveaux vétérans et aux défis de la transition à la vie civile après des années de service comme militaire.

Transcription

Mon épouse et moi avons entrepris une randonnée à cheval de 211 jours à travers le Canada. Le but de cette aventure est de connecter la population canadienne avec les nouveaux vétérans, de changer le visage des v/t/rans. Bien souvent, lorsqu’on pense aux vétérans, il nous vient l’idée d’un vieil homme de 90 ans, non pas d’un vétéran de 40 ans, ayant vécu différents déploiements sur différents continents ou encore le vétéran de 25 ans ayant fait un ou deux déploiements en Afghanistan, en Afrique ou à Haïti.




J’ai fait presque 8 000 kilomètres en selle depuis le début de la randonnée. Mais ce n’est que mon histoire, celle d’un militaire qui a servi dans les Balkans et de son expérience de la transition de la

vie militaire à la vie civile. Ce peut être intéressant pour certains, mais je ne crois pas que ce soit suffisant pour véhiculer le message à travers le pays. Ce qui fait la force de cette randonnée, c’est l’inclusion du plus grand nombre de nouveaux vétérans possible et de les mettre en selle avec ces chevaux fantastiques.




Est-ce que ces nouveaux vétérans sont affectés par leurs années de service? Certainement! Si c’était à refaire, est-ce qu’ils serviraient à nouveau? Absolument! Ils ont le cœur au bon endroit, ils veulent faire ce qui est bien, alors nous devons leur offrir notre soutien.




J’ai rencontré une femme dans une boutique, elle était caissière dans une boutique cadeau et elle a remarqué l’insigne militaire que je portais sur mon blouson et elle m’a demandé si j’étais un militaire canadien et je lui ai répondu oui. Elle a raconté son histoire, lors du siège de Sarajevo. Elle a vécu plusieurs mois dans un stationnement sous-terrain et chaque fois qu’ils essayaient de s’aventurer à l’extérieur, ils étaient confrontés aux tirs de mitraillette et aux tireurs embusqués et des tirs d’artillerie presque tous les soirs. Ils avaient faim, ils avaient froid, ayant brûlé tous leurs meubles pour se réchauffer. C’était leur réalité, ils étaient complètement isolés du monde extérieur. La situation était vraiment précaire et ils n’étaient pas les seuls, des milliers de gens étaient dans la même situation.




Des gens de leur communauté avaient été tués. Ce sont les troupes canadiennes qui ont mis fin au siège de Sarajevo, des troupes canadiennes qui leur ont apporté de l’aide humanitaire et des troupes canadiennes qui l’ont sortie de cette situation. Et nous voilà tous les deux dans une boutique à Vancouver, elle partage son histoire avec moi, je lui parle de mon expérience dans les Balkans et nous sommes en pleurs tous les deux. Je suis inquiet à propos du fait que nous puissions déranger autour de nous. Je me retourne et m’aperçois que dans la file d’attente derrière nous, il y a 6 ou 8 personnes également en larmes, de parfaits inconnus, et ça m’a fait réaliser toute la puissance d’une histoire quand elle est partagée.

Catégories