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Cette vidéo contient des scènes au contenu graphique qui pourraient choquer, et est réservée à un auditoire averti.
Description
Cette vignette nous permet de comprendre pourquoi la camaraderie militaire est parfois plus forte que les liens familiaux.
Paul Lafrenière
M. Lafrenière est né à Montréal (Québec) le 8 juillet 1922. Devenu orphelin à l’âge de 13 ans, il termine ses études pré-universitaires à l’école Saint-Stanislas de Montréal et s’enrôle dans l’aviation en juin 1942. Pendant tout son service de guerre, il est posté en Angleterre d’où il mène des raids de bombardement aériens sur plusieurs champs de bataille du continent européen, dont le débarquement du jour J en Normandie (France). Il est rattaché au 438e Escadron de bombardiers Lancaster, mais il mènera également des missions avec les 420e et 425e escadrons. De retour au Canada, il travaillera dans le domaine des assurances jusqu’à sa retraite en 1990.
Transcription
C’est extraordinaire le feeling qu’on peut avoir. Les équipiers, on est proches, on est tellement proches. On est plus près que notre famille. C’est extraordinaire. Tu vas faire, tu sais... ah non, nous autres, on était des grands, grands, grands amis. Malheureusement, on les rencontre pas après. J’en ai perdu deux d’ailleurs, en combat.Intervieweuse : Alors, l’esprit de camaraderie est très, très fort? Ah, c’est fort ça. C’est fort, c’est pas possible. Intervieweuse : Qu’est-ce qui fait, à votre avis, que vous avez eu un lien tellement puissant avec vos camarades de combat? C’est quoi ça, c’est la situation, c’est... avez-vous une explication? C’est parce qu’on est ensemble dans le malheur, je pense.Intervieweuse : Unis dans l’adversité? On sait qu’on est, tu sais, d’ailleurs on va mourir tous... parce que...Intervieweuse : Vous étiez persuadé...Ah, certain, écoute, tu peux pas passer à travers de ça là. Vous vous faites bombarder par les Allemands quand vous êtes chez vous... Comme nous autres, dans le Yorkshire là, les Allemands venaient le soir. Ils venaient descendre nos avions, pour essayer de détruire nos avions et puis (inaudible) nous autres. Mais, quand on allait les bombarder, on avait les canons anti-aériens qui nous attendaient. Puis quand ils avaient fini eux autres, on avait les Messerschmitt qui nous attendaient après qu’on ait fini de bombarder... Alors, c’est pas... Puis ça c’est à tous les jours. Intervieweuse : Alors, vous sortiez quotidiennement, vous étiez (inaudible) ? Ah c’était épouvantable. Pas quotidiennement parce qu’il faut séparer les jours. D’ailleurs à la fin de la guerre, on faisait peut-être un raid par semaine.Intervieweuse : Est-ce que croyiez quand même à la victoire? Est-ce qu’on croit à la victoire? C’est une bonne question, par exemple. Parce que, croire à la victoire là, non, je pense pas. Il y en a peut-être qui y ont cru, mais moi je ne peux pas m’imaginer à dire qu’on va gagner la guerre ou qu’on gagnera pas la guerre, parce que la façon qu’on était traités... on se faisait bombarder puis on se faisait tirer dessus. Puis, à tous les jours, on revenait et il y avait toujours 2, 3, 4 avions qui n’y étaient plus. C’était tous des chums, tous des amis là.