Un orphelin s’en va en guerre

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Description

De sa graduation de l’école Saint-Stanislas à Montréal à sa traversée trans-atlantique, M. Lafrenière nous raconte ce qui l’a poussé vers l’Europe.

Paul Lafrenière

M. Lafrenière est né à Montréal (Québec) le 8 juillet 1922. Devenu orphelin à l’âge de 13 ans, il termine ses études pré-universitaires à l’école Saint-Stanislas de Montréal et s’enrôle dans l’aviation en juin 1942. Pendant tout son service de guerre, il est posté en Angleterre d’où il mène des raids de bombardement aériens sur plusieurs champs de bataille du continent européen, dont le débarquement du jour J en Normandie (France). Il est rattaché au 438e Escadron de bombardiers Lancaster, mais il mènera également des missions avec les 420e et 425e escadrons. De retour au Canada, il travaillera dans le domaine des assurances jusqu’à sa retraite en 1990.

Transcription

J’ai gradué en mai et j’entrais dans l’aviation... oui, dans le mois de juin... parce que j’avais – lorsque j’ai gradué – j’avais une certaine décision, une grave décision à prendre : je peux aller me joindre aux forces armées, je peux travailler pour le Canada là, pour faire des armements et tout ça, et je peux, tu sais... j’avais juste, le choix était puis aller à l’université. Mais aller à l’université, ça prend de l’argent. J’ai ni père, ni mère. Ma mère est décédée, j’avais 11 ans. Mon père est décédé, j’avais 13 ans. Alors, tu vas à l’université avec quoi là. Alors ça, ça a été vite. J’ai dit : « Je m’en vais dans l’aviation.». Puis j’ai choisi l’aviation parce que je voulais l’aviation. C’était réellement... à part de ça, c’est que, pour nous autres à 19, 20 ans... c’est... nous autres on n’est pas conscients de ce que c’était, pas plus qu’aujourd’hui. Il y a une guerre, big deal, tu sais. C’est une guerre. Mais ça, la guerre, on n’est pas conscients, on ne sait pas qu’est-ce que c’est. Moi, j’ai réalisé qu’il y avait une guerre quand j’ai embarqué dans le bateau pour traverser l’océan... Oh boy! J’étais à New York dans le Queen Mary, puis la minute que j’ai mis les pieds sur le bateau, je voyais l’océan. Je disais bye bye à la Statue de Liberty. Non, là j’ai réalisé, j’ai dit : « Mmmmm, je me suis embarqué. ». À part de ça, c’est que le bateau est surpeuplé. Le Queen Mary, c’est un gros bateau, c’est un extraordinaire bateau, puis c’est très beau. Mais il y avait du monde, à peu près quatre fois le nombre de passagers qu’il y a d’habitude. C’est gros. Ça a pris quatre jours et demi pour traverser. Maintenant la traversée ça n’a pas été trop pire parce que le Queen Mary c’est le bateau le plus vite au monde. Il est même plus vite que les sous-marins allemands. Alors, on a une certaine sécurité. On s’est dit : « Bien, écoute, si on est plus vite qu’eux autres, peut-être qu’on va se rendre. ». On s’est rendus.

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