Description
Gilles Turcot
Gilles-Antoine Turcot est né à Québec le 8 décembre 1913. Il a fait ses études au Séminaire de Québec et à l'Université Laval. En 1935, il s'est enrôlé dans la milice avec les Voltigeurs de Québec. En 1938, il était attaché au Royal 22e Régiment. En 1939, quand la guerre a éclaté, il a décidé de s'enrôler dans l’Armée parce qu’il avait aimé son expérience avec le Royal 22e Régiment. Il a servi en Angleterre, en Sicile et en Italie, où il était commandant de compagnie. M. Turcot a été blessé en Sicile. Lors du transfert de son régiment dans le Nord-Ouest de l'Europe, il a été promu lieutenant-colonel et nommé commandant, poste qu'il a occupé jusqu'à la fin de la guerre. À son retour au Canada, il a formé un nouveau régiment. Après la guerre, M. Turcot a joint les rangs du Collège d’état-major de l'Armée canadienne, à Kingston en Ontario. Par la suite, il a occupé divers postes de haut rang au Quartier général de l'Armée de terre à Ottawa et a passé 3 ans à Londres, en Angleterre, à titre d'agent de liaison pour l'Armée canadienne dans le cadre de l'Organisation de défense de l'Union européenne occidentale. Durant son séjour en Angleterre, il s’est joint au Collège d'état-major interarmes, à Latimer. M. Turcot a été le premier officier canadien à occuper le poste de commandant du Grand quartier général des Puissances alliées en Europe (OTAN), à Seckenheim, en Allemagne. Enfin, M. Turcot est retourné à la Citadelle de Québec pour prendre une seconde fois le commandement du Royal 22e Régiment. En 1952, le lieutenant-général Turcot a été promu au rang de colonel et nommé directeur des Opérations et Plans militaires au Quartier général de l'Armée. Entre 1956 et 1957, il a servi au Collège de la Défense nationale à Kingston. En août 1957, il a été promu au grade de brigadier et nommé à la Commission internationale de surveillance de la trêve au Laos. À son retour au Canada en octobre 1958, il a été nommé colonel chargé de l'administration du Commandement du quartier général du Québec, situé à Montréal. En septembre 1959, il a été promu de nouveau au grade de brigadier et nommé commandant du Groupe-brigade d'infanterie canadienne, à Calgary. En août 1962, il a été nommé directeur général de la formation militaire de l'Armée canadienne. En octobre 1964, il a été promu au rang de major général et nommé officier général commandant du Quartier général de l'Est, qui regroupe les quatre provinces atlantiques. Le 8 août 1969, il a été nommé commandant de la Force mobile (forces terrestres et armée aérienne tactique). Il était en charge des opérations d'aide au pouvoir civil durant la Crise d'octobre 1970. M. Turcot a pris sa retraite des Forces armées le 9 janvier 1973. En mai 1974, il a été nommé colonel du Royal 22e Régiment, poste qu'il a occupé jusqu'en 1978. Après sa retraite des Forces, M. Turcot a été invité à se joindre à l'équipe du Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal à titre de directeur des services généraux. Entre 1973 et 1976, il y a dirigé un personnel de 13 000 employés. M. Turcot est aussi ancien président national du Fonds du Souvenir et ancien président national du Corps canadien des commissionnaires. M. Turcot garde de nombreux bons souvenirs de la guerre. Bien qu'il ait voyagé en Italie, il n'est jamais retourné en Sicile. M. Turcot et son épouse, feu Hélène Mitchell, ont eu 2 filles ainsi que 4 petits-enfants et un arrière-petit-fils. M. Turcot demeure à Magog au Québec, où il pratique la marche, joue au golf et garde des chevaux.
Transcription
« J’étais en voyage.
- Où étiez-vous?
- J’étais en Ontario.
- Où ça en Ontario?
- J’étais au Camp Borden.
- C’est un camp militaire ça, n’est-ce pas?
- Oui.
- Pourquoi n’avez-vous pas demandé la permission?
- Monseigneur, je n’ai pas demandé la permission parce que vous m’auriez dit non. Je serais allé quand même.
- Dans ces circonstances-là, on ne peut pas vous accepter au séminaire. »
Alors je retourne chez nous et je dis à papa : « Il m’a mis à la porte. » Il dit : « Demain matin, va t’enrôler à l’université. » Ah, il était en maudit contre le séminaire. Comme question de fait, le lendemain matin moi je suis allé m’enrôler à l’université, à la faculté des arts. Moi, j’aimais ça comme je vous l’ai dit, ça coûtait plus cher à mon père que le séminaire. Mais seulement le lendemain matin, il vient un de mes professeurs de l’année précédente se faire soigner chez mon père - papa était médecin - mon père l’a engueulé comme du poisson pourri. Alors il a dû retourner au séminaire pour aller voir Monseigneur Gagnon pour lui compter ça. Puis là Mgr Gagnon a téléphoné à mon père puis il a dit : « J’ai peut-être été un peu... » - je ne me souviens pas du mot là mais - «... été trop loin. » Il dit :
« Monseigneur, ça sert à rien. Il est allé s’enrôler à Laval, puis c’est là qu’il va finir son cours. » Ç’a fini là. Moi, j’aimais ça, je devenais universitaire, plus d’uniforme de Suisse là, plus de note si je manque un cours. Alors ça faisait mon affaire. Alors j’ai fait mon année, puis avec mon B.A., je rentrais directement au 22 comme lieutenant.